Une aventure de Louise d'Escogriffe - ch 14

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Bonjour,

Voici les deux manuscrits en compétition pour le chapitre 14 "d'une aventure de Louise d'Escogriffe".

C'est le manuscrit n° 2 qui a été sélectionné.

Nous arrivons bientôt à la fin de l'histoire... auteurs, vous avez jusqu'au 31 décembre pour nous retourner votre dernière proposition pour cette aventure.

 

Louise chapitre 14 - manuscrit n°1Louise chapitre 14 - manuscrit n°1 (146.7 Ko)

Louise chapitre 14 - manuscrit n°2Louise chapitre 14 - manuscrit n°2 (177.08 Ko)

Résumé du précédent chapitre

Théophile Lebrun est prévenu à vingt-trois heures de l'arrestation du « Rapace » et de l'agression de Louise. Il passe lui rendre visite dans la loge de concierge d’Hortense au 24, rue Croix des Petits Champs.

Le lendemain, Lucien distribue la Gazette de France, dans laquelle un article signale l'agression de Louise. Il apprend qu'elle était encore choquée et qu'elle ne viendrait pas travailler pendant plusieurs jours.

Du côté de Nogent-sur-Marne, Sergio Palatino est contrarié par les échecs successifs d'Alphonse Carmet. Palatino peut encore compter sur Arsène Dumont et espère que Carmet va dénoncer Jules l'élégant pour se faire libérer.

En Normandie, à Bouville, Léonie Fonquier apprend l'agression de Louise par le journal. Elle est bouleversée car elle a encore le souvenir de s'être occupée de Louise quand celle-ci avait perdu sa mère.

L'interrogatoire d'Alphonse Carmet dit « Le Rapace » se tient au commissariat de la rue Bonaparte, dans le 6e arrondissement. L'accusé avoue avoir agressé Louise D'Escogriffe mais nie le meurtre de Justin Revignon dit « JR » à Compiègne. Alphonse Carmet nie également le meurtre de l'ancien contremaître de Raoul D'Escogriffe, Gustave Martineau. Ainsi que l'espérait Palatino, « Le Rapace » affirme que c'est Jules « L'élégant » qui a tué Dédé « le Bègue ». Il ajoute que Jules connaissait forcément le couple Dubreuil.

Plus tard, Léonie Fonquier se rend au commissariat de la rue Bonaparte afin de rencontrer Théophile Lebrun. Après avoir discuté de l'affaire Blanlait, elle se rend chez Hortense afin de rencontrer Louise.

Lorsque l'interrogatoire d'Alphonse Carmet reprend, Théophile peut s'appuyer sur la version de Léonie pour  tenter d'obtenir les aveux d'Alphonse Carmet sur le meurtre de Raoul D'Escogriffe...

 

Chapitre 14

- Allo ! Commissaire Fougiard à l'appareil ! J'aurais voulu parler au Commissaire Lebrun.

La voix était autoritaire mais un accent chantant en adoucissait agréablement le ton.

On se dépêcha de trouver Théophile qui répondit sans tarder. Alors, ses collègues virent passer sur son visage, tour à tour, l'étonnement, la concentration, le ravissement, il réclama d'un geste de la main de quoi noter, il s'empressa de poser plusieurs questions et griffonna, avec entrain, des réponses qui semblaient le transporter de félicité !

- Je ne manquerai pas de vous informer de la suite donnée à cette affaire, Commissaire, euh...

- Fougiard !

- Oui, Fougiard, de Toulon, c'est bien cela... C'est un éclairage tout nouveau que vous apportez à l'affaire Dubreuil. Je vous en suis très reconnaissant...

Théo ne tarissait pas de remerciements et les collègues, impatients, attendaient de savoir de quelles informations, il fallait se réjouir. Quand enfin, Théo reposa sur sa fourche, le lourd combiné noir, les autres étaient toute ouïe, autour de lui.

- Je n'en crois pas mes oreilles ! Je viens d'apprendre qu'à Toulon, ils ont découvert une arnaque de première, dans un petit village, .... attendez...

et Théo consulta ses notes,

- à « Saint-Tropez », un petit village, trois maisons, personne ne connait... Deux parcelles, en bord de mer ont été achetées par Jules Mezié et elles ont été réunies : trois cents mètres de plage, une friche de garrigue et ….

Le téléphone, juste à coté de Théophile, sonna à nouveau. Il décrocha... Le coup de fil fut si bref, que déjà il rassemblait ses troupes :

- Vite, Valentin a besoin de renfort ! lança Théo à toute son équipe. Comme on se relaie pour faire parler Carmet, ça y est, Le Rapace a craqué ! Valentin a une adresse, on y file...  Philipin, Guilleau avec moi, dans la Panhard ! Les autres, prenez le fourgon et direction Champs-sur-Marne...

***

Comme il était bon de se retrouver dans le parfum de Léonie, cette odeur de lessive et de sucreries. Qu'il était doux d'entendre le son de sa voix, de s'amuser de ses petites manies. Toutes les trois, elles avaient sillonné Paris, Léonie voulait voir, la Tour Eiffel, bien sûr et le Sacré-Coeur. Elles avaient fait le marché aussi, Léonie voulait leur mitonner « une cocotte de poulet au cidre », une recette normande qui rappelait des souvenirs à Louise. Elles parcouraient les étalages...

- Il est bon mon melon ! Goutez le melon de Cavaillon !

Les commerçants faisaient la réclame et vantaient leurs volailles, leurs fruits, leurs légumes... Léonie acheta un beau poulet, des oignons jaunes et un bouquet de coriandre. Pour le cidre et le calvados, on passerait à la boutique de la rue de Valois.

- Il me faut du beurre et de la crème fraîche aussi !

- Nous en trouverons un peu plus loin, recommanda Hortense, chez la crémière du marché, viens...

Une fois rentrée à la loge, Léonie commença à préparer son poulet, concentrée et gaie, elle chantonnait en coupant les oignons, comme si cette chanson faisait partie de la recette. Bientôt, des effluves de bonne cuisine emplissaient l'espace, le poulet dorait dans le four. Edouard fermait à-demi ses yeux de plaisir, couché en sphinx sur le fauteuil, couvant la cuisinière-magicienne du regard.

- Louise, aurais-tu un peu de thym et de laurier, s'il te plait ?

On chercha dans un petit sac brodé accroché près du calendrier. Il indiquait le 9 juillet et Louise sourit en pensant que dans cinq jours, des bals feraient danser tout Paris et peut-être, danserait-elle aussi...

***

Arsène n'en menait pas large. On venait de tambouriner à sa porte et des gouttes de sueur perlèrent sur son front. Il se figea, attendant que l'autre insiste ou s'en aille.

- Dumont, je sais qu'tu es là ! Ouvre ! C'est Jules ….

Jules ! s'étonna-t-il … que me veut -il celui là ? Il redoutait la Police ou Palatino, alors surpris, il alla ouvrir. Jules entra dans la petite entrée de ce pavillon de banlieue et tranquille, il passa devant Arsène, pour aller s'asseoir à la table de la cuisine.

- T'as pas un truc à boire ? Il fait une chaleur à mourir ….

Arsène sortit une bouteille de bière du frigo et remplit deux verres. Les deux hommes  buvaient, silencieux. Jules faisait l'inventaire, du regard, de cette cuisine en bazar, petite et mal éclairée. Il posa son verre et dit :

- Ecoute Dumont. Je vais pas te faire un dessin, on est dans l'pétrin. Carmet va peut-être tenir bon... ou pas... Moi je m'inquiète un peu. C'est surtout rapport à Dubreuil. Et si j'étais toi, j'm'inquiéterais aussi, t'as pas vu Palatino ces temps-ci ?

En face de lui, le teint vert, la main tremblante serrant son verre, Arsène Dumont suait à grosses gouttes. Comme il semblait trop nerveux pour trouver un début de réponse, Jules continua :

- Voilà c'que je te propose. J'ai plus un seul gars pour finir le boulot et il faut vraiment que Dubreuil soit écarté d'la circulation, si tu vois c'que je veux dire. Alors tu m'aides sur ce coup-là et ensuite j'te paye des vacances au bord de la Méditerranée, histoire de te faire oublier de tout le monde... Tu vas pas rester dans ton trou à rat à attendre qu'ils débarquent ?

En effet, Arsène sentait qu'il n'avait pas beaucoup le choix. Il redoutait son patron, mais ce Jules lui en demandait trop... Comme s'il lisait dans ses pensées, l'autre ajouta :

- J'te demande pas de retourner dans le quartier de la Gazette, je sais, c'est un peu risqué... mais Dubreuil va souvent au Père Lachaise, voir la tombe de sa moitié. Tu m'aides, on le coince entre deux monuments funéraires et on lui règle son affaire. A nous deux, c'est du tout cuit, c'est moi qui te le dis.

Arsène allait répondre mais du bruit dans la rue, lui fit tendre l'oreille. Des voitures se garaient, des portières claquaient et déjà on frappait vigoureusement à la porte.

- C'est les condés ! On est fait...

Arsène se leva, affolé, ça y est ! Il arrivait maintenant ce moment tant redouté. Mais il n'était pas seul et il reprit son calme pour murmurer à Jules :

- Viens, il y a la porte du jardin !

Et ils filèrent par derrière, mais sitôt les pieds dans le gazon, ils virent les policiers armés, prêts à tirer, aucune possibilité de fuir. En effet, Valentin et ses hommes avaient escaladé le portail et s'étaient positionnés pour les accueillir. Impossible de repartir à l'intérieur, on les arrêta, on les menotta et ils montèrent dans le fourgon. Entre temps, Théo qui contrôlait la porte sur la rue, avait rejoint son collègue :

- Si toutes les arrestations pouvaient s'effectuer aussi simplement, notre travail serait un plaisir, n'est-ce pas Valentin ! En plus, on vient pour cueillir Dumont et on a un cadeau, en prime ! Deux pour le prix d'un ! On ne s'est pas déplacé pour rien !

       - Evidemment avec des aveux et une adresse, il faudrait être manchot pour ne pas coincer ces zigotos ! Et Valentin se mit à rire en donnant une bonne tape dans le dos de Théo !

- C'est vrai qu'on a quand même réussi à le faire craquer, le petit Carmet... mais celui qu'il me faudrait maintenant, c'est Palatino et là, je sens qu'on va moins s'amuser....

Et Théophile, accompagné de son ami, remonta dans son automobile pour suivre le fourgon qui, bien rempli, s'éloignait.

***

Théophile se sentait porté par le vent de la réussite. Tout le puzzle prenait forme. Après Carmet, Jules venait de concéder bon nombre de révélations et en se remémorant sa déclaration, Théo marchait d'un bon pas vers la rue Croix des Petits Champs. A peine avait-il franchi le porche que ces dames de la loge l'apostrophèrent :

- Théo, vous avez raté le festin que Léonie nous a préparé, mais il reste de  la tarte aux pommes à la Normande !

- Merci bien Louise. Je passerai dès que j'aurai vu Antoine Dubreuil, si vous le voulez bien. Je pense que nous tenons le comment et le pourquoi de toute cette affaire. A tout de suite...

 

Et il monta les marches du bel escalier, de quelques enjambées, pour atteindre le deuxième étage et sonner chez M. Dubreuil. Ce dernier devait s'attendre à entendre bien des reproches car il avait caché un projet en cours et des infos essentielles pour l'enquête. Mais quand Théo vit la mine de papier maché du mari d'Yvonne, ses cernes bleutées et sa maigre chevelure en bataille, il s'adoucit.

- Entrez, je vous en prie, dit le vieil homme, comme un automate récitant des formules de politesse.

- M Dubreuil, nous avons arrêté Jules Mézié.

 Dubreuil souleva un sourcil et une lueur plus vive éclaira son visage, toujours d'une pâleur à faire peur.

- J'apprends de sa bouche, que vous étiez en pourparlers sur un projet immobilier en bord de Méditerranée, le nom du village m'échappe...

- Saint-Tropez, compléta doucement Antoine.

- En effet et c'est Justin, le soi-disant peintre de la Place du Tertre qui vous avait suggéré ce placement. Vous étiez emballé par l'idée d'un hôtel haut de gamme, en bord de mer, mais votre femme était très réticente...

- Oui, Yvonne disait qu'un artiste est rarement un bon homme d'affaire.

Tout en parlant, il regardait le tableau, le crépuscule orangé sur ce ciel violet, accroché sur le mur du salon et il revoyait le jour où il l'avait acheté avec Yvonne. Ce jour où toute l'histoire avait commencé.

- Votre femme n'avait peut-être pas tort. Savez-vous que vous étiez six à financer cet hôtel ? Six, que Jules Mézié avait convaincu d'avancer une bonne somme d'argent pour démarrer les travaux...

- Je ne le savais pas, mais pourquoi pas ? A six, on a plus de moyens...

- Pourquoi pas ? Parce que, et c'est le Commissaire Fougiard de Toulon qui a découvert le pot aux roses, parce que ce terrain n'est pas constructible ….

Antoine Dubreuil resta un instant, abasourdi. Il gratta son menton pas rasé et semblait faire mentalement le bilan de tout l'argent qu'il ne reverrait jamais.

- Quelle somme aviez-vous engagé dans ce chantier fantaisite ? Et pourquoi vous ne m'en aviez pas parlé ? reprit Théo d'une voix qui se voulait compatissante.

- Mais c'est que je n'ai rien versé... et, je pense, que pour cela, Justin est venu intimider ma femme, hostile au projet, elle disait que c'était une entreprise de gens malhonnêtes. Je me suis rallié à son point de vue, alors évidemment que je ne tenais pas à raconter tout cela. Mais je n'ai rien versé, pourtant vingt mille francs ont été tiré de mon compte. J'étais fou de rage, c'est ce qui m'a décidé à me débarrasser de ce Justin, là où je savais le trouver, sur les champs de courses.

Théophile savait tout cela. Jules avait tout raconté par le menu. Une fois Yvonne assassinée, alors que Justin ne devait que la menacer pour la faire céder, Jules n'était pas plus avancé. Il a alors chargé Justin de se rattraper, et d'aller fouiller la chambre de Lucie, la petite servante des Dubreuil qu'il avait courtisée et ensuite tuée, elle aussi, par précaution. Il s'agissait de trouver la signature de Dubreuil. Elle figurait sans doute sur des feuilles de paie de Lucie ou sur son contrat de travail. Ensuite, des traites en bonne et due forme ont été falsifiées avec la signature de Dubreuil. Plusieurs petites sommes, mais qui au final, laissent un cruel trou dans le compte en banque du vieil homme. Ce dernier pensait s'être vengé, puisque Justin était hors de nuire maintenant. Mais ce qu'il ignorait, c'est que Jules Mézié était l'instigateur de toute cette arnaque. Il ne fut même pas satisfait outre mesure de cette nouvelle, ni de savoir que cette crapule était sous les verrous. Le vieil homme ne reprenait pas le dessus, sans Yvonne, il se laissait aller et il raccompagna le Commissaire Lebrun, d'un pas traînant. Théo serra une main molle et se promit en lui-même d'essayer d'en dire deux mots à Hortense pour qu'elle s'occupe un peu, de ce malheureux.

En redescendant l'escalier, il respirait déjà mieux. Comment en vouloir à ce pauvre bougre ? Tout cela avait pas mal retardé l'avancée de l'enquête, mais on en voyait le bout.

- Aaaah ! Théo !

Ils étaient tous à l'attendre dans la loge, curieux des derniers rebondissements de l'affaire Dubreuil. Théophile s'assit devant une part de tarte aux pommes et un verre de cidre et raconta, tout en se régalant, son entrevue avec Antoine.

- Ce Justin a donc embobiné Lucie, résuma Hortense, pour lui soutirer des renseignements afin de rentrer au bon moment chez les Dubreuil pendant que l'ouvrier bègue faisait le guet...

- Et sans doute avec ta clé, continua Louise, car Lucie n'en possédait pas !

- Le gredin ! Et en plus, il s'est infiltré dans la chambre de Lucie pour voler ses papiers ! On ne l'a jamais su ! Mais, mon Dieu, on rentre dans mon immeuble, comme dans un moulin !

- Il y a plus grave Hortense, c'est qu'il a tué cette pauvre Lucie après avoir assassiné sa patronne ! Et tout cela pour de l'argent, pour une sombre escroquerie ! termina Louise.

Léonie écoutait toute l'histoire, médusée et cela la confortait dans l'idée que Paris est bien mal fréquenté et qu'il s'y passe de drôles de choses. Elle débarrassa la table tandis que Théo promettait de venir diner pour le 14 juillet, Léonie avait annoncé une recette de gigot de derrière les fagots !

***

Toc, toc, toc ! C'était le facteur, toujours en forme, sur son vélo et bien matinal, cette fois !

- Bonjour Hortense ! Voici le courrier et je vous apporte aussi la Gazette ! J'ai lu les gros titres et je suis bien content d'apprendre que la Police a coffré une bonne partie de la bande... Vous devez être soulagée et aussi la petite dame !

- En effet, merci ! répondit-elle en prenant un gros tas de lettres et le journal bien plié. Tout ça, c'est des magouilles pour dépouiller les riches ! Dans quel monde on vit, je vous l'demande ! Vous voulez un petit café, avant de commencer la journée ?

- Non, merci Hortense ! Votre voisine du 24 vient de m'en offrir un et bien corsé, on dirait qu'aujourd'hui je vais carburer ! Je serais entrainé pour le prochain Tour de France ! Et je parie que j'aurai fini ma tournée bien avant midi ! A demain !

Et il reprit son vélo, plein d'énergie, en rêvant aux coureurs partis de Paris, il y a quelques jours pour ce huitième Tour de France qui commençait à passionner les foules...

***

En sortant de la loge, Théophile avait pris la main de son amie et ils étaient sortis tous deux discrètement. Louise était amusée de cette manœuvre habile, de ce charmant détournement de jeune fille ! Elle le suivait docile. Il ne lâchait pas sa main, marchant, un peu vite, et elle trottinait à ses côtés en souriant. Il parlait en balançant légèrement son bras, elle aimait bien cela. Il racontait les derniers évènements, prenait l'accent méridional en expliquant l'appel téléphonique du Commissaire Fougiard et Louise riait de bon cœur. Il continua son récit, on sentait qu'il était content de voir chaque question trouver sa réponse et ainsi ils arrivèrent au square de la rue de Valois pour amener Louise jusqu'au banc où ils s'installèrent tranquillement.

- Louise, je voulais vous parler...

- Je vois cela, je n'ai même pas eu le temps de prendre mon chapeau, avec ce soleil... - Il fallait bien qu'elle ronchonne un peu pour la forme.

- J'en suis désolé mais...

- Laissez. Je suis contente d'être ici, avec vous Théo. Et puis l'été va pouvoir commencer, sans plus avoir à s'inquiéter. Je me sens mieux à présent, je vais pouvoir reprendre mon travail à la Gazette, sans crainte et c'est grâce à vous.

- C'est vrai, l'affaire Dubreuil est pratiquement classée. Mais mon objectif n'est pas encore atteint : il me reste à mettre la main sur Palatino, c'est lui qui est à l'origine des événements de Barentin.

Louise frémit. Théophile avait-il des éclaircissements sur la mort de son père, maintenant ?

Il savait qu'il fallait ménager Louise, alors Théo s'approcha un peu d'elle et reprit sa main dans la sienne.

- Je peux vous affirmer à présent, que votre père a enduré un chantage odieux. Palatino le pressait de lui verser de grosses sommes et il avait chargé Carmet de contaminer les cuves de lait avec une bactérie qui rendrait malades les consommateurs. Votre père n'avait pas bien compris, tout d'abord, qu'il pouvait faire désinfecter les locaux tant qu'il le voulait et les faire laver à grande eau, cela ne résoudrait rien ! Le problème venait de la malveillance de ces deux malfrats. Quand la seconde fois, il a réalisé que c'était une volonté criminelle de lui nuire, qu'il y perdrait sa clientèle et qu'il a vu sa laiterie fermée, c'était un coup dur de trop, après quatre mois difficiles et il s'est suicidé. Il n'en faut pas douter.

- Mais pourquoi n'a-t-il pas fait appel à la Police ?

- Dans ce genre de chantage, il n'est pas rare qu'une menace l'ait découragé de le faire : « Si tu parles à la Police, on va s'occuper de ta femme et de ta fille ! » C'est sans doute ce qu'il s'est entendu dire...

- Comme il a dû se sentir seul, dit -elle la voix brisée à cette idée.

- Venez marchons un peu. Je vous promets que ce Palatino ne l'emportera pas au paradis. Je mettrai toute mon énergie, pour l'arrêter et qu'il soit jugé.

Ils revenaient lentement du square, un moment pensifs et silencieux. Théo tenait toujours la main de Louise et avant d'arriver rue Croix des Petits Champs, il déposa un baiser sur le bout de ses doigts.

- Louise, je voudrais vous inviter pour le bal du 14 juillet... Vous viendrez ?

- Oh ! Théo ! Bien sûr, j'en rêvais ! Et elle passa ses jolis bras autour de son cou, pour déposer un baiser sur sa joue.

C'était un bel après-midi d'été. La chaleur n'était plus étouffante, l'air semblait soudain plus léger. Louise respirait. La capitale redevenait belle et accueillante, l'avenir plein de promesses. Les gens autour d'eux levaient le nez vers le ciel, pointant le doigt dans la direction d'une jolie montgolfière jaune et bleue, qui survolait, paisiblement, Paris. On n'en voyait pas souvent et ce spectacle impressionnait les gens, étonnés et admiratifs. Ils restèrent un moment à regarder la petite nacelle accrochée à cette énorme ballon !

Puis Louise reprit le bras de Théophile. Ils marchaient tous les deux par les rues de la ville et à présent, la vie semblait leur sourire.

***

                                                                                                     

 

 

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