Une aventure de Louise d'Escogriffe - ch 15

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Voici enfin, après 4 ans de gestation, "Une aventure de Louise Descogriffe" s'achève. Cela n'a pas été sans mal, mais le résultat en vallait la peine.

Nous remercions chaleureusement tous les auteurs qui ont participé à cette expérience hors du commun. Cela nous aura apprit qu'il est difficile parfois de travailler ensemble mais que dans l'union, de belles choses prennent naissance.

Mais l'aventure ne s'arrête pas là. Nous allons maintenant réfléchir sur la possibilité de publier l'ouvrage. Bien sûr, cela risque de prendre encore beaucoup de temps car il nous faudra fournir de nouveau beaucoup de travail afin que le résultat flate, comme il se doit, le talent et l'investissement de nos auteurs.

Merci également à tous nos sélectionneurs et personnes qui se sont investies, de quelque façon que ce soit, dans cette aventure. Merci aux membres de "ecrivonsunlivre.com" qui ont eu la patience d'attendre ce jour, merci aux personnes qui ont parlées de notre projet, merci à celles qui nous ont soutenues.

Nous n'allons pas trop distribuer de remerciements aujourd'hui car nous ne saurons plus quoi dire lorsque le roman paraîtra !

Mais la solidarité et l'union ne doivent pas s'arrêter là. Nous avons encore besoin de béta-lecteurs pour relire le manuscrit et corriger les imperfections grammaticales et orthographiques, nous avons besoin d'idées et de soutien afin de continuer. Votre soutien est important, et nous remercions les auteurs qui ont suivit ce projets jusqu'au bout, car sans eux, et nous ne parlons pas que de leurs écrits, mais sans leur volonté farouche d'arriver à mettre un mot fin à l'histoire, nous aurions lâcher l'aventure plus d'une fois.

Car la solidarité, c'est aussi être là dans les moments de doutes, c'est un soutien moral pour remotiver les troupes. Si nous sentons une présence nous continuons.

Cette transition également pour vous faire part de l'éventualité de fermer le forum d'écriture. Ce qui avait porté le site à ses débuts ne fonctionne plus. Nous n'avons plus de personnes désireuses d'écrire dans nos petites histoires collectives. Il est vraissemblable que "ecrivonsunlivre.com" change un peu de visage. 

Si vous avez des idées ou des suggestions à faire à ce sujet, nous sommes preneur !

En attendant, nous vous laissons découvrir la fin de l'aventure de Louise.

Voici les deux manuscrits qui étaient en compétition pour le dernier chapitre de notre aventure !

Chapitre 15 proposition 1Chapitre 15 proposition 1 (456.58 Ko)

Chapitre 15 proposition 2Chapitre 15 proposition 2 (307.04 Ko)

 

Chapitre 15

 

Dimanche 10 juillet,

dans la troisième course à Compiègne,

miser sur le n° 7 «  Rose de Picardie »

C'est l'agent Philipin qui venait de remettre à Théophile, ce message sur un petit bristol. En effet, chargé d'un dossier sur les courses truquées, l'agent Philipin était assez fier du résultat.

Après avoir épluché en détail les pages consacrées au tiercé dans les archives de la Gazette de France, puis mené sa petite enquête sur le terrain, il avait une liste non seulement des chevaux impliqués dans les victoires douteuses, mais aussi quatre noms d'éleveurs à qui appartenait l'ensemble de ces étalons.

Théophile l'avait vivement félicité pour ce beau travail et il avait eu une idée... Il avait déjà obtenu de Jules beaucoup d'informations et il avait donc demandé à son subalterne de repérer une prochaine course où un cheval de la liste serait au départ, pour tendre un piège à Palatino...

En effet, ce dernier n'était sans doute pas encore au courant de l'arrestation de Jules. Il fallait compter sur cet atout et vite l'utiliser.

Jules étant très coopératif durant ses interrogatoires, sa politique étant sûrement d'essayer d'adoucir sa peine en se montrant docile, Théo était sûr de persuader Jules,  de faire passer le message de ce petit bristol à Palatino.

- Parfait, Philipin. Pour la suite, je m'en occupe....

Et Théo pensait également à la carrière de son agent qui mériterait bien un avancement....

***

Louise revenait tranquillement de chez Octave Blanchard. Les séances de pose prenaient fin et pour cette dernière fois, Lucien ne l'avait pas accompagnée. C'était Léonie qui était venue avec elle à l'atelier, afin de voir le tableau. Il était terminé, le client serait sûrement satisfait, car cette Diane chasseresse au port altier, dans sa tenue blanche contrastant avec l'arrière plan composé de verts et de bleus plus sombres, forçait l'admiration. Léonie ne tarissait pas d'éloges pour cette magnifique toile.

Le peintre n'avait plus de commande nécessitant que Louise pose pour lui et elle revenait mi-contente, mi-contrariée, expliquant à Léonie, tout ce que peut ressentir un modèle.

- En tout cas, tu es devenue une bien jolie jeune femme, Louise. J'espère que la vie t'offrira toutes les chances d'un bel avenir, après les heures sombres de ton passé. Je n'ai pas eu d'enfant, mais avoir une fille comme toi, Lisou, quel bonheur ce serait !

    • Mais tu sais bien que je serais toujours ta petite Louise ! Et elle prie le bras de Léonie, reconnaissante et tendre envers celle qui avait toujours été là pour elle.

                                                              

***

Jules regarda le petit bristol après avoir écouté la demande de Lebrun.

Les deux hommes étaient tranquillement installés dans le bureau de Théo et Jules s'était assis devant le sous-main en cuir bordeaux, Théophile avançant vers lui le porte-plume et l'encrier.

- C'est que.... je n'envoyais jamais un message de ce genre. Trop risqué. Nous avions une façon déguisée de communiquer...

- Et bien.Allez-y. Transformez cette information, selon l'habitude.

Alors Jules se mit à réfléchir et rédigea sur une demi-feuille de papier blanc, le message suivant :

Merci de faire porter

dimanche 10 juillet, au 3 rue Victor Hugo

à Compiègne, un bouquet de 7 roses

pour remercier notre amie.

Théophile sourit. Le stratagème était habile !

Il tendit alors l'enveloppe à Jules, qui écrivit :

Claudio Francesco

en Poste restante

Coeuilly

Palatino avait ainsi toutes les chances de tomber dans le panneau ! Il le coincerait à la Poste ou sinon à l'hippodrome  de Compiègne, dimanche, quand il irait parier en espérant encaisser sans risque, ses gains frauduleux.

Très bien Jules. On va pouvoir l'attendre tranquillement aux Postes et Télégraphes de Coeuilly, c'est près de Nogent sur Marne, je crois...

C'est ça.... et les messages devaient y arriver pour le jeudi, afin de prévenir pour les courses de la fin de la semaine.

- Entendu. Alors il n'y a pas une minute à perdre !

 

L'enveloppe était à Coeuilly dans les heures suivantes et le lendemain, jeudi 7 juillet, deux policiers en civil surveillaient dès leur ouverture, les locaux de la petite Poste, feuillettaient les annuaires comme des clients, en attendant que Palatino vienne chercher son courrier. Le guichetier avait été prévenu....

***

Lucien s'était improvisé «  maître de formation » auprès d'un jeune Simon, tout juste embauché par le directeur de la Gazette. Il lui montrait les bonnes techniques de vente, lui présentait le quartier où il devait travailler, le secteur de la Place Vendôme à la Madeleine et comme Simon ne connaissait personne à Paris, Lucien lui avait proposé de loger dans son repaire, le temps de trouver mieux. Il venait de Melun, placé chez un oncle si grincheux, que Simon s'était débrouillé pour essayer d'améliorer son sort dans la capitale. En plus, il savait jouer de l'harmonica ! Alors, Lulu ne pouvait pas rater ça. Donnant, donnant avait-il dit ! Tu m'apprends de nouveaux airs et moi, je te donne toutes les ficelles du métier de vendeur de journaux. Ils avaient craché par terre et scellé ainsi leur nouvelle amitié.

***

A quinze heures, dans les locaux des P & T de Coeuilly, nos deux policiers étaient interpelés par de vigoureux coups de tampons que le guichetier frappait avec force. Puis son regard insistant les alerta ….  Ce n'était pas Palatino, mais apparemment une ravissante jeune femme qui partait avec la fameuse lettre écrite par Jules.

Grande, brune, une jupe noire froufroutante et un corsage rouge, elle s'en allait par les avenues ensoleillées, comme une italienne dans les rues de Florence.

Ils la suivirent jusqu'à une petite place ornée de quatre marronniers. Les autres policiers en attente dans le fourgon garé non loin de la Poste s'étaient déployés et ils étaient maintenant une demi-douzaine à s'engouffrer sous le porche où venait d'entrer la belle italienne...

Sergio Palatino fut arrêté dans sa maison, en deux temps, trois mouvements, sans rien comprendre !

***

Demandez la Gazette de France ! Une arnaque immobilière ! Une escroquerie dans les courses hippiques ! La Police parisienne triomphe partout ! Quatre truands sous les verrous ! Lisez la Gazette !

Ah, on l'entendait de loin, Lucien ! Il donnait de la voix et ne cachait pas sa joie ! Il était content pour Louise et Théophile : elle pouvait enfin respirer et elle avait retrouvé le sourire. Lulu était aussi admiratif de Lebrun. En plus, ils se plaisaient ces deux-là, pour sûr !  Et lui était chanceux, car il avait trouvé en Simon un bon copain et il se faisait une bonne petite vie dans leur abri de la rue des Mathurins. Tout allait décidément bien !

Le soleil de juillet avait un éclat de victoire. Lucien ne mit pas longtemps à finir sa tournée, il alla retrouver Simon pour lui donner un peu d'aide, puis ils coururent rue Jean-Jacques Rousseau, leur petit sac en toile contenant la recette leur battant le flanc. Ils escaladèrent quatre à quatre l'escalier et se retrouvèrent nez à nez avec Louise.

- Doucement les garçons ! Justement voici l'occasion de vous inviter jeudi prochain à la loge, tous les deux et la petite équipe des vendeurs.

- Pour faire la fête !

- Mais oui, venez à l'heure du diner et nous irons pour la soirée, au bal du 14 juillet !

***

Si Lucien se réjouissait de bientôt passer la soirée avec ses amis de la loge, il était ravi aussi de l'invitation rue Roquépine en début d'après-midi. Quand il arriva dans la salle de billard, Valentin et Théo en bras de chemise n'avaient pas encore commencé la partie et ils discutaient et blaguaient autour de la table de billard en installant le jeu avec le triangle de bois prévu à cet effet.

- Ah, viens Lulu ! Mademoiselle, ajoutez un panaché pour le nouveau joueur s'il vous plait.  Valentin, je te présente Lucien, il travaille à la Gazette de France et il a bien épaulé Louise durant ces derniers mois si mouvementés.

Lulu sentit le rouge lui monter aux joues. Quel accueil ! Quel cas Théo faisait de lui ! Et en plus, on lui tendait une queue de billard, enfin il allait pouvoir s'essayer à ce jeu après l'avoir tant observé. Et ils jouaient avec deux commissaires prestigieux de la Police parisienne, quelle promotion ! Son premier coup n'était pas mal du tout. Sur la pointe des pieds pour être davantage à hauteur de la table, la casquette en arrière pour bien voir le jeu, il connut  « la chance des débutants » et reçut de vifs encouragements de la part de ses deux partenaires de jeu. Ensuite, il fut un peu débordé et malgré les conseils, il finit la partie honorablement, mais bon dernier. Mais quelle bonne après-midi il avait passé ! Quand il raconterait tout cela à Simon et à Louise....

***

  

...Que d'agitation dans le bel escalier !

Hortense et Louise sortent de la loge, ravies de voir arriver les demoiselles du 6ème ! C'est fête aujourd'hui, bien sûr !

Pour ce 14 juillet, elles ne sont pas les dernières ! Celle-ci a choisi une longue jupe bleue, un caraco blanc et un châle rouge. Celle-là, une belle robe blanche toute ornée de dentelles. Et la dernière est  coiffée d'un petit chapeau tricolore du meilleur effet. Elles viennent toutes à la loge.  Car Léonie a renoncé à préparer un gigot et a lancé l'idée d'une soirée -crêpes, avant d'aller danser. D'ailleurs la concierge du 24 arrive en renfort, avec une magnifique pile de crêpes encore fumantes. Monsieur Dubreuil, invité, a descendu plus lentement les deux étages pour se joindre à la compagnie. Sur le trottoir, car la loge est trop petite, Lucien, Simon et la troupe des vendeurs de journaux se font ravitailler par la fenêtre grande ouverte. Le pauvre  Edouard, planqué sous le lit, est impatient de voir tout ce monde s'en aller. Quant à Louise, elle est impatiente de voir Théophile arriver...

Que de bruit dans le petit espace où chacun nappe sa crêpe de confiture de fraises ou de marmelade d'abricots. On remplit les verres de mousseux, on trinque à  Paris, à la France et à la fête.

Enfin, Théo arrive, acclamé par toutes ces dames. On lui tend une coupe pétillante. On le félicite de la prise de Palatino, acte hautement héroïque, autant que la prise de la Bastille et quand toutes les assiettes sont vides, la joyeuse équipe part en cortège jusqu'à la Concorde où le bal a déjà dû commencer.

Léonie donne le bras à Monsieur Dubreuil. Le visage blanc de ce dernier contraste avec les bonnes joues rouges de sa cavalière ! Suivent Simon et Lucien, jouant d'un parfait unisson sur leurs harmonicas, puis Hortense au bras de son amie du 24 tandis que les trois demoiselles chantent à tue-tête et enfin Louise, radieuse, au bras de Théophile. Tous les deux, ils se murmurent quelques promesses, quelques secrets à l'oreille, autant de petits mots doux... Le cortège approche de la vaste Place de la Concorde. On ne dansera pas sur un beau parquet glissant quelques valses bleues... Mais quel plaisir, ils auront à marteler les pavés de Paris, pour danser au son d'un accordéon quelques danses endiablées, dans les lumières de la fête qui se reflétent dans la Seine. Finis les malheurs ! Finies les peines ! Louise, plus jolie que jamais, sent Paris tourner dans sa tête et se serrant contre Théo, elle est prête à tourbillonner jusqu'au bout de la nuit.

Mais vers minuit, la foule les entraine jusqu'aux Champs Elysées. Toute la petite équipe remonte la magnifique avenue vers l'Arc de Triomphe d'où fusent les premières gerbes du feu d'artifice. Il y a beaucoup de monde. Louise tient la main de Théo et aussi celle de Lucien. Elle se sent comblée par la vie et son cœur éclate aussi fort que les bouquets de lumières qui illuminent le ciel de Paris !

FIN

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Commentaires (1)

misslou
  • 1. misslou | 19/01/2021
On peut dire " Bravo !" à tous les auteurs, "bravo" à la persévérance de tous et de chacun pour mener à bien ce roman communautaire !
"Bravo " à Marie Laure qui est à l'origine de ce projet d' Ecrivons un livre.
Une expérience qui doit être assez rare, d'un livre écrit à plusieurs auteurs.
C'est une belle aventure d'écriture et j'espère que "Les Aventures de Louise d' Escogriffe" pourront être publiées.

Merci de tes voeux et de ceux, magnifiques de Jacques Brel en page d'accueil.
Et une très bonne année 2021 à tous les lecteurs, les auteurs et les amis de Ecrivons un livre !

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