Le défi

Laura
Laura

le 08/08/2019 à 16:28

Avec les mots d'archives du 9 août 2017, les 12 derniers mots : drôle d'oiseau, mille millions, bougie, 3 pattes, lait, roue, maillot, lapin, mettre les voiles, non ce n'était pas, une petite histoire, surnaturel.

Qui ne connait pas le Capitaine Haddock ? Le meilleur ami de Tintin, avec Milou bien sûr.
Ce drôle d'oiseau qui s'énerve sans cesse et qui crie toute une panoplie de jurons. C'est d'ailleurs, ce qui fait tout son charme :
- "Tonnerre de Brest ! Mille millions de sabords ! Ectoplasme ! Bachibouzouk ! Marin d'eau douce !"

En 1943, Hergé a écrit son onzième album, :" Le Secret de la Licorne", suivi du " Trésor de Rackham le Rouge". Que de péripéties ! Orage sur le château de Moulinsart: plus d'électricité, il faut sortir les bougies ... Bagarre entre Milou et le chat, roulé-boulé, Milou court sur trois pattes, le lait est renversé, le chat s'est envolé !
Mais voici, qu'arrive, sur les chapeaux de roue, le Professeur Séraphin Tournesol, en maillot de plongeur avec sa toute dernière invention, son petit sous-marin deux places.

Autant d'albums, autant de bonnes idées ! Alors que Nestor vient juste de servir une fricassée de lapin, le téléphone sonne !? Non, ce n'est pas la boucherie Sandoz, il y a urgence ! C'est Rastapopoulos qui a encore monté un plan crapuleux. Vite, toute l'équipe va mettre les voiles pour aider Tintin à résoudre une nouvelle enquête.

Non, ce n'était pas qu'une simple bande dessinée. Les histoires de Tintin ont un charme particuiler où les méchants ne sont jamais très méchants et où tout finit par s'arranger.
La Castafiore, les Dupont et Dupond sont des personnages attachants et c'est toujours un plaisir de relire une petite histoire, comme " l'oreille cassée" ou " l'île mystérieuse".
Hergé a même eut une inspiration d'avant-garde en imaginant en 1954, "On a marché sur la Lune", un album à part, avec une dose de surnaturel...



Voici les mots que je propose pour un nouveau jeu du défi :
Il était une fois, orange, ogre, chemin, trois biches, deux kangourous, rose et blanc, une pirouette, comme par magie, un grand soupir.
Laura
Laura

le 13/08/2019 à 11:46

Chers lecteurs et chers auteurs,
je fais une pause sur le "jeu du défi" mais sur la rubrique : " Les histoires du forum",
je reprends les aventures commencées l'été dernier au Khodjenkistan,
"EMBARQUEMENT IMMEDIAT" !
Karine
Karine

le 16/08/2019 à 15:43

Je reprends les dix derniers mots de Laura …

Il était une fois, dans les forêts de Sibérie, une famille modeste et pleine de ressources qui vivait dans une jolie cabane faite de bois et de tôles.

Ils se nourrissaient au gré des récoltes, de la chasse et de la pêche qui leur permettaient de toujours manger à leur faim et diversifier leurs repas.

Ils se rendaient au marché situé à dix kilomètres à pied une fois tous les quinze jours. Ce jour-là, ils revêtaient leur plus beaux habits et aimaient accrocher une fleur des bois orange à la boutonnière de leur chandail. Ils chantaient afin que le temps passe plus vite et aussi couvrir les bruits plus ou moins étranges de la forêt. Depuis que le chef du village voisin avait conté la légende de l’ogre au nez tordu, les enfants avaient peur de le croiser lors de leurs pérégrinations. Ils longeaient le chemin, évitaient les ronces et racines d’arbres, toujours l’arbalète en alerte. Ils croisaient des écureuils, des lapins, contemplaient des traces fraiches de sangliers, lorsqu’ils s’arrêtaient pour observer trois biches gracieuses qui passaient tranquillement. Ils rêvaient à d’autres terres, d’autres continents et les enfants couraient, sautaient comme deux kangourous.
Ils approchaient du marché car ils voyaient virevolter les fanions rose et blanc des étals, ils accéléreraient le pas et d’une pirouette se retrouvaient à destination. Ils erraient dans les allées, les yeux ronds d’étonnement, les papilles frémissantes devant toutes ces victuailles et à l’idée du festin qu’ils feraient avant de reprendre la route. Comme par magie, ils se retrouvaient un sucre d’orge à la main, qu'ils dégustaient doucement entrecoupés d' un grand soupir de satisfaction. Les jours de marchés restaient à jamais les plus bons moments de la semaine.

Je vous propose ces mots : légèrement, à pas de loup, danser, étudier, comme une image, paresser, cerise, bouteille, alterner, orage
Laura
Laura

le 21/08/2019 à 19:04

Coucou Karine, ça fait plaisir de te retrouver et de lire ton petit texte, plein de fraîcheur, et pas seulement parce que tu parles des forêts de Sibérie !
Merci pour tes 10 mots qui m'ont inspiré ces quelques lignes :


Le soir tombe sur la Bastille. Louis est légèrement ivre. Il se traîne Boulevard Richard Lenoir... pour regagner sa tanière de cartons sous le Pont d'Austerliz.
Louis c'est le clochard du quartier. Ses copains, compagnons de misère, squatteurs des rues, l'appellent "Louis Le Grand" en raison de sa taille mais aussi de sa prestance et de son allure, même sous ses guenilles mitées et dépareillées.
Louis avance péniblement et fait un arrêt sur le banc du boulevard car la tête lui tourne. Depuis l'aube, il trinque avec l'un : "C'est ma tournée !", "arrose ça" avec l'autre et après deux petits blancs, trois pastis et quelques bières, il a la tête à l'envers. Aussi ne remarque-t-il pas un maraudeur qui s'approche à pas de loup et d'un geste vif, lui pique son baluchon !
Louis hurle et se lève pour courir après le malfaiteur , "A-t-on idée de voler un clochard !", mais tout se met à danser, le boulevard tangue comme un navire et Louis, dans un soupir, est obligé de se rasseoir. Adieu mégots de récupération, adieu boîte d'allumettes, sa montre qui ne fonctionnait pas, son demi-miroir et son ticket de bus usagé. "Tout fout le camp !" se dit Louis entre deux hoquets, "le monde est un ramassis de brigands ! ".

Quand il a l'esprit moins embrumé, notre ami reprend sa marche hésitante et quelques pas plus loin, il remarque par terre, malgré la pénombre, un rectangle de papier. Il se penche pour l'étudier et en reste bouche bée. C'est bien dessiné comme une image, dans les tons bleutés. Il voit un pont, des étoiles, la carte de l'Europe et le chiffre "vingt" écrit en gros ! Pas de doute, c'est un bifton de vingt balles, se réjouit-il ! La rue est déserte et il a vite fait d'empocher son trésor.
Ce qu'il fit le lendemain, il en parle encore : il est allé paresser toute la journée sur les quais avec ses potes du quartier. Ils se sont empiffrés de tarte aux cerises, bien arrosée d'un petit muscadet bu à même le goulot des bouteilles.
Et les jours suivants, même fête ! Ils ont pu alterner pâtisseries, poulet de la rôtisserie et autres bonnes choses achetées à l'épicerie.

- ..."c'est peut-être ton voleur qui, dans sa fuite, a perdu ce billet de vingt euros ?"

Et Louis rigole. Il n'est pas perdant si l'histoire s'est passée comme ça !
Après un malheur, un coup de bol !
Après la pluie, le beau temps !
Après l'orage, le grand soleil !


Voici, selon la coutume, les mots pour un prochain jeu du défi : bazar, lanterne, envergure, nénuphar, avec prudence, inconfortablement, bêtement, absent, bazar, lanterne.
Laura
Laura

le 04/09/2019 à 17:44

Je reprends les mots de Karine (légèrement, à pas de loup...) pour un petit texte, sur la rentrée des classes, bien évidemment...

Lucille a sept ans, deux nattes et un grand sourire.
Son cartable tout neuf sur le dos, elle gambade sur le chemin de l'école. Dans sa tête des idées folles, des souvenirs de vacances, des morceaux d'histoires et de contes, des couplets et quelques refrains. Elle fredonne et légère, rejoint le groupe des élèves qui jouent dans la cour.
Lucille ne connait personne, mais elle chantonne.Elle habitait un petit village et vient d'emménager dans un appartement au troisième étage. Elle ne connait pas cette nouvelle ville, ni cette nouvelle école. Elle tourne sur elle-même légèrement et à pas de loup contourne le grand marronnier de la cour. Puis elle réapparait lumineuse et en trois pas gracieux, elle semble danser pour venir se mettre en rang avec les autres.
Le maître vient chercher les élèves. Lucille suit, à cloche-pied, saluant celui-ci au passage, souriant à celui-là. Elle se pose comme une plume à la place qu'on lui a désignée. Le maître parle d'efforts, de sérieux, d'écrire, de lire, de compter, d'étudier. Mais Lucille regarde les nuages par la fenêtre. Elle voit le haut du grand marronnier, imagine l'écureuil, rêve d'un oiseau perché.
En classe, Lucille est sage comme une image, mais elle n'écoute qu'un mot sur deux. Elle préfère rêver, paresser. Elle n'écoute pas la leçon et feuillette le nouveau livre qui vient d'être distribué.
Page 4 : les voyelles. Mais Lucille est attirée par l'hirondelle de la page 5, puis par les cerises de la page 8 et plus loin, par les dessins du hibou, du sapin et des dix petits poussins.
Le maître la rappelle à l'ordre et replace le livre ouvert à la page 4. Alors Lucille lance un regard attristé vers le grand marronnier, un regard mouillé de bouteille à la mer, un brin désespéré. Mais sur la branche, un pigeon vient de se poser ! et Lucille sourit, rit en silence, la joie à nouveau dans son coeur balance.
a, e, i, o, u , elle n'écoute déjà plus ! Elle imagine le voyage du pigeon, l'observe, s'envole avec lui loin de la leçon.

Lucille a sept ans, deux nattes et un grand sourire. Elle ne craint ni les devoirs, ni les cages, ni les prisons, ni les orages. Elle est sage comme une image et libre de s'envoler vers la liberté chaque fois qu'elle l'a décidé !

Voici quelques mots proposés pour le jeu du défi : bazar, lanterne, envergure, nénuphar, avec prudence, inconfortablement, bêtement, absent, bazar, lanterne. A vous de jouer !
Karine
Karine

le 11/10/2019 à 11:09

Je reprends les mots de Laura : bazar, lanterne, envergure, nénuphar, avec prudence, inconfortablement, bêtement, absent, bazar, lanterne.

Mais quel bazar ! Depuis combien de temps ne suis-je pas descendue dans cette cave ! On y voit rien ! En revanche, on respire à pleins poumons cette poussière qui ne cesse de me faire éternuer !
Je tâtonne, me prends les pieds dans un fil, manque de me faire assommer par un objet non identifié et ne trouve toujours pas l’interrupteur. Il y en avait pourtant bien un dans le passé ! Bon je n’ai plus qu’une chose à faire, remonter à l’appartement pour dégoter une lampe électrique, mais je ne suis pas certaine d’en posséder. Je devrais plutôt miser sur une lanterne qui éclaira bien mieux et que je pourrais poser quelque part.
Quelle idée j’ai eu d’occuper mon dimanche d’automne pluvieux au tri de ma cave. Je ne pensais pas que ce chantier serait d’une telle envergure !
Par où commencer … Je vais dans un premier temps m’attaquer aux différentes choses que j’ai entassées au fil du temps sans les ranger dans des cartons. Oh ! l’ours en peluche défraichit de mon neveu Raoul, j’avais oublié combien il était moche ! On en garde des ruines, je vous jure ! Et ce nénuphar en céramique que j’ai reçu d’une grand-tante à un Noel, elle m’a pris pour une grenouille ou quoi !
Je vais essayer d’attraper avec prudence cette caisse toute en haut de la pile qui est prêt à basculer. Espérons que ne s’y trouve pas de la vaisselle !
Je me retrouve assise inconfortablement à même le sol à regarder bêtement ces vieilles boîtes de conserves vides … Allez savoir pourquoi je les ai gardées !

Je perçois des bruits et je tends l’oreille d’un air absent. Puis soudain j’entends à quelques pas de moi : « mais quel bazar ! Heureusement que j’ai pris ma lanterne car j’en ai pour la journée !

A mon tour de vous proposez ces quelques mots : les tropiques, pimenté, sur un air de salsa, vague, indescriptible, haut les cœurs, étudier, nature, sauce chien, fin.
Laura
Laura

le 19/10/2019 à 19:49

Coucou Karine, bravo pour ton petit texte, j'aime bien la façon habile avec laquelle tu t'es bien débrouillée pour utiliser certains mots pas commodes !
Dans ta liste c'est "sauce-chien" qui m'a donné du fil à retordre ! Voilà ce que ça donne....


- Quai des Grands Augustins, près du boulevard St Michel, vendredi 16 juin 1968 - 11 heures- signale un oiseau très coloré, genre oiseau des tropiques, repéré sur les caisses des bouquinistes. Est-il perdu ? D'où s'est-il échappé ?

- Boulevard Saint-Germain, vendredi 16 juin 1968 -13 h 30 - signale chaussée extrêmement détériorée. Les luttes des étudiants ont dû être particulièrement pimentées. Pavés entassés. Rue totalement à refaire sur environ vingt ou trente mètres.

- Place Jussieu, vendredi 16 juin 1968 - 15h10 - signale terrasse du restaurant "Sur un air de salsa" non-conforme à l'autorisation d'utiliser le trottoir. Procès-verbal n° 23 796, établi pour six tables en trop.

Ainsi pouvait-on lire, sur le petit carnet à spirales de l'Agent de Police Marcelot, toutes les notes afférentes à ses rondes de service dans Paris, dont il devait rendre compte à ses supérieurs, chaque soir, au Commissariat du 5ème Arrondissement. Pas de notes vagues et imprécises.Dans son style sans fioritures, précis et concis, l'Agent Marcelot consignait de son écriture indescriptible, tous les faits anecdotiques, comme l'oiseau des tropiques et tous les faits importants nécessitant amende ou procès-verbal, faisant ainsi le récit de la vie de ce quartier de Paris, au jour le jour.
Il n'était pas mécontent de ce poste et échappait ainsi aux mouvements de révoltes qui mettaient la capitale sans dessus-dessous et ses collègues aussi. Ce quartier d'étudiant était bouleversé par la colère de milliers de jeunes gens et chaque jour, il en faisait le bilan sur les pages quadrillées de son carnet de cuir noir.

- Façade de l'hôtel "Le Majestic", vendredi 16 juin 1968 - 16h 35 - signale slogans écrits à la peinture rouge : " Hauts les coeurs", " Il est interdit d'interdire", " Morts aux vaches". Il ferait mieux d'étudier au lieu de manifester ! Mais les états d'âme de l'Agent Marcelot n'intéressaient personne. Il était discret par nature et notait toutes les dégradations de son secteur, en gardant pour lui ses rancoeurs.
Son boulot se compliquait les jours de pluie. Il devait travailler, trempé de la tête aux pieds, dans son uniforme s'imprégnant de cette odeur "sauce-chien" qui l'incommodait. Et il fallait trouver une porte cochère ou l'auvent d'un marchand de fleurs ou de primeurs pour s'abriter et écrire une nouvelle note de service :

- Face au métro Monge, vendredi 16 juin 1968 - 17h40 - signale une voiture carbonisée, sans doute une dauphine, garée devant le n° 102. Faire prévenir la fourrière.
Fin de rapport de la journée du vendredi 16 juin 1968.
Aurélien Marcelot.

Voici une " grande liste !" que je propose pour toi, Karine ou pour qui voudra jouer avec nous :
le cachet de la poste faisant foi, avec pertes et fracas, il tourna les talons, chemin faisant, encore et encore, de mal en pis, il ne dormait que d'un oeil, il entra par la grande porte, il disait tout et son contraire, une histoire à dormir debout.
Laura
Laura

le 21/10/2019 à 12:30

Karine, j'ai tapé "sauce chien" (sur mon moteur de recherche écolo " lilo " que je recommande !) et je découvre que c'est une sauce des Antilles, avec oignon, échalote, ciboulette, piment, persil, citron, huile, vinaigre !!! de quoi réveiller un mort comme on dit ! et je propose donc un 2ème texte, plus orienté vers les îles, comme sans doute, tu nous y invitais ...

Une large étole de tissu madras, aux couleurs kaki, roses, ocre et grises entrecroisées, entoure les épaules de Félixine. Elle vit à Port-Louis sur la Grande Terre, sous le soleil des tropiques. Cette belle guadeloupéenne, rieuse à l'humour coquin et pimenté, s'en va vers la plage, avec un grand panier à son bras. Elle marche, pieds nus, d'un rythme nonchalant et de temps à autre, glisse quelques pas cadencés, tournant sur elle-même en fredonnant, comme si elle dansait sur un air de salsa.
Arrivée sur le sable chauffé par le soleil de cette belle matinée de septembre, Félixine continue sa marche chaloupée jusqu'au bord de l'océan où les vagues douces viennent lui baigner les chevilles. Elle ressent alors cette sensation indescriptible, les pieds dans l'eau, le regard perdu dans l'immensité de la mer d'un bleu étincelant avec le léger souffle de l'air marin sur sa peau et le goût salé de ses mains qu'elle a trempées dans la mer.

Pour être plus à l'aise, elle pose son panier et dedans, son étole bien pliée. Elle relève alors ses jupes et "hauts les coeurs", se met à chanter à pleins poumons cette chanson créole de son enfance, en dansant dans l'océan, éclaboussée jusqu'aux genoux.
Bientôt, une jeune femme la rejoint. Elle était en train d'étudier les espèces endémiques des îles : arbre à pain, orchidées, datura... Cette spécialiste de la nature, diplômée de l'université de Pointe-à-Pitre, ne résiste pas au bonheur de venir fêter l'océan avec Félixine. Elle court vers elle, lance ses sandales dans le sable et entre dans la mer pour embrasser Félixine qui l'accueille quasi-maternellement.

Les deux femmes sont restées longtemps sur la plage toute à elles, sous le soleil, partageant leurs rires et leurs chants. Et puis Félixine a offert une part de son repas à sa nouvelle amie. Dans le panier, il y a beignets de morue, une sauce chien bien pimentée, une salade de courgettes et des parts de gâteau Mont-blanc à la crème de coco.
Après, elles se sont parlé de tout et de rien, de Port-Louis, de fleurs, de voyages et de rêves, puis à la fin de l'après-midi, elles sont reparties, se promettant de revenir un de ces jours prochains, pour à nouveau, fêter l'océan.


Et ma liste de mots est toujours :
le cachet de la poste faisant foi, avec pertes et fracas, il tourna les talons, chemin faisant, encore et encore, de mal en pis, il ne dormait que d'un oeil, il entra par la grande porte, il disait tout et son contraire, une histoire à dormir debout.
Karine
Karine

le 29/10/2019 à 13:09

Pascale,
Je n'ai pas eu le temps de m'amuser avec tes mots …. Alors en attendant je te propose : chiner, sous la pluie, les hirondelles, inlassablement, butiner, jongler, un regard, tempo, pas à pas, rire.
A bientôt !
Laura
Laura

le 30/10/2019 à 10:55

Mille mercis ! A bientôt, pour lire un de tes petits textes. En attendant, voici celui que m'inspirent tes mots...

Quelle idée d'installer un stand pour une brocante d'octobre ! Il pleut sur Cergy.
Tania regarde les quelques passants courageux venus chiner, sous la pluie.
Depuis sept heures du matin, elle est à son poste, avec tout son bazar mais malgré tout, quelques pièces rares. Emmitouflée dans son anorak gris, elle se demande jusqu'à quelle heure, elle va tenir.Ce n'est pas drôle un vide-grenier sous la pluie !
Elle a le temps de dévisager les clients potentiels, de s'étonner des enfants que se rient du mauvais temps et d'observer le manège des hirondelles qui se rassemblent et discutent bruyamment de leur prochain départ vers des pays plus chauds. Tania se demande si elle ne ferait pas mieux, elle aussi, de remballer et de s'en aller... Il est vrai que la pluie s'est arrêtée, mais elle ressent le froid qui, à présent, lui gèle le nez et le bout des doigts Inlassablement les badauds défilent s'intéressant peu aux cartons de vaisselle et de livres,au lit de bébé et à ses aquarelles.

Pourtant une jeune femme en ciré et bottes jaunes ressort tout à coup dans ce morne décor. Elle est vive, va d'un endroit à l'autre, elle semble butiner comme un papillon jaune, des fleurs un peu fanées. Avec elle, le monde est à l'envers. Elle s'approche du stand de Tania, lui adresse un sourire, rêveuse, feuillette un ou deux albums, évoque quelques lectures, soulève des tasses, des théières et semble jongler habilement avec les soucoupes puis elle émet un souhait...
" - Non, dit Tania, il n'y en a que quatre.
- Tant pis ! " répond le papillon jaune dans un gentil sourire. Et elle raconte un souvenir de petite fille, de bols ornés de marguerites, du pot à lait de la ferme du grand-père.
Et Tania est alors transportée bien loin de la brocante : elle revoit, elle aussi, une maison en bordure de prairie, avec ses soeurs, au soleil du midi.
Un regard échangé, le papillon est déjà reparti.
Mais Tania est toute réchauffée.
Son coeur bat, à présent, à un autre tempo.
Elle ira acheter deux chocolats chauds qu'elle partagera avec sa voisine de brocante qui lui aura gardé son stand un moment. Elles feront connaissance, en se chauffant les mains sur les gobelets brûlants et pas à pas, elles se parleront un peu, puis elles auront tant de choses à se dire et enfin, elles se mettront à rire.

Quelque part sur la brocante, le papillon jaune raconte un souvenir d'école, en sortant des porte-plumes d'une petite boîte en bois et le vieux monsieur qui écoute l'histoire a un air attendri et acquiesce au fur et à mesure, par quelques hochements de tête... Il se rassied, rêveur, tandis que le papillon jaune rebondit sur un autre récit avec la jeune fille qui, un peu plus loin, vend toute sa garde-robe.

A seize heures, le soleil réchauffait toute la brocante...
Laura
Laura

le 08/11/2019 à 17:37

Un 2ème texte, toujours avec les mots de Karine : chiner, sous la pluie....

Douce journée.
L'automne est bien avancé, pourtant. Mais la lumière est encore vive. L'humidité idéale. La température agréable, même la nuit. Mon environnement me convient parfaitement. Je suis un beau hêtre, planté bien en valeur, au milieu du jardin. Les lauriers, mes voisins, me tiennent compagnie.

J'apporte en été, un peu d'ombre sur une jolie table en fer forgé que la maîtresse des lieux à chiner sur une brocante, il y a quelques années. Elle est restée sous la pluie tout le mois d'octobre et sera sûrement remisée à l'abri de l'hiver. Alors je ne serai plus " parasol " mais " perchoir ", pour les petites pattes des mésanges, moineaux, merles, tourterelles et même parfois hirondelles, qui s'invitent dans mes branches. Il y aura aussi un grand nid de pies, en haut, vers la cime et un peu plus bas, je serai " gîte d'accueil pour écureuils", peut-être... Et, inlassablement, moi le grand hêtre, je veillerai sur le jardin, mon domaine.

La froide saison me verra tout engourdi et respirant au ralenti. Mes racines puiseront dans le sol mon énergie et mes rêveries.
Ne le savez-vous pas ?
Les arbres font des songes, silencieusement et gardent en mémoire la vie des villes, des rues et des humains qui habitent leur jardin.
Je vois passer les générations, le grand père, la mère et puis le petit garçon. Je sers alors de solide support à la jeune balançoire et plus tard, garde en mon écorce, en ma mémoire, la trace des romances en forme de coeur de l'adolescence. Enfin, l'homme d'un âge respectable viendra s'asseoir près du tronc vénérable et ils se souviendront de leur jeune temps, du mariage d"une soeur, d'une cousine et de toutes les branches de la grande famille.

Les arbres rêvent de soleil et de belle saison. Quand reviendront les chants d'oiseaux au petit matin, le bourdonnement des insectes qui s'affairent à ramper, à voler, à butiner ? Quand reverrais-je les fêtes des soirées d'été et celui qui sur son échelle, vient jongler pour accrocher à mes branches, les petites ampoules de ces guirlandes lumineuses qui éclairent les tables de festin, les rires et les chansons au jardin ? Que je serai beau ainsi vêtu de lumière et je verrai l'émerveillement dans le regard du petit garçon ! Je n'aurai rien à envier en ce mois d'août, au sapin de Noël !
La musique s'ajoutera aux plaisirs de la fête, son tempo me fera vibrer et je les verrai danser sous mon large feuillage, heureux de trouver ma fraîcheur.
Puis, quand la nuit sera bien avancée, ils rentreront et quitteront peu à peu, pas à pas, les tables en désordre, les chaises abandonnées et je redeviendrai maître du jardin, mon domaine.
Alors dans ma mémoire se graveront tous ces bons moments. Moi, le grand hêtre, silencieux témoin de leur histoire, je veillerai sur leur bien-être, en mon bois et au plus profond de mes veines, ils seront toujours là, ceux que je protège, avec leurs confidences, leurs rires et leurs peines.

Je suggère une petite dizaine de mots, pas trop faciles... à ceux qui voudront bien nous faire le cadeau d'un petit récit ( sinon des listes plus simples sont encore inutilisées, dans les défis précédents !) : un corbeau noir, dans les marches de l'escalier, la photo était en noir et blanc, le vent faisait claquer les volets, il avait mauvaise mine, un cri effrayant, la bougie venait de s'éteindre, un long manteau, la poussière, il écrasa sa cigarette.
Laura
Laura

le 15/11/2019 à 18:06

Un troisième petit texte avec les mots de Karine : chiner, sous la pluie.... en attendant une autre petite liste, bientôt, peut-être....

- "...ça veut dire quoi, "chiner" ?
- euh...ben... ça veut dire... se balader en Chine. "

Les deux copains discutent dans un coin de la cour de récréation.

- " T'es sûr ? Parce que ma mère elle a dit qu'elle viendrait pas avec nous, dimanche, parce qu'elle allait chiner..."

Tandis que Benoit bredouille un début d'explication vaseuse, Alex qui a écouté discrètement leur conversation, ne se prive pas de chiner Benoit, de le taquiner :

- "Ben voyons ! En Chine, tu vas chiner et en Grèce, tu vas graisser alors !! ...c'est bien connu ! Graisser ta chaîne de vélo, c'est ça, pour pédaler jusqu'en Chine et..."
Mais Benoit, blessé, ne lui laisse pas le temps de finir et lui envoie un bon coup de pied dans le tibia .
Alex en rajoute bien sûr et hurle qu'il a la jambe cassée et sous la pluie qui, maintenant, se met à tomber, un attroupement se forme autour des deux enfants. L'institutrice intervient et chasse tout ce petit monde. Et, comme une volée d'hirondelles, les écoliers se dispersent tandis qu'Alex et Benoit doivent s'expliquer sous le regard peu engageant de la maîtresse.
Mais la sonnerie sauve les deux gamins, leur évitant d'ajouter quelques mensonges à ce triste tableau et les cours reprennent sans que tombe la moindre punition.

Inlassablement, l'enseignante égrène ses conjugaisons. Benoit rumine son mécontentement, Alex songe à la manière dont il l'embêtera encore, à la sortie des classes et tous deux passent à côté des cédilles du verbe "commencer" et des accords du participe passé.
Bientôt les devoirs sont annoncés : pour lundi conjuguer les verbes "butiner" et "jongler" au passé-simple et à l'imparfait. Déjà, les élèves se ruent dans le couloir. D'un regard, Alex repère le pauvre Benoit et lui emboîte le pas. Ils traversent la cour et se retrouvent sur le trottoir, Benoit marchant devant, pas fier et Alex le suivant au même tempo, son cartable sur le dos.

Ils tournent Boulevard de la République. Benoit marche de plus en plus vite. Alex ne le lâche pas d'une semelle et pas à pas, gagne du terrain. Il est à moins d'un mètre de l'enfant... mais voici que Maman apparait avec le chien. Il se jette sur Benoit, lui fait la fête, lui lèche les mains, puis saute au cou d'Alex, figé de surprise et de frayeur mêlées. Le gros berger des Pyrénées, bien blanc, n'est pourtant pas méchant et Benoit l'attrape par le collier, pour délivrer son copain qui n'en mène pas large ! Et alors, ils partent tous deux d'un rire qui leur fait du bien.
Maman ne comprend pas tout, mais leur propose de rentrer ensemble en passant par la boulangerie et tandis qu'ils trottinent, le grand chien à leur côté, Benoit se promet, en lui-même, de demander à Maman ce que veut dire "chiner" pour ne plus jamais faire le malin devant ses copains !

Voici les mots que je propose :
un savon de Marseille, des cartes de visite, un cintre, un extincteur, la pile des journaux, une bouteille de cidre, un puzzle, une passoire, une porte cochère, une tablette de chocolat.

3 versions avec les mots de Karine ! J'espère qu'une petite liste me tombera bientôt du ciel, pour que je puisse un peu me renouveler et imaginer d'autres récits-défis....

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