Une aventure de Louise d'Escogriffe - ch 10

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Résumé du chapitre précédent

Le lendemain Antoine Dubreuil prend le train pour compiègne, il a un revolver Lefaucheux. Il veut juste obtenir de Justin alias "JR" des informations pour comprendre le meurtre de son épouse.

Chez lui, Theophile Lebrun lit Anna Karénine quand son téléphone sonne. C'est un appel des Brigades du Tigre annonçant que Le Rapace a pris le train vers Compiègne.
Une filature est lancée en voiture avec les Brigades du Tigre et Théophile Lebrun.

À Compiègne, après une course au résultat surprenant, "JR" empoche un pactole. Antoine Dubreuil le prend en filature et Le Rapace suit les deux hommes. Finalement, Antoine Dubreuil menace "JR" avec son revolver Lefaucheux. Profitant du bon moment, Le Rapace tire sur "JR" et Antoine Dubreuil, de surprise, tire aussi sur "JR" Le Parace s'enfuit discrètement et la police arrête Antoine Dubreuil en  pensant qu'il a tué "JR".

Le soir même, Louise se rend chez Théophile Lebrun. Il pose un disque sur le gramophone avant d'inviter Louise à valser...

Chapitre 10

 

Aussi merveilleusement que dans un rêve romantique, Louise dansait avec un homme disposant d’une myriade d’atouts, tel un héros charmant sorti d’un conte. Théophile Lebrun guidait cette valse avec distinction, galanterie et fermeté. Le seul cavalier aussi bienveillant qu’elle avait connu auparavant fut son père, et pourtant, la jeune femme découvrait ici une tout autre sensation de bien-être, incomparable.

Enveloppés dans les flots de notes du « Beau Danube Bleu » qui emplissaient la pièce, le couple semblait tourbillonner avec fluidité devant les yeux émerveillés de Lucien, tandis que le regard de Louise s’enivrait des reflets mielleux des boiseries virevoltant autour d’elle. Même le parfum de la peau du commissaire l’envoûtait insidieusement, au point de lui faire perdre les notions de passé ou de futur.

La fin du microsillon gravé dans la cire ne laissa plus échapper que des petits craquements, obligeant le maître des lieux à ramener la tête de lecture au début de la délicieuse mélodie. En suivant, il invita de nouveau sa cavalière, la complimenta puis évoqua leurs chances de succès au concours de danse. Le jeune spectateur de la séance s’installa dans un confortable fauteuil de cuir.

Lorsque le gramophone atteignit le silence suivant, la domestique demanda sobrement pour combien de personnes elle devait préparer le dîner. Le commissaire invita ses hôtes à partager le repas avec lui. Louise fut immédiatement tiraillée entre le refus dicté par la bienséance et le désir inavouable de prolonger la soirée.

Elle refusa timidement, il insista gentiment, elle accepta. Lucien savoura par anticipation l’idée de se régaler autant que celle de lire le bonheur sur le visage de sa grande sœur d’adoption.

***

Rue Croix des Petits Champs, Hortense ne fut pas longue à deviner que la répétition de valse avait finalement tourné à la faveur d’une prolongation courtoise. Elle s’en réjouit et entama une causerie avec Édouard, très disposé à partager le menu avec sa maîtresse. Il émit un miaulement qu’elle interpréta comme l’expression d’un féroce appétit.

Tandis que le fauve tournait en se frottant à ses jambes, Hortense remarqua une légère boiterie du minet. Elle ne put alors se retenir de le questionner comme s’il s’agissait d’un enfant et de le prendre sur les genoux afin de vérifier ce qui était arrivé de fâcheux à ses pattes délicates. Le félin commença par maugréer, se débattre, puis se laissa ausculter.

Bien plantée entre deux coussinets, une épine noire se logeait à proximité d’une griffe du matou qui poussait un son guttural quand Hortense y touchait, si bien qu’elle en fût impressionnée. Elle le reposa au sol et prit soin de détourner l’attention d’Édouard en allant lui remplir sa gamelle, sans oublier de s’équiper d’une pince à épiler.

Lorsqu’elle revint, il réclama de nouveau sa nourriture en oubliant déjà sa douleur plantaire. Préparant un effet de surprise, Hortense caressa le chat sous le maxillaire et derrière les oreilles. Puis elle le saisit habilement et lui retira l’épine avant de le reposer, le museau devant l’écuelle. Celle-ci devint alors son unique centre d’intérêt.

***

Chez Théophile Lebrun, la pintade rôtie servie accompagnée de petits pois fit saliver Lucien, tandis que Louise savourait plutôt l’éloquence de l’homme aussi cultivé qu’intéressant. Elle aimait sa façon de spéculer sur les couples de danseurs auxquels ils allaient être confrontés.

Non seulement il prévoyait de progresser techniquement, mais il envisageait aussi de se distinguer sur la piste grâce à des détails, de manière à mieux capter l’attention du jury :

- Nous pourrions entrer en scène de façon inédite. Qu’en pensez-vous ?

- Ne risquons nous pas que cela se retourne contre nous ?

- Assurément non, tant que nous respecterons l’assistance et que nous suivrons les règles d’usage.

- Si cela échoue, je vous promets de piquer une colère à la sortie…

- Voilà une bonne idée ! On peut arriver comme un couple qui viendrait de se disputer, cela changerait des sourires forcés hypocrites.

- Jamais je n’oserais ! Et je suis une très mauvaise comédienne ! Simuler pareille situation me semble absolument impossible.

- Bon, d’accord, laissons cette idée de côté. Au moins, j’espère trouver une pochette de la même couleur que la robe que vous porterez.

- Oh oui avec plaisir ! Je vais en parler à Hortense et je suis sûre qu’elle va encore dénicher la perle rare… enfin, je veux dire l’étoffe assortie !

L’espace d’un instant, Théophile Lebrun se demanda si Louise disposait de bijoux adaptés à la situation et il osa secrètement envisager de lui en offrir. Comme il tenait déjà beaucoup à leur entente naissante, il redoutait d’effaroucher sa cavalière en créant une relation déséquilibrée. Audacieusement il s’enquit d’informations sur la famille de la jeune femme :

- Tant mieux ! J’espère que votre cousine et vos proches se portent bien.

- Oui, fit-elle… et… j’envisage de retourner à Barentin. Ainsi je verrai ma mère… et… peut-être vais-je aussi apprendre des choses utiles sur cet Alphonse Carmet qui a travaillé pour mon père…

À cet instant, Lucien leva le nez de son assiette et observa la réaction du commissaire. Ce dernier soupçonnait l’existence d’un lien entre la présence du malfaiteur à l’hippodrome de Compiègne et la mort de « JR ». Sans dramatiser, il chercha comment éviter la moindre implication de Louise dans l’enquête :

- Si je puis me permettre un conseil aussi amical que professionnel, il vaudra mieux rester à l’écart de ce suspect. Sinon vous risqueriez de compliquer le travail de la police et sait-on jamais, l’individu est peut-être dangereux.

- J’ai besoin d’en avoir le cœur net ! Puisqu’il a fait partie du personnel de la laiterie, il a pu nuire à mon père au point de le pousser au suicide ! C’est une question qui me hante depuis tellement longtemps.

- Oh ! Je suis profondément désolé d’avoir réveillé des souvenirs aussi douloureux. Peut-être s’agit-il d’une terrible coïncidence. En tout cas je vous prie de ne pas vous aventurer seule sur les traces de la triste affaire Blanlait.

- Mais Mam’zelle Louise ne sera pas seule si je l’accompagne, lança fièrement Lucien.

- Certes oui, jeune homme, mais il vaudrait peut-être mieux que je prévienne la police locale afin de vous protéger…

- S’il vous plaît ne faites pas cela ! Après tout ce que ma mère a enduré, elle ne supporterait pas la vue de leurs uniformes ni de devoir encore répondre à leurs questions.

- M’sieur Lebrun, venez avec nous, fit Lucien avec un air enjoué comme s’il venait d’apprivoiser un lion. Il vit aussitôt le regard noir de Louise lui signifier qu’il avait parlé avant de réfléchir.

- Et bien… pourquoi pas, grommela le commissaire. Puis il détourna la conversation avec habileté, de manière à terminer la soirée sans évoquer ce voyage dont il imaginait encore difficilement les limites.

***

Au petit matin suivant, Hortense taquina Louise afin d’obtenir des informations et  tenter de lire dans les pensées de sa cousine :

- Alors Lisou, comment cet homme danse t-il ?

- Vraiment très bien ! Son guidage est précis sans être rigide, il a un bon port de bras, ses épaules sont relâchées et son regard se pose parfaitement à chaque demi-tour sur un point fixe. C’est un régal.

- Tiens-tiens, un régal… ?

- Enfin, je veux dire qu’il se débrouille mieux qu’honorablement et que je parviens à le suivre sans la moindre difficulté.

- Voilà qui est de bon augure pour un début. Quand allez-vous vous revoir ?

- Demain soir, il ne nous reste que cinq jours avant la sélection. À propos, j’ai encore un service à te demander : peux-tu lui trouver une pochette assortie à ma robe ?

- En si peu de temps, je ne te promets rien, mais je vais chiner dans les échoppes et les merceries du quartier.

- Oh merci ma cousine adorée !!

Louise lui fit une bise sur la joue, puis s’empara d’Édouard qui se frottait à ses jambes. Elle le prit dans ses bras et fit quelques pas à trois temps en pelotant la fourrure du minet indolent. Hortense lui raconta l’épisode de l’épine noire qu’il avait vécu la veille, sans imaginer qu’un habitant de l’immeuble avait connu bien plus tragique aventure.

***

Incarcéré dans les locaux des Brigades du Tigre, Antoine Dubreuil avait passé la nuit à se morfondre sur le bat-flanc, la conscience à mi-chemin entre les remords et la crainte de la punition. Le rapport du tout nouveau service balistique devait arriver sur le bureau de Valentin Sébille dans la matinée et le prisonnier s’imaginait déjà condamné pour meurtre, ou au mieux pour menace à main armée, assortie de la détention illégale du revolver.

En ces instants presque suffocants, son unique soutien restait invisible aux yeux des policiers : Monsieur Dubreuil sentait l’âme de son épouse le réconforter et absoudre ses actes motivés par le souvenir de leur amour. Maintenant que « JR » était mort, il ne restait aucun moyen de comprendre pourquoi Yvonne avait été assassinée. Plus rien n’avait de sens ni de saveur, surtout pas la pitance servie au cachot.

Le tintement du trousseau de clés dans le couloir n’éveilla même pas son attention. Seul l’appel de son nom le fit émerger de sa torpeur :

- Monsieur Dubreuil ! Veuillez m’accompagner s’il vous plaît !

Jamais il n’aurait imaginé connaître le statut de prisonnier. Pourtant, la privation de liberté lui coûtait moins que l’absence irrémédiable de la femme de sa vie. Hélas, ces deux malheurs se cumulaient comme dans un enchaînement cauchemardesque. Il n’avait pas voulu tuer celui qui se faisait appeler Justin, mais il ne savait plus où il visait lorsqu’il avait appuyé sur la détente.

Le policier le fit entrer dans le bureau de son supérieur, dont les états de service forçaient l’admiration et le respect. Valentin Sébille remercia le sous-officier et lui donna congé, puis proposa une chaise à son détenu afin que leurs regards fussent bien en face. À ce moment-là, il récapitula l’affaire dans une synthèse mêlant intentionnellement faits et questionnements :

- Monsieur Dubreuil, votre épouse a été assassinée le 10 mai dernier dans votre logement situé 18 rue Croix des Petits Champs. Etes-vous d’accord là-dessus ?

- Oui, c’est exact.

- D’après votre déposition, au moment du meurtre, vous étiez au travail et votre employée de maison a déclaré se trouver au marché. Avez-vous quelque chose à ajouter ou à modifier ?

- Ce que j’ai dit est la stricte vérité. Concernant Lucie, je ne peux pas confirmer.

- Elle non plus, car on l’a retrouvée noyée dans le Seine le 30 mai au niveau du Pont de la Concorde.

- Je n’étais pas à Paris ce jour-là mais chez mon frère à Clamart.

- Admettons. Ensuite, nous n’avons pas eu de nouvel indice concernant l’assassinat de votre épouse, sauf un règlement de comptes qui a fait disparaître la piste d’un truand qui était peut-être impliqué.

- Je ne sais pas, monsieur le commissaire.

- Pour une raison que j’ignore, vous étiez à l’hippodrome de Compiègne hier, alors que nous y étions aussi pour la filature d’un homme probablement impliqué dans le blanchiment d’argent à l’aide de courses truquées. Comment expliquez-vous cela ?

- Je vous assure que c’est le hasard, je me suis souvenu d’un individu qui s’était fait passer pour un artiste peintre pour ensuite nous faire miroiter des placements afin de nous escroquer.

- Ah bon ? Pouvez-vous m’en dire davantage ?

- Voilà : il lisait toujours les résultats hippiques et je me suis décidé à le retrouver sur les lieux où il pouvait parier. Ce « Justin » qui signait « JR » trempait dans des affaires douteuses. Figurez-vous qu’hier, il a gagné une liasse de billets sur une course et il en a donné presque autant à un autre homme. Ma plus grande erreur est d’avoir emporté une arme pour l’impressionner. Je vous ai déjà raconté la suite… une détonation m’a crispé et j’ai tiré.

- Voilà qui est très intéressant !, fit Valentin Sébille en se tenant le menton entre le pouce et l’index. Sauriez-vous reconnaître celui qui a emporté tout cet argent parmi plusieurs suspects que l’on vous présenterait ? Bien entendu, cela resterait confidentiel et vous seriez sous notre protection.

- Bien sûr, et ce sera volontiers si cela permet de faire avancer l’enquête. J’espère que cela va alléger la peine de mon… meurtre accidentel…

- Vous n’avez pas tué celui qui se faisait appeler Justin. Le rapport de balistique est formel, la balle mortelle provient d’un autre canon. Maintenant que votre arme a été confisquée, vous êtes libre, à condition de ne pas quitter la ville sans nous prévenir. Désormais nous vous considérons comme un témoin, conclut Valentin Sébille avec un geste pour indiquer à un policier de raccompagner le visiteur. Je ne vous retiens pas plus longtemps.

- Je suis… libre ? Merci… merci beaucoup !!! Vous pouvez compter sur moi. Au revoir monsieur le commissaire, fit Antoine Dubreuil avant de se laisser escorter vers la sortie. Il se sentit reprendre vie, grâce à l’espoir de contribuer à l’identification d’un malfrat du réseau de l’assassin de son épouse.

***

Telle une poussière volcanique, la suie des locomotives ternissait autant les poumons des cheminots que les murs de la gare Saint-Lazare. Sur un quai, Alphonse Carmet se fraya un passage dans la foule, de sorte à monter parmi les premiers, déposer sa valise de cuir brun sur le porte-bagage et s’installer confortablement pour les trois bonnes heures de voyage jusqu’à Barentin.

Toujours sur le qui-vive, il excellait dans sa capacité à récupérer par siestes intermittentes pour échapper aux arrestations et aux règlements de comptes. Alors il vit défiler quelques paysages et ouvrit de nouveau les paupières lorsqu’il perçut le bruit caractéristique du premier passage au-dessus d’un méandre de la Seine.

Le réseau venait d’être racheté à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest par l’administration des chemins de fer de l'état. Il se distinguait par les ouvrages d’art, des ponts métalliques, des longs tunnels dont celui de Rolleboise. Au sud de Rouen la locomotive obliqua pour franchir une nouvelle fois la Seine grâce au viaduc d’Eauplet.

Le train venant de Paris s'arrêta en Gare de la Rue Verte, profondément creusée entre deux tunnels, au grand désagrément des voyageurs. En attendant le départ du train, Alphonse Carmet garda un œil attentif sur son bagage et sortit de son veston une demi-baguette garnie de jambon et de cantal pour calmer son appétit.

Lorsque Rouen fut enfin dépassé, il restait au tueur encore vingt kilomètres avant sa destination. Il se rendit alors au wagon-restaurant afin de boire un café incognito. Bien concentré sur sa mission, il anticipa durant de longues minutes les réactions possibles de son futur interlocuteur.

Sa réflexion fut interrompue par les deux tunnels de Pissy-Pôville annonçant l’arrivée sur Barentin. Tandis que le train roulait lentement sur le viaduc courbe enjambant la vallée de l'Austreberthe, Alphonse Carmet empoigna sa valise et se plaça près de la porte de sortie.

En quittant la gare, il prit la direction du domicile d’un ancien complice. Les ordres de Palatino ne lui laissaient quasiment aucune latitude hormis de choisir une méthode pour éliminer le gêneur. Cette fois-ci, Le Rapace était encore du bon côté du règlement de comptes mais il n’aimait pas la perspective de devenir le dernier maillon du réseau.

***

Ponctuel comme un coucou suisse, Lucien vint apporter La Gazette de France à la loge d’Hortense vers l’heure du déjeuner. À peine eût-il refermé la porte en empêchant Édouard de sortir, que le comportement du garçon éveilla le sens de l’observation de la concierge :

- Pourquoi regardes-tu autant vers le sol ? on dirait que tu as fait une bêtise !

- Oh non, rien d’important, fit-il sans trop relever le bout du nez.

- Mais dis-moi, tu as un beau coquard ! Tu t’es battu avec qui ? Dans quelle embrouille t’es-tu encore fichu ?

- C’est pas ma faute… y’a un autre livreur de journaux qu’a traité Louise de chat noir porte-malheur. Alors j’y ai dit qu’il était rien qu’un blanc-bec de chtimi. On est allé en découdre dans une ruelle. Avec ce que j’y ai collé dans le pif, je pense qu’il recommencera pas.

- Félicitations pour ta bravoure ! Si tu veux, reste ici jusqu’au repas. Ta protégée ne va pas tarder à revenir du marché. As-tu regardé s’il y a du nouveau sur le concours de danse ?

- Oui M’dam Hortense. Y’a un couple de Viennois qui va participer. Y paraît qu’ils remportent tous les championnats. Ils sont imbattables !

- Aïe… et justement voilà Louise ! Vite, planque le journal, il faudra trouver le bon moment pour lui enlever toute illusion de gagner.

Pareille à une mésange amoureuse, la jeune femme fit son entrée en fredonnant l’air de « L’Heure exquise ». Avec le panier d’osier, elle fit un barrage juste devant les moustaches d’Édouard, toujours aussi épris de la minette noire. Sitôt entrée, elle décrivit sa matinée comme s’agissant d’une promenade au jardin d’Eden, tant la vie lui semblait merveilleuse :

- Le maraîcher est été particulièrement charmant, il m’a offert une botte d’asperges. Le fromager m’a donné quatre œufs quand je lui ai dit que j’allais faire un soufflé au gruyère.

- Mmmmh !!! On va se régaler !

- Tu es radieuse ma Lisou, j’espère que tu conserveras ta bonne humeur si vous ne remportez pas le concours de valse…

- Avec Théophile, j’ai l’impression que l’on a beaucoup de chances de tirer notre épingle du jeu. Dis-lui comment on danse, Lucien.

- C’est vrai qu’y sont beaux avec M’sieur Lebrun, mais on ne connaît pas les autres couples de compétiteurs. Y’a peut-être des anciens professionnels…

- Dis-moi Lucien, tu as un œil au beurre noir ! Dans quelle mauvaise combine  es-tu allé te fourrer ? As-tu encore essayé d’entrer aux vestiaires des femmes à l’Opéra ?  

Tandis que le garçon racontait une version édulcorée de sa bagarre, le commissaire Lebrun, à quelques centaines de mètres de là, ne pouvait s’empêcher de penser à son rendez-vous du soir.

Malgré sa volonté de rafler le premier prix de valse et le plaisir de revoir Louise le soir même, il craignait de voir s’échapper ce bonheur éphémère. Au moins, l’idée de voyager avec elle à Barentin éveillait en lui un agréable sentiment protecteur.

La sonnerie de son téléphone le fit presque bondir :

- Commissaire Lebrun ?

- Oui, c’est moi. À qui ai-je l’honneur ?

- Valentin Sébille à l’appareil. Il y a du nouveau sur la piste du « Rapace ».

- Que s’est-il passé ?

- Il a été aperçu à la gare Saint-Lazare. J’ai envoyé un télégramme à Barentin pour que l’on me signale tout événement suspect. Je viens de recevoir une information qui ne relève probablement pas du simple hasard.

- Que s’est-il passé ?

- L’ancien contremaître de chez Blanlait vient d’être retrouvé pendu à une poutre de son domicile. Cela ressemble à un suicide mais la coïncidence est troublante…

 

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Commentaires (1)

misslou
  • 1. misslou | 02/06/2019
Bien contente de découvrir le dizième chapitre des Aventures de Louise et le petit résumé, en cours de récit, qui retrace la ligne principale du livre, est bienvenu. L'auteur nous fait languir sur le sujet des préparatifs du concours de danse et nous fait douter du succès de Louise et Lebrun, avec l'apparition de ce couple de danseurs viennois...

Par contre, à Barentin, la situation n'est pas éclaircie et il faudra quelques talents aux auteurs "pour boucler la boucle" et arriver progressivement à trouver un coupable et une solution finale après tous ces revirements de situation. J'attends la suite, en juillet donc !

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