Le défi

Karine
Karine

le 17/04/2020 à 14:10

Je reprends la première série de mots de Laura : clafoutis, nombreuses, vraiment, favorablement, expédition, sourire, abeille, un air de fête, solution, finalement

Oh là là, je n'ai pas vu l'heure passée et je suis en retard !
J'espère que je vais arriver à temps pour prendre le bus qui me mène au village.
C'est jour de marché ! J'aime tant flâner devant les étales et croiser quelques connaissances dans les allées avant de rejoindre mes copines pour boire un panaché et évoquer les derniers ragots du coin sur la place chez Francis !
De plus, aujourd'hui je dois absolument m'y rendre pour acheter des cerises car mes petits enfants viennent dimanche et je compte bien leur préparer un bon clafoutis, une de mes spécialités !
Et je sais secrètement que c'est leur dessert préféré parmi mes nombreuses recettes.
Je ne suis toujours pas arrivée à l'arrêt de bus et je doute vraiment d'y être à temps !
Je hâte le pas et j'amorce une descente ce qui m'aide favorablement mais il va falloir que je songe sérieusement à me rapprocher d'une car c'est toujours une expédition de me rendre au marché ou dans un autre commerce.
Ca y est, je peux distinguer au loin quelques visages connus qui attendent patiemment leurs paniers et cabas à la main. Un sourire se dessine sur mon visage, me voilà rassurée le bus n'est pas encore passé !
Je me suis pressée pour rien, j'attends depuis dix minutes, j'espère qu'il n'est pas en panne et a du rebrousser chemin.
Oh et puis cette abeille qui me tourne autour depuis toute à l'heure, elle m'a prise pour une fleur ou quoi !
Voilà le car qui arrive, le chauffeur klaxonne et nous accueille tout guilleret.
Il nous annonce qu'il vient d'être Papa pour la sixième fois et c'est comme-ci c'était la première !
Nous le félicitons, applaudissons et entonnons des chants régionaux, un air de fête anime le bus mais pour un bref instant car il nous annonce qu'il va prendre un congé parental et personne ne le remplacera pendant quinze jours. Comment allons-nous faire ? Nous devons trouver absolument une solution. Nous tergiversons, tergiversons mais peu d'idées viables en ressort. Mais si voyons ! Gaspar va nous conduire en tracteur, nous nous assiérons dans sa remorque et nous aurons suffisamment de places pour nous tous et aussi pour poser nos courses.
Je m'en réjouis d'avance ! Ca va être la fête finalement ! Comme quand nous étions jeunes et que nous jouions dans les bottes de foin sur la remorque ! J'espère que nous arriverons à monter si non il faudra qu'on me fasse la courte échelle...

Je vous propose les dix mots suivants : l'été indien, inlassablement, vert, cabane, marche, divague, feuille, drôle, caribou, poliment.
A vous de jouer !
Laura
Laura

le 20/04/2020 à 10:38

Coucou Karine, contente de lire "Le bus en fête !", avec ce bel élan de solidarité et d'entraide. Avec les mots que tu proposes, merci, on ressent comme une invitation au voyage... vers le pays des caribous...bien sur, je vous laisse le soin de lire les dialogues avec l'accent québecois !! Allez, c'est parti !

Bien sûr qu'elle en rêvait !
Dans sa tête, ça faisait déjà plus de six mois qu'elle était au Québec !
Elle imaginait les couleurs de l'été indien, le rouge des érables, l'or des feuillages et les touches de jaune qui pareraient les forêts, sous un soleil léger.
Inlassablement, dans son petit cinéma personnel, dans son imaginaire, elle se repassait le film, avec les sapins verts, la petite cabane avec ses balcons joliment travaillés... Parfois curieusement se mêlaient peut-être des impressions de chalets suisses, tout se mélangeait ! Car au Canada, elle n'y était jamais allée. Elle avait tant à découvrir ! Son copain lui avait décrit, avec ses expressions imagées, un peu de son pays, un peu de sa région :

- Viens t'en ! On ira voir le vieux Montréal. On fera aussi des marches en campagne, j'te montrerai nos plus beaux paysages, on va "se payer la traite !"

Comprenez " se payer du bon temps", c'est ce qu'il lui a expliqué, quand il a vu son air perdu et que dans ses yeux, il a lu : " Mais qu'est-ce qu'il raconte ? Il divague complètement... Il avait déjà prévu leur feuille de route, les endroits incontournables, la rue St Paul, la ville intérieure au niveau du métro, le jardin botanique, les iles sur le fleuve... Quinze jours, c'est court, mais quel dépaysement ce sera ! C'est dans sa famille, qu'ils seront hébergés, chez des cousins en plein centre ville de Montréal et puis chez sa mère, à Trois-Rivières, aux abords de la grande ville.

- "On va être aux petits oiseaux, tu verras ! Ma mère, elle va nous dorloter. Entre elle et moi, "c'est tricoté serré ", tu sais ...

Et cette drôle d'expression, comme elle décrit bien le lien fort, qui l'unit à sa mère. Cette langue est si proche de la nôtre, mais elle est plus illustrée ! Les mots ont le pouvoir de nous ramener au pays. Ils savent bien, tous les exilés qu'avoir l'occasion, juste un moment, de parler et de partager sa langue, c'est comme retrouver une place de village, être à nouveau dans un jardin, dans le mouvement d'une ville que l'on connait bien, c'est comme se retrouver dans les bras de sa mère.

Elle se faisait une fête de visiter le Québec, d'approcher sa culture et ses traditions. Lui, s'impatientait d'être dans ce lieu qui l'a vu naître, là où sont ses racines, son enfance, là où il respire plus facilement, plus naturellement, parce que c'est " chez lui " et qu'il y sera toujours plus à son aise.

Encore vingt jours et ils iront au pays des caribous !

- Je t'emmènerai dans la pâtisserie de la Place Royale, on va " se sucrer le bec" et après on pourra " aller aux vues" et" cerise sur le sunday", on fera la balade le long du Saint-Laurent.
Et comme elle lui demandait poliment quelques éclaircissements, elle a compris qu'il parlait de se régaler de gâteaux, puis d'aller au cinéma et elle a surtout compris que ces quinze jours-là, ils ne seraient pas près de les oublier, c'est sûr ...!

Après ce petit voyage, si vous voulez imaginer une petite virée, avec ces dix mots, pour écrire un texte-défi :
cerf-volant, parasol, nonchalamment, Etretat, corbeille, robe longue, bibliothèque, écrivain, flâner, discrètement
Karine
Karine

le 21/04/2020 à 11:18

Je reprends les mots de Laura : cerf-volant, parasol, nonchalamment, Etretat, corbeille, robe longue, bibliothèque, écrivain, flâner, discrètement

Vite ! Dépêchons-nous ! Je souhaite arriver dans les premiers pour être aux meilleures places !
J’y pense depuis des jours et des jours au concours annuel doté de mon nouveau cerf-volant, d’autant plus que cette année j’y participe même si ce n’est qu’en tant qu’amateur.
Je récapitule, j’ai bien pris le panier de victuailles, un plaid pour nous asseoir, une bouteille de mousseux en cas de victoire et le parasol au cas où le soleil serait au rendez-vous !
Je m’exaspère en voyant Lulu et Jojo monter nonchalamment à l’arrière de la voiture …
Ca y est ! On est parti ! A nous la Normandie ! Comme la route me semble longue, tellement je suis impatient d’y être !
J’aperçois au loin les falaises d’Etretat ! A présent, je dois trouver une place pour me garer pas trop loin afin de ne pas entendre ronchonner les marmots qui râlent déjà car leurs ventres bien dodus gargouillent.
J’arrive charger comme un âne dans l’allée prévue pour les participants. Il ne me reste plus qu’à tirer mon numéro d’emplacement dans la corbeille.
Finalement, je suis bien en avance … Nous allons pouvoir nous restaurer tranquillement au grand air car ça souffle là-haut ! et nous détendre un peu les jambes avant le début des festivités.
Quelle est cette femme qui passe devant moi avec sa jolie robe longue blanche et son ombrelle, on la croirait sortie d’un tableau de Claude Monet à moins que je ne confonde avec la première de couverture de ce livre que j’ai emprunté à la bibliothèque municipale de ce célèbre écrivain Guy de Maupassant, oh oui il s’agit d’une Vie ! J’aime flâner et m’enfouir dans les méandres des temps jadis.
J’entends qu’on chuchote et ricane autour de moi. J’ouvre un œil discrètement et regarde machinalement ma montre. Mince ! J’ai failli rater mon tour … Mais c’est mon cerf-volant que je vois au loin ! Ah les chenapans ! il me l’ont chapardé lorsque je me suis assoupit ! Ils vont voir ce qu’ils vont voir quand je vais les attraper !

Je vous propose ces dix mots : cahin-caha, danse, soleil, cerises, chapeau, ménage, doux, escalade, vent, figuier.
Laura
Laura

le 23/04/2020 à 11:13

Il y a de la vivacité dans ton texte, Karine ! J'aime bien cette virée en Normandie et aussi les références à Monet et à Maupassant...
Avec tes mots, merci, j'ai imaginé quelque chose, un peu comme une comptine !



Cahin-caha
Entrez dans la danse !
De- ci de- là,
Que la fête commence !

Greli-grelot
Combien de cerises, dans mon chapeau ?
Méli-mélo
Dans mon figuier, combien d'oiseaux ?

Cahin-caha,
Entrez dans la danse !
De- ci, de- là
Que la fête commence !

Il gambade, il escalade, il court dans le vent
Moi, je me ménage et je vais doucement.
Un, deux, trois: soleil, j'ai gagné !
Am, stram, gram, souffler n'est pas jouer !

Pic nic douille
Perlin pin pin
Je gribouille
Un drôle de refrain !

Cahin caha
La fête s'en va
Par ci, par là
Son doux souvenir, restera ...




Et pour le texte suivant, je vous propose les 10 mots que voici :
composition, virgule, crayon, fleur, volontairement, encre, sang, point d'exclamation, obtenir, négligemment
Laura
Laura

le 04/05/2020 à 16:31

Que diriez-vous d'une petite balade en Provence, dans l'arrière pays, avec les mots de Karine, utilisés pour une seconde fois et dans le désordre, pour ce texte, pourquoi pas ? (Je me suis permis d'emprunter quelques tournures à Jean Giono et à Paul Arène, qui ont si bien raconté cette région..).

Quelle était jolie cette maisonnette, aux murs blancs, basse de toit, cachée entre un vieux figuier et un cerisier, là- bas sur la corniche, entourée d'un carré de potager et d'un cordon de vigne ! Il y avait aussi une chèvre entre quelques barrières et une demi-douzaine de chats qui paressaient au soleil, dans ce beau paysage qui va des hauteurs du Luberon aux graviers de la Durance.
Un homme habitait là et que nous venions observer en cachette, moi Antonin et quelques mal-peignés de mon âge. Jean Bénistin vivait seul, il sifflotait sans cesse et ce jour-là, il se lavait dans l'abreuvoir, en revenant d'aller cueillir les belles grappes de raisin que le généreux mois de septembre lui offrait. Pour ces vendanges et bien que sa vigne ne représente guère qu'un demi- acre de terrain, il laissait toujours une rangée de beaux grains juteux pour les grives du ciel. Cette rangée, disait-il au café de Perdioux, c'est "la vigne de personne".
Mais pour nous, quelle aubaine ! Nous allions chaparder le raisin en automne, comme nous faisions l'escalade de son cerisier, en été, pour nous gaver de cerises... Il nous suffisait de marcher un quart de lieue depuis le village et d'attendre qu'il s'éloigne un moment. On le voyait faire son ménage, étendre la lessive, puis il mettait son chapeau, sortait sa charrette à bras de sous l'appentis et cahin-caha, il partait selon la saison, pour quérir du bois mort ou aller chercher du foin pour nourrir sa chèvre.
Parfois, il fallait attendre longtemps et, au frais sous les tilleuls, avec le joli bruit du feuillage qui danse, il nous arrivait de somnoler... Mais l'un de nous, toujours en sentinelle, donnait le signal tout à coup ! Oh, sartibois ! Hardi les petits, nous courions comme une flopée de sauterelles, pour aller ravager les fruits du Bénistin ! Le savait-il ? N'avait-il jamais rien remarqué ? En tout cas, il ne nous a jamais pris la main dans le sac, sauf ce jour où nous étions encore perchés dans le cerisier, quand le vent, orienté dans le bon sens, nous apporta le cahotement des roues de la charrette sur les pierres du chemin. Oh pécaïre ! N'étions jamais descendu si vite d'un arbre, la saquette encore pleine de cerises et nous nous sommes repliés sur l'arrière de la maisonnette.
Un peu plus, pauvres de nous, la misère et le courroux s'abattaient sur nous... Le Bénistin était un homme doux, mais va savoir ce qu'il aurait fait de nous...

J'ajoute une pincée de mots pour ceux qui voudraient préparer un petit texte, ( mots à utiliser dans l'ordre ou pas...) :
camionnette, volonté, quelques lignes, un secret, bleu ciel, cahier, couronne, parcimonieusement, récalcitrant, aventure.
Laura
Laura

le 09/05/2020 à 10:40

Je reprends, dans le désordre, les mots de Karine pour une troisième fois. Voilà ce que ça donne :

Si, sur les routes de France, vous croisez un homme avec un chapeau de paille, bâti comme une montagne et accompagné d'une ânesse grise répondant au doux nom de " Cerise", c'est sûrement Baptistin Sarrelan !
Il y a presque un an maintenant, qu'il a quitté son mas et son vieux figuier pour prendre la route et faire son chemin. Un mois de septembre, il a réglé ses affaires, vendu sa voiture, visité son notaire, puis il a acheté cette jeune ânesse calme et sage et ils se sont mis comme en ménage pour partager toutes les journées de leur interminable voyage.

Cahin-caha, ils suivent les routes départementales, les chemins vicinaux, les sentiers forestiers, ils vont de villages en hameaux et parfois ils séjournent un peu ici ou là, au gré d'un travail ou d'une rencontre sympathique. Ils ont ainsi tracé la route jusqu'en Aveyron puis gagnant le Bordelais, ils ont longé la côte vers la Vendée, ensuite ils sont passés par la Bretagne pour rejoindre la Normandie et c'est près de la petite ville de Falaise, qu'ils ont posé leur bivouac, ces jours-ci, le temps d'aider un brave gars à construire sa maison. Baptistin est habile de ses mains et dur à la besogne. Avec l'autre, ils ont porté les tuiles et fait l'escalade du toit et sous le soleil déjà chaud d'avril, ils ont petit à petit, posé toute la couverture. Baptistin était logé bien sûr, sur le chantier et Cerise pouvait profiter de l'espace de ce qui serait le jardin, une simple prairie qui lui allait bien.

Notre ami restera trois semaines, dans cette maison sans fenêtre, ouverte aux quatre vents et quand le toit fut fini et que lui revint cette envie de partir un peu plus loin, ils firent un bon repas, partagèrent une bouteille, chantèrent quelques refrains et ils se dirent au revoir et peut-être à une saison prochaine. Et Cerise, chargée comme une mule, reprit de son pas qui trottine, le chemin qui mène juste un peu plus loin, toujours vers le vaste horizon.

En ce beau mois de mai, parcourir les provinces était une fête. Baptistin avait envie de voir la mer et les vagues qui dansent. Tout en marchant auprès de sa compagne aux longues oreilles, il repensait aux vendanges de cet automne, à la terre des champs qu'il avait travaillée, aux cueillettes dans les serres, à la barrière qu'il avait réparée, au cours de guitare donnés pendant les mois d'hiver, aux feux de bois dans les cheminées. Et il imaginait à présent, les belles étendues de sable que bientôt il verrait, les dunes, les odeurs marines, il rêvait de bateaux et pourrait aider à la pêche ou pourquoi pas, sur la route, faire halte dans un haras pour s'occuper des chevaux...

Baptisitn Sarrelan était un homme libre, la route était son domaine. Il avait oublié le nom des jours de la semaine et marchait, cheveux au vent à travers monts et plaines. Et chaque jour apportait son lot de petits bonheurs et de bonnes surprises que, bien sûr, il partageait toujours avec Cerise !


C'est peut- être l'annonce d'un déconfinement, qui m'inspire cette vie nomade à travers la France ! Mais soyons vigilants, limitons les sorties et pas à plus de cent kilomètres ... Et j'ajoute une petite liste de mots : brillant, énigmatique, désolant, aquatique, empereur, caprice, hypothétique, absolument, évident, courageusement.

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