Une aventure de Louise d'Escogriffe - ch 13

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Résumé du chapitre précédent

Louise va chez Octave Blanchard, et le peintre lui apprend qu’un homme louche au nez incurvé comme un rapace rôde dans les parages depuis qu’elle pose comme modèle. Elle se demande s’il y a un lien avec le décès de madame Dubreuil.

En poursuivant le chat Édouard en fuite, Lucien arrive jusqu’aux halles de Paris, où il entend une discussion sur un projet d’incendie de journal. Il pense qu’il s’agit de la Gazette de France et il va voir la voyante du côté de Notre-Dame. Elle ne lui apprend rien.

À l’hippodrome de Longchamp, Alphonse Carmet alias « le Rapace » fait un pari important sur une jument mal cotée. Malgré une péripétie, c’est bien le cheval sur lequel « le Rapace » a misé qui gagne la course.

Lucien a rassemblé d’autres livreurs de journaux afin de surveiller à tour de rôle la Gazette de France. À lui la charge de récupérer la clef de Louise pour accéder au téléphone et de prévenir le commissaire Lebrun de faire intervenir la police en cas de tentative d’incendie.

Le même soir, Louise et Théophile répètent pour le concours de valse, avec la mise en scène proposée par le commissaire d’arriver comme un couple fâché. Comme unique spectateur, Lucien attend le moment opportun pour déballer l’affaire de l’incendie.

Tandis que « le Rapace va à l’académie de billard, « Palatino » l’invite à monter dans sa voiture et lui demande où en est l’élimination des témoins de leur étrange affaire. « Le Rapace » explique à son patron que tout est en cours de résolution, hormis Louise et Théophile qui fouinent. « Palatino » demande au « Rapace » d’être prêt à intervenir.

 

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Louise chapitre 13 manuscrit 1Louise chapitre 13 manuscrit 1 (218.42 Ko)

Louise chapitre 13 manuscrit 2Louise chapitre 13 manuscrit 2 (174.63 Ko)

 

Chers membres de Écrivons un livre,

Le manuscrit numéro 1 a été choisi pour figurer dans le chapitre 13.

Auteurs, vous avez jusqu'au 30 novembre pour nous envoyer vos propositions.

 

Chapitre 13

                                                                                                     

Théophile Lebrun n'avait pas beaucoup dormi.

Prévenu à vingt-trois heures de l'arrestation du Rapace et de l'agression de Louise, il s'était rhabillé en toute hâte, pour filer au plus vite, au 24 rue Croix des Petits Champs.

Hortense et la concierge du 24 entouraient une Louise aux yeux rougis, à la mine si triste. Ce petit visage habituellement souriant et aimable, consterna Théophile, tant il exprimait la peine et le désarroi. Elle racontait toute la scène, avec difficulté. Ses mots étaient entrecoupés de sanglots tandis qu'elle évoquait la main de cuir sur sa bouche et la peur de se sentir si vulnérable et si démunie.

Il fut convenu qu'Hortense resterait dormir chez son amie du 24 et Théo raccompagna Louise au 18, afin qu'elle regagne sa chambre. Il passerait la nuit dans la loge à veiller personnellement sur elle, l'interrogatoire de Carmet attendrait bien.

Théo fit chauffer un peu de lait, ce qui intéressa Edouard, étonné que ce nouveau maître des lieux remplace Hortense, mais comme il eut sa part de lait tiède, il estima que tout allait pour le mieux. En prime, il eut un câlin de Louise, qu'il ressentit, toute tremblante et émue, alors il ronronna de plus belle pour l'apaiser, tandis qu'elle buvait le bol de lait chaud que lui tendait Théo. Ce dernier à force de paroles réconfortantes réussit à calmer son amie, qui exténuée, alla se coucher.

Théo promettait de veiller :

- Je laisse la lumière allumée. Dormez tranquille, rien ne peut vous arriver à présent, je suis là, ne vous inquiétez pas.

- Merci Théo, c'est si gentil de votre part.

- Reposez-vous bien, Louise, vous en avez besoin.

Il l'entendit se moucher, tandis qu'il tournait dans l'espace de la loge. Il effleura du doigt la statuette représentant deux danseurs, il jeta un œil sur la couverture du livre posé sur la table de nuit d'Hortense et bientôt, il perçut la respiration tranquille dans la pièce à côté. Louise avait fini par s'endormir. Il grattouilla la tête du gros chat blanc et noir puis s'installa dans le fauteuil. Mentalement, il réfléchissait à l'enquête et à la nouvelle tournure qu'elle prenait. Ce Carmet allait devoir faire très attention. A présent, on n'était pas d'humeur à supporter quoique ce soit ! Il parlera et sans tergiverser. Je n'aurai aucune patience. Aucun scrupule à le bousculer, cet oiseau de malheur, lui qui s'en prend à une personne aussi exquise que Louise.

***

 « Demandez la Gazette de France ! Lisez les dernières nouvelles ! » 

Lulu avait une petite mine, « les dernières nouvelles, elles ne sont pas brillantes », pensa-t-il !

En effet, un entrefilet parlait de la façon dont Louise d'Escogriffe avait été agressée par Alphonse Carmet, le fameux Rapace, bien connu de la Police. Le journaliste de la  Gazette expliquait de long en large, comment les policiers chargés de surveiller les locaux du journal avaient «  vaillamment » et «  au péril de leur vie » porté secours à la jeune femme et arrêté le malfaiteur au terme d'une âpre lutte..

« N'empêche, pensa le jeune garçon, j' l' avais bien dit qu'y aurait du grabuge ! » 

S'il n'était pas mécontent d'avoir donné l'alerte, il s'en voulait de ne pas avoir, malgré tout, assuré sa surveillance de nuit : sûr, qu'il aurait raccompagné Louise et que ça aurait contrarié les plans du Rapace ! Sûr, qu'on aurait pu éviter tout ça …

Ce matin, en arrivant pour prendre son travail, dans tout le hall, chacun donnait un avis ou un commentaire sur les évènements de la veille au soir. Alors bien sûr, Lucien avait fait un saut à la loge pour voir Louise :

- Elle est encore choquée, tu sais Lulu ! Il lui faut un peu de temps pour s'en remettre, lui avait dit Hortense, tout en remplissant les boîtes aux lettres, avec le courrier que le facteur venait de déposer.

- Alors, j'pourrais la voir, ce soir, rue Rousseau ?

- Je ne pense pas Lulu. Elle va cesser pour un temps d'assurer son travail, le soir. Elle aurait trop peur d'être seule dans les bureaux vides et de rentrer à vingt-deux heures, tu comprends....

Lulu comprenait. Et comme il s'en voulait. Il était reparti d'un pas trainant prendre son poste à Palais Royal pour trouver les premiers clients de sa journée, mais le cœur n'y était pas et l'agréable douceur de cette matinée de juillet ne parvenait pas à alléger ses pensées.

***

Du côté de Nogent sur Marne, un homme en costume gris, cravate assortie, tournait les pages de son journal en maugréant, assis à la terrasse du Café de la Place. Il avait un visage rond, une bouche mince et bien peu de cheveux. Il semblait contrarié :

« Carmet s'est encore fait avoir ! Quel balourd ! Il a échoué par deux fois, pensa-t-il ! Il n'a pas déclenché l'incendie des locaux de la rue Jean Jacques Rousseau comme convenu. Et cette Louise d'Escogriffe s'en est sorti ! C'est quand même pas compliqué de maitriser une donzelle ! »

Pour le coup, ça commençait vraiment à sentir le roussi … Palatino se leva en laissant quelques pièces de monnaie près de sa tasse vide. Il lui fallait rapidement prendre ses dispositions.

Tout en marchant dans les rues de Nogent, il poursuivit ses réflexions. Décidemment son équipe se résumait maintenant à bien peu d'hommes. « Le Rapace est en garde à vue. Le bègue n'en parlons plus, il ne trainera plus avec ce Justin, morts tous les deux. Ce JR n'était pas de l'équipe de toute façon, mais c'était toujours pratique de faire affaire avec lui, sur les champs de courses. Quant à Jules, Palatino ne l'aime pas beaucoup et il ne traite que rarement avec lui. Il marche dans de drôles de combines immobilières et Palatino ne joue pas sur ce terrain. Son truc, c'était surtout les coffres-forts, à la belle époque. Mais les temps changent... »

Palatino quitta le grand boulevard et tourna dans une petite rue pour regagner sa  Peugeot dernier modèle.

« J'espère que Carmet tiendra tête à ce petit commissaire en chapeau gris. Nous sommes trois à craindre ses confidences à ce Lebrun. Mais il a tout intérêt à charger Jules, à leur raconter comment il a zigouillé le bègue, ça devrait les intéresser. Il n'est pas très finaud, le catcheur, mais il sait qu'on ne touche pas à Palatino... Il faudrait que je remette la main sur Dumont, aussi. Ce brave Arsène. Toujours à l'abri dès que le vent tourne ! Il pourrait bien m'être utile pourtant celui-là... »

Et il tourna la manivelle, avec énergie, pour faire démarrer sa superbe voiture. Soucieux, il se mit au volant et s'éloigna doucement....

***

Assise près de la fenêtre, Léonie n'en croyait pas ses yeux. Elle avait entendu parler des évènements de Barentin et du soi-disant suicide du contremaître de Blanlait. Gustave, elle le connaissait bien, un brave gars. A la fermeture de la laiterie, il avait commencé un petit élevage de chèvres et il vendait ses fromages. Léonie vivait à Bouville et quand elle prenait le car pour Barentin, à six kilomètres, elle passait lui acheter ses crottins. Et voilà, maintenant, que noir sur blanc dans le journal, on parlait d'une agression rue Croix des Petits Champs ! Sa petite Louise était la cible de ces malfaiteurs ! Elle l'avait toujours dit, Paris est une trop grande ville, pleine de malfrats, il ne faisait pas bon vivre là-bas.

Louise était en danger. Léonie en était toute secouée. C'est quand même elle, qui s'était occupée de la petite fille. Elle avait travaillé pour les d'Escogriffe, une famille renommée dans la région. Elle avait consolé Louise, prise dans la tragédie de cette affaire. Elle l'avait recueillie à la mort de sa mère, quelques années plus tard. Ce n'est qu'une fois jeune fille, qu'elle l'avait laissée rejoindre sa cousine Hortense. Elle avait reçu quelques cartes postales de la capitale. Léonie ouvrit le tiroir de sa commode :

La Tour Eiffel, et quelques lignes au dos « Je suis bien arrivée. Hortense m'a cédé sa chambre. Elle est vraiment gentille. Je cherche du travail. Je te tiens au courant. Je t'embrasse très fort, Léonie, signé Louise ». Et puis, le Jardin des Tuileries  « Je travaille à l'entretien des locaux de la Gazette de France. C'est juste à côté. Je suis contente. Tout va bien. Je pense bien à toi, je t'embrasse – Louise »

La Gazette de France ! Et aujourd'hui, elle annonce que ma petite Louise est la victime d'un Rapace ! Et que faisait-elle dans les rues, si tard ? Oh Mon Dieu, mon Dieu !

                                            

***

RAPPORT D'INTERROGATOIRE

d 'ALPHONSE CARMET , dit le RAPACE.

- COMMISSARIAT de la RUE BONAPARTE. PARIS 6ème ARR.-

Etant en service ce 7 juillet 1910,

moi, l'agent Guy Philippin, assistant du Commissaire Théophile Lebrun, qui a mené l'interrogatoire d'Alphonse Carmet, 53 ans, suite à l'agression avec préméditation de Louise d'Escogriffe, 22 ans, hier soir 6 juillet 1910 vers 22 heures 30, rue Croix des Petits Champs,

retranscris fidèlement, les aveux d'Alphonse Carmet, ci-dessous :

Préambule : Le Commissaire a rappelé que le prévenu A.Carmet s'était rendu coupable du cambriolage du journal « La Gazette de France », le 21 avril 1910 avec son complice, Arsène Dumont. Il a rappelé que le prévenu A. Carmet était recherché pour le meurtre de Justin Revignon, le 12 juin 1910, sur l'hippodrome de Compiègne. Il a rappelé que le prévenu A. Carmet est accusé du meurtre de Gustave Martineau, 78 ans, retraité après avoir été contremaître chez Blanlait à Barentin, Seine-Maritime, le 28 juin 1910.

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Le chef d'accusation concernant ce rapport accuse A. Carmet, d'agression sur la personne de Louise d'Escogriffe, en date et lieux mentionnés ci-dessus.

Déclaration proprement dite de l'accusé A. Carmet : Je soussigné Alphonse Carmet, 53 ans, reconnaît les faits qui me sont reprochés. Je cite l'accusé :

« Mais je n'y suis pour rien pour le meurtre à Compiègne, c'est Antoine Dubreuil qui a tiré sur Justin. (Le commissaire Lebrun souligne que l'expertise des armes prouve le contraire). Je voulais pas lui faire du mal à la demoiselle. Juste lui faire peur. »

A la question, pour qui Carmet a-t-il commis tous ces crimes et cette agression ? le coupable n' a pas apporté de réponse.

A la question, Sergio Palatino est-il à la tête de toutes ces affaires ? Le coupable n'a pas apporté de réponse.

L'accusé A. Carmet a reconnu qu'il travaillait à Barentin de novembre 1898 jusqu'à la fermeture de l'entreprise Blanlait. Il travaillait sous les ordres de Gustave Martineau, contremaître, mais il ne le fréquentait pas, en dehors du travail. Il nie avoir un lien avec le suicide de son patron à l'époque, Raoul d'Escogriffe et nie avoir tué G. Martineau en ajoutant «  Même les suicides , vous voulez me les mettre sur le dos ! » Il affirme qu'il ne connaissait pas l'identité de la jeune fille qu'il a agressé, hier. Pour lui, elle n'était que la femme de ménage de la Gazette. ( Le Commisssaire Lebrun a fortement questionné l'accusé à ce sujet, mais il n'est pas revenu sur son affirmation)

L'accusé A. Carmet a expliqué que Justin Revignon faisait équipe avec Dédé. ( Le commissaire Lebrun a précisé qu'André Gontier était bègue). Justin est réputé pour fréquenter les champs de courses. Il coopère aussi avec un certain Jules ( A. Carmet prétend ne pas connaître son nom de famille) qui lui, est connu pour tremper dans des affaires immobilières douteuses. Il afffirme que c'est Jules qui a tué le bègue, trop gênant et trop repérable.

A la question Jules connaissait-il Les Dubreuil ? L'accusé à répondu par un haussement des sourcils. (Le commissaire Lebrun l'ayant fortement poussé à répondre, il a admis que : oui.)

L'interrogatoire reprendra plus tard dans la journée.

Fait à Paris, le 7 juillet 1910

Agent Guy Philippin.

***

Louise reprenait des couleurs. Avec Hortense, leur petite vie suivait son cours, plus posément, dans la loge. Les deux cousines ne se quittaient pas et Lulu était passé après sa tournée. Il faisait tout son possible pour faire sourire Louise, racontait les anecdotes qu'il avait observées dans Paris et finalement, il fit une jolie surprise à Louise pour lui faire plaisir. C'était le moment de lui montrer ses progrès avec le cadeau qu'elle lui avait fait. Une petite mélodie entrainante remplit l'espace de la loge, un air d'harmonica qui redonna un peu de joie à la jeune femme :

- C'est l'cousin de ma voisine qui m'a entendu m'entrainer ! Y sait en jouer ! Alors y m'a un peu montré comment faire !

- Bravo Lucien, tu te débrouilles déjà très bien. Elle avait souri ! Il était content ! Et il reprit le seul air qu'il connaissait en ajoutant quelques petites variantes.

***

- Bonjour, je voudrais voir le commissaire Lebrun, s'il vous plait.

La vieille dame, un peu forte dans sa robe bleu marine et qui s'épongeait le front devant l'accueil du commissariat de la rue Bonaparte, avait l'air déterminé. Elle portait un grand sac en tissu à fleurs, en plus de son volumineux sac à main.

- Qui dois-je annoncer ? demanda fort civilement l'agent de faction.

Peu habituée à ces égards, elle répondit doucement :

  •  

- Léonie Fonquier.

L'agent monta l'escalier et c'est un homme élégant, jeune, brun, qui en descendit bientôt et qui vint vers elle. Léonie reconnut le commissaire que l'on voyait sur la photo du journal.

- Etes-vous la Léonie qui a élévée Louise ?

- Tout à fait Monsieur le Commissaire. Et je viens de Bouville, pour la voir. J'ai lu dans la presse tous les évènements d'il y a deux jours. Je ne viens jamais à Paris, mais là, Louise a besoin de moi.

- Je pense qu'en effet, elle sera rassurée par votre présence. Elle va bien, mais tout cela l'a quand même fragilisée. Mais vous avez bien connu la laiterie Blanlait en 1899, voudriez bien m'en parler quelques instants avant que je vous emmène rue Croix des Petits Champs, pour voir Louise... ?

Et il invita Léonie à s'asseoir dans un petit bureau du rez de chaussée pour lui éviter de monter les escaliers, autant par prévenance que par impatience d'entamer leur discussion ...

***

Arsène Dumont se planquait. L'homme maigrelet fumait cigarette sur cigarette. Tout ça le rendait malade. Carmet en garde à vue, ça aussi ne lui disait rien de bon. Il redoutait, derrière ses volets fermés, de voir débarquer toutes les polices de France et de Navarre.

« Ouvrez ! Police ! Cette fois, votre compte est bon ! »

Ou alors il avait l'impression de voir la bouille ronde de Palatino dans le reflet d'un miroir ou dans un coin d'ombre du couloir ! Il en faisait des cauchemars !

***

Sur le seuil de la loge, les deux cousines se parlaient :

    • Bonne nuit Hortense ! C'était une si bonne soirée, tu ne peux pas savoir comme ça me fait du bien que Léonie soit venue jusqu'ici.

    • Bien sûr que je le sais. Tu revis depuis qu'elle est là ! Il faut dire que c'est un personnage ! Elle a son franc parler et en même temps des pudeurs de jeune fille quand elle raconte le passé.

    • J'aime bien quand elle évoque l'ambiance d'autrefois, de la maison, ses anecdotes sur mes parents, j'aurais bien voulu...

    • Elle a dit qu'elle parlerait plus tard, du drame, de Gustave Martineau, et tout, et tout, quand tu seras… comment elle a dit ?  Ah oui, quand « tu seras remise sur pied ! »


Elles rirent toutes les deux et Hortense quitta la loge et traversa l'entrée, pour monter le bel escalier. En effet, avant le diner, elles avaient changé les draps dans la chambre de Lucie, sous les toits. Hortense dormirait là-haut, laissant la loge à Louise et à Léonie. Cet arrangement était le plus pratique finalement et Hortense avait assuré à sa cousine, qu'elle ne voyait aucun inconvénient à passer la nuit dans une chambre de bonne parmi les demoiselles du 6ème étage.

                                                         

***

Le commissaire Lebrun avait fait chercher Carmet. L'interrogatoire reprenait.

- Alors mon petit Alphonse, si tu me parlais un peu de ton travail à Barentin ?

Lebrun avait quelques atouts dans son jeu maintenant que, grâce à Léonie, il se représentait mieux les évènements de cette époque et les terribles problèmes auxquels Raoul d' Escogriffe avait été confronté.

L'homme répondait évasivement. Bien sûr qu'il ne parlerait pas de Palatino, de la pression qu'il avait exercé sur le Raoul. C'est qu'il avait du blé le Raoul, une petite fortune personnelle, des titres, des bons du Trésor et j'en passe. Bien sûr qu'il ne dirait pas comment Palatino lui avait fourni des bactéries, la salmonelle, cette bactérie qui à coup sûr, contaminerait le lait et créerait une intoxication alimentaire des consommateurs. Un bon moyen de forcer le Raoul à sortir son oseille ! Et il était coriace ! Mais Carmet ne racontait que l'organisation du travail, les locaux, ses relations avec les autres ouvriers....

Lebrun écoutait le récit lent et très inintéressant de Carmet. Il sentait bien, tout ce que taisait cet homme lassé mais finaud. Il voyait bien que jamais il ne citerait Palatino, comme cerveau de ce petit scénario, sans y être absolument forcé...

Alors le commissaire annonça cartes sur table, des éléments précis qui commencèrent à faire vaciller Carmet.  Le ton de l'interrogatoire montait sensiblement, la partie s'animait maintenant et Lebrun acculait le Rapace, avec encore d'autres atouts, qu'il avançait un par un, certain qu'à un moment, il obtiendrait les aveux de ce criminel sans scrupules....

 

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