Le vin noir (Cape et épées)

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Modérateur

le 28/07/2016 à 18:10

Bienvenue Georgia ! Et merci de redonner du souffle à cette histoire abandonnée pour cause de "plage" très certainement.
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Georgia
Georgia

le 28/07/2016 à 20:30

Oui, sûrement. Il y a beaucoup à imaginer sur une telle intrigue imaginée par Morris et les autres . Ah il ne fallait pas me parler de Rochefort ! Mais je ne l'imagine pas exactement comme Alexandre Dumas, histoire de me démarquer des Trois Mousquetaires ! Il faut bien un traître dans chaque histoire !
morris
morris

le 29/07/2016 à 00:30

Merci pour avoir pris le relais, Georgia. Je partage votre passion pour Dumas et les mousquetaires. Voici la suite !
morris
Georgia
Georgia

le 29/07/2016 à 00:56

Ah malheureux, il ne fallait pas me parler de Rochefort. Hi hi !!! Je l'aime trop, il est toujours tout en noir, il n'a aucune moralité et bref, c'est un bad boy comme je les aime dans les romans historiques !!!!! J'ai hâte de pouvoir partager et écrire avec toi ... vous, pardon !!! et les autres ! La suite ! Je veux la suite !!!!
morris
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le 29/07/2016 à 01:25

La surveillance et les filatures assurées par les Archers du Guet et les commissaires du Châtelet, Rochefort rendit visite à La Valbreuse, reine des artistes et des courtisanes de la cité. Accessoirement son amie de cœur.
- Messire de Rochefort... J'allais justement vous faire demander. Il se passe de drôles de choses du côté de la Tour de Jean-sans-peur.
- Dame Charlotte, je venais à la pêche aux informations... Mais vous me semblez bien désemparée Ma Mie... Que se passe t'il donc ?
Se disant, Rochefort se rapprocha de son interlocutrice, lui prit doucement la main droite pour y déposer un baiser.Recevant en retour une douce caresse sur la joue. Le Chevalier sentait la colère monter en lui. Aurait-on osé s'en prendre à elle ? Qui serait assez fou pour commettre... Toute son attitude, ses gestes visaient à la rassurer.
- Du calme, mon doux ami ! Il ne s'agit pas de moi. Des comédiens, des filles se font agresser violemment depuis peu. Il y a des morts, des amis à moi. Ni le Guet, ni La cour des Miracles ne sont capables de désigner un responsable. Nous avons peur.
- Que sais-tu d'autres ?
- L'agresseur ne cesse de réciter des vers de la Bible pendant toute l'attaque. Il est revêtu de noir et porte un chapeau au fût très haut.
Immédiatement,le Chevalier compris ce qu'il en était. Il avait son autre piste. Il put s'accorder une nuit suave et ne regagna son bureau que le lendemain. Ayant augmenté la protection de Charlotte. Le prochain mouvement serait le sien.
morris
morris
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le 29/07/2016 à 01:26

Voici de quoi nourrir l'inspiration de mes partenaires de jeu !
morris
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le 29/07/2016 à 13:55

Juste un petit rappel : Afin de bien différencier l'histoire des commentaires, nous avons institué le fait que les commentaires devaient être écrits en italique. Si vous oubliez, ce n'est pas grave, nous passons derrière pour changer.
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Georgia
Georgia

le 30/07/2016 à 17:15

N'hésitant jamais à se salir les mains, le Comte de Rochefort fréquentait les petites maisons où nul ne se vantait d'y faire des connaissances. C'est pourtant bien là qu'il puisait ses renseignements et les faisait remonter à Richelieu. Pour en faire ce que bon lui semblerait. Son Eminence savait toujours quoi faire et il n'appartenait pas à Rochefort d'intervenir dans les affaires de l'Etat. Il avait assez à faire de son père pour ne pas s'immiscer dans les relations tendues entre le Roi de France Louis XIII et sa mère avide de pouvoir, la florentine mais néanmoins Reine mère, Marie de Médicis.

A huit ans, Louis XIII avait vu revenir son père Henri IV , le pourpoint rouge de sang. Ravaillac lui avait volé son père mais il soupçonnait bien à présent que les ordres étaient venus de bien plus haut. Les espagnols qui haïssaient ce roi capable de changer de religion comme de chemise ? Epernon, ce duc ambitieux, naguère ami d'Henri III, au point d'être devenu son archimignon ? Et puis, Louis XIII souffrait de l'amour que sa mère, Marie de Médicis portait à son frère Gaston d'Orléans qui ne cessait de comploter contre lui pour finir toujours par trahir ses compagnons. Et Louis pardonnait puisqu'il n'avait guère d'autre héritier, prétendant à la couronne de France.

Non, Rochefort savait que seul le cardinal savait louvoyer et l'air de rien, avancer ses propres pions et préserver ses intérêts. Alors, il se contentait d'obéir et de soudoyer les mouches, ces espions de Richelieu présents un peu partout en France. Les soudoyer ou les cajoler. Cette femme, la Valbreuse, tout à la fois artiste et courtisane, il n'avait pas prévu de l'aimer mais elle lui était chère. Il la protégeait et l'aimait à sa façon. Quand elle lui eut dit ce qui se tramait, ces morts inexpliquées, ce danger que l'on ne pouvait contrôler, le sang de Rochefort ne fit qu'un tour. Tout ceci ne plairait pas à Richelieu. Il se fâcherait et menacerait. A commencer par lui, Rochefort.

Un homme en noir ? Les espagnols ! Austères dans leurs mœurs comme dans leurs vêtements, ils se frayaient partout avec discrétion et malversations. Philippe IV jouait-il un double jeu pour perdre la France ? Ou existait-il une fronde espagnole, une de ces sectes prêtes à tout qu'il fallait démanteler ? A moins que Rochefort ne se fourvoie complètement après une nuit d'amour ?

- Mais pourquoi, ma chère, porter un de ces ridicules chapeaux qui font porter l'attention sur vous ?

- Parce que, cher comte, ce qui se voit trop n'inquiète guère. On ne vous remarque pas si on ne vous prend pas au sérieux
.

Rochefort prit congé, se jurant de démasquer les responsables. En sortant de la maison, encore étourdi par sa nuit et l'esprit préoccupé par ces nouveaux événements, il ne sentit pas le regard fiévreux de celui qui se glissa dans son ombre.
Georgia
Georgia

le 30/07/2016 à 21:20

Voilà, j'ai fait ce que j'ai pu pour ménager le suspense , mais je laisse la porte ouverte comme vous le voyez ! Espagnols ou pas ? Venez qui vous voulez !!
morris
morris

le 11/08/2016 à 17:56

Cet univers des coureurs de rêves, comédiens ou acrobates, reconnaissaient les siens. Curieusement, Rochefort était chez lui en leurs domaines. Situation dont sa liaison avec Charlotte était la conséquence et non l'origine. Il ne fut donc nullement étonné par le visiteur qu'il trouva l'attendant en son hôtel situé auprès du Pré-aux-clercs.
- Veuillez me pardonner de vous importuner ainsi, Monsieur le Comte, mais des compagnons m'ont dit que vous désiriez me parler...
- Entrons d'abord. Je suppose que tu n'as pas soupé ? Nous discuterons de ce qui t'amène autour d'un bon repas.
Alerté du retour de son maître, un jeune homme faisant office de valet et de garde du corps, s'empressa de les débarrasser de leurs manteaux et de s'enquérir des désirs du Comte.
Ensuite, Rochefort et William, homme de théâtre de haute stature et aux cheveux de feu, se réchauffèrent un moment devant la flambée d'un âtre bienvenue, car le temps se faisait maussade dans la capitale. Les deux hommes se connaissaient déjà. Chacun sachant la droiture et le courage de l'autre. Ils firent un sort au copieux repas servi dans cette même pièce où ils d'étaient enfermés à l'abri de toute surveillance.
Terminant son verre de vin de Bourgogne, Rochefort reprit :
- Je ne te demande pas si tu as pu être suivi ?
- J'ai pris mes précautions, Messire... Comme d'habitude. Aucun particulier incongru ne s'est aventuré en nos quartiers depuis votre alerte. Et personne ne s'est attaché à mes semelles non plus.
- Et si tu me racontais ce qui t'est arrivé dans cette auberge si peu hospitalière.
Sur ces mots, le Comte remplit leurs verres d'un vin si profondément rouge qu'il en paraissait presque noir.
- Si sur le moment, je me suis abstenu de riposter, c'est que je savais la patrouille du guet proche. J'ai préféré éviter de me faire remarquer. Ensuite, l'affaire m'est sorti de la tête. Je venais de rencontrer une jouvencelle et il me fallait me rendre digne de son attention. Il a fallu que votre message me fut transmis pour que j'y repense.
- Un de mes agents a observé la scène... de trop loin pour entendre quoi que ce soit... mais dans sa description... je t'ai reconnu immédiatement.
- Vous vous intéressez donc à ce bouge, Messire ? Y aurait'il une relation avec les attaques que subissent nos amis.
Affirmation plutôt que question.
- C'est tout à fait possible. Mais, j'ai fait renforcé la sécurité du côté de la tour. Il faut coincer le malandrin qui s'attaque à vous... qu'il ait, ou non, à voir avec l'affaire qui m'occupe. Tréville m'envoie des hommes à lui. Ils seront commandés par Monsieur de Beauvallon père. Tu le connais, je crois.
- Oui, un vrai gentilhomme. Il adore le spectacle... et les actrices. Il va faire de cette histoire un affaire personnelle...
Ces derniers mots flottants en l'air comme une sinistre prédiction.
- Bien, revenons à notre affaire. Raconte !
morris
morris
morris

le 11/08/2016 à 17:58

Bonjour,
c'est un bien joli titre attaché à notre histoire.Je me demande ce qu'il recèle.Enfin,nous verrons bien.Je reprends.........
morris
morris
morris

le 11/08/2016 à 18:24

- Je venais de passer la journée à monter les décors. Il faisait soif. Besoin de m'humidifier le gosier. Vous savez comme je suis. Mes pas m'avaient mené devant cette auberge qui semblait proprette, bien tenue. Un établissement pour gens honnêtes. Le vin devait y être goûteux. Je suis donc entré. Peu de pratiques. Trois particuliers à la mine austère et un tavernier mince comme un fil. Je m'installe, commande un pichet de Clairet et m'occupe à le vider. Pour passer le temps, j'entame la discussion avec le propriétaire. Ces gens ont souvent de bonnes histoires à raconter...qui font de bons sujets de spectacles comiques. J'ai, sans doute, laissé à entendre être personne du spectacle. Et voilà que l'un de ces tristes sires se jette sur moi, renverse verre et pichet.... pour me traîner vers la sortie en me traitant d'incarnation du vice, de damné voué aux feu de la géhenne. Et ce sans que personne ne réagisse. J'ai été trop surpris pour réagir sur l'instant. Et une fois, l'huis refermée avec fracas...
- Tu as bien fait !
- Que pourrais-tu ajouter sur ces curieux clients....
- Avant de venir, j'ai fureté ici et là. L'auberge appartient à une association de marchands plutôt fortunés. Avec une clientèle plutôt choisie. Chacun peut y consommer. Mais la réception est mauvaise pour gens de plus faible condition. Quant à celui qui m'a secoué, c'est un géant large comme une armoire. Ces mains sont de vrais battoirs. Cheveux long presque blanc. Revêtu tout de noir avec un chapeau à buse haute... Les deux autres, de même acabit en des proportions plus communes.
- Cet homme avait un accent particulier ?
- Pas vraiment...rien de remarquable... si ce n'est son ton... impérieux, plein de furie à peine rentrée... une personne dangereuse à n'en pas douter. Et, il...
- Correspond à la description du ou des agresseurs. Bien, place tes propres sentinelles. Préviens tes amis. Qu'ils ne puissent faire un seul pas non accompagné. N'hésite pas à faire intervenir les hommes d'armes si nécessaire. Tu me feras tes rapports quotidiennement en personne.
Se levant, Rochefort ajouta
- Passe la nuit dans la demeure. Dans ta chambre, tu trouveras un nécessaire à grimer. Il vaut mieux être prudent. Je pressens des ennuis. Passe une bonne nuit !
morris
**Evol**
**Evol**

le 11/08/2016 à 19:27

Deux très beaux paragraphes ! Bravo Morris
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Modérateur

le 11/08/2016 à 19:31

Nous sommes heureux que le titre vous plaise Morris, il était temps d'en changer, "démarrage" n'étant plus approprié.
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Georgia
Georgia

le 12/08/2016 à 13:05

Je préfère laisser tomber cette histoire. L'histoire que je poste n'est même pas prise en compte. Morris écrit son histoire tout seul . Qu'en est-il du fait que Rochefort soit suivi ?
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Modérateur

le 12/08/2016 à 13:39

Bonjour Georgia,

C'est vraiment dommage que vous laissiez tomber l'histoire. Du "sang neuf" est toujours le bienvenu dans ces histoires, c'est d'ailleurs ce qui fait le charme des histoires rebondissantes. Peut-être pouvez-vous relancer votre idée et laisser une chance à Morris (après qu'un autre auteur ait écrit CF la nouvelle règle des 60 lignes http://www.ecrivonsunlivre.com/derniere/histoires-du-forum/nouvelle-regle-pour-les-histoires-rebondissantes-du-forum.html)... Nous attendons avec impatience quel nouveau rebondissement improbable pourra sortir de l’esprit d’un prochain auteur. Nous sommes tous différents, ce c’est cela qui donnera une histoire singulière et pleine de surprises. A la vue de ce qui se produit depuis hier soir, je pense que tout le monde aura compris que ces histoires sont communes à tous, et qu'il est effectivement nécessaire de rebondir sur ce qui a été écrit précédemment.
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Sophie 22
Sophie 22

le 15/08/2016 à 23:59

Sur ces mots, il décida de faire quelques pas. Le vin le rendit léger malgré le gras du repas. Il repensa a sa nuit passée dans les bras de la Valbreuse puis à sa conversation avec se piètre comédien mais espion précieux. L’air frais le saisi, il frissonna. Le vent était certes piquant mais habituellement, il fallait à Rochefort bien plus qu’une brise pour lui faire rebrousser les poils. Il se sentait comme fiévreux et plus très sûr de ses mouvements. « Je n’aurais pas dû faire tant honneur à ce vin, ni à Charlotte… » puis il rit de sa réflexion.

Il s’arrêta un moment et s’appuya contre le mur. Il ne lui semblait pourtant pas avoir abusé du pichet au point d’en perdre l’équilibre… Il chercha à reprendre ses esprits, le sol semblait se dérober sous ses pieds. Une ombre qui n’était pas la sienne se profila sous ses bottes. Il leva la tête, découvrit un visage inconnu affichant un demi-sourire. Il tomba à terre emportant dans sa chute l’unique souvenir d’une cicatrice sur la joue de son poursuivant.

Le lendemain, William chercha le comte sans le trouver nulle part.
Sophie - “Ecrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas il n'est qu'écriture.” - Jules Renard
Dixi
Dixi

le 27/08/2016 à 15:33

Rochefort se réveilla, il était ficelé et entendu à même le sol. Il entendit des voix autour de lui.

« Qu’allons-nous en faire maintenant ?
- Juste lui dire qu’il ne se mêle plus de nos affaires sans quoi… N’est-il pas, Monsieur de Rochefort ? Lui adressa t’on en criant et en accompagnant ces paroles d’un coup de botte dans le ventre.
- Tu crois que c’est bien de le battre ?
- Certes, il me semble qu’il apprécie ! Et un autre coup de pied dans les côtes. »

Rochefort, les yeux bandés, et encore drogué s’efforçait de reconnaître les voix mais en vain. Il lutta tout au moins pour en déceler des particularités. L’un avait un accent plutôt latin et l’autre semblait être de la haute bourgeoisie, son allocution était parfaite.

« Monsieur de Rochefort, chuchota t’on à son oreille, vous n’êtes point le bienvenue dans notre commerce. Etant donné votre rang et votre statut, nous ne pouvions pas vous occire sans vous avoir au paravent averti. Maintenant ceci est dit, et suivez notre conseil, éloignez-vous de notre chemin. Nous espérons un adieu Monsieur de Rochefort… »

Rochefort reconnu une odeur âpre et fruité en même temps, quelque chose de tourbé également, sans doute dû à la terre sur laquelle il était allongé mais il nota tout de même ce fait.

Il entendit les hommes s’éloigner suivi de bruits de sabots dans le lointain.
Dixi
Georgia
Georgia

le 30/08/2016 à 03:01

Il restait tant à dire et surtout à crier. Rochefort aurait voulu leur aboyer que Son Eminence serait mise au courant et ne laisserait pas cet affront impuni. S'en prendre à Rochefort revenait à prévenir Richelieu des risques qu'il prenait à vouloir traiter les princes du sang de cette façon et les rabaisser, eux et leur orgueil. A moins que.... Et si les Français n'avaient rien à y voir ? Il avait bien décelé un accent latin. Les espagnols qui parlaient latin à la cour même de Philippe IV ? Les portugais qui le parlaient également ? Mais les portugais détestaient les Espagnols et ne se seraient jamais alliés aux hispaniques qui tentaient par tous les moyens de s'attaquer à la fraîche montée sur le trône de la dynastie des Bragance. Alors, qui ? Qui, Bon Dieu !

Heureusement que Son Eminence n'était pas là pour l'entendre blasphémer car il aurait levé un œil assassin et aurait immédiatement mis fin à l'entretien, le reproche violent aux lèvres. Mais Rochefort avait une excuse. Il n'avait plus les idées claires. On l'avait drogué à coup sûr et s'il n'était pas encore mort, cela voulait sûrement dire quelque chose. Mais quoi ?

Les vapeurs d'essence remontaient à son cerveau qui enregistrait dans le même temps la douleur des coups de pied au ventre. Un des deux hommes avait parlé de commerce. Rochefort se convainquit qu'il était illégal et voire criminel et qu'il avait été sans doute un peu trop loin dans ses investigations . Décidément, il se montrait trop imprudent, ces temps-ci.

«  Ils me le paieront », songeait-il tandis qu'il recevait les coups sans pouvoir répliquer, ligoté comme il était.

Le bruit cessa, les chuchotements à l'oreille aussi, contrastant de façon intentionnelle et cruelle avec la violence des coups de bottes ferrées qui lui chatouillaient les côtes . Puis, n'en espérant pas tant, mais un peu quand même, le comte de Rochefort reconnut le bruit familier des sabots de chevaux qui détalent. A force de gesticulations, s'aidant de ses dents, le bâillon glissa sur son cou trempé de sueur. Il hurla alors pour soulager sa colère :

- Qui que tu sois, je te retrouverais car je n'oublierais ni le son de ta voix ni ton accent. Je te hais à présent, toi et tes hommes. Le monde ne sera jamais aussi vaste pour échapper à la colère de Rochefort et quand le moment sera venu, je me ferai justice moi-même et je......

Déjà, trois mousquetaires du Roi arrivaient et se mirent à rire devant la déconvenue de celui qu'ils détestaient tant, l'âme damnée de Richelieu dont la garde noire cherchait toujours querelle aux mousquetaires.

- Délivrez-moi, bande d'idiots.

L'un d'eux, plein de morgue et d'assurance, apostropha celui qui devait être leur chef :

- Qu'en pensez-vous, Messire de Bassompierre ? Pouvons-nous le détacher ?
- Profitons un peu du spectacle, répondit celui qui avait un nom qui résonnait comme un couperet.

Pour l'être, Rochefort savait qu'il était plus délicat de s'attaquer à un aristocrate qu'à un de ces gentilhommes désargentés qui faisaient la fine fleur des mousquetaires .

- Il ne nous est pas donné souvent de contempler pareille humiliation.

Rochefort rugit comme une bête blessée puis la haine se mélangeant à la fièvre de sa nuit passée , hurla :

- Tout de suite ! Sinon, le Roi en sera informé ainsi que le cardinal.

L'âme damnée d'Armand Jean Du Plessis, cardinal de Richelieu se dit que décidément, il avait rencontré au cours de cette nuit bien trop d'ennemis et que Messire Raoul de Bassompierre devrait attendre pour obtenir ce qu'il méritait. Mais il l'aurait, sa vengeance !

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