Libre dans l’écriture

Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant nommée Georges Sand et Sidonie-Gabrielle Colette, sont deux grandes romancières n’ayant vécu que pour leur liberté et leur indépendance. Leur indépendance financière elles la trouvèrent dans l’écriture. Ecrire était convenable, écrire était accessible. Mais ni l’une ni l’autre ne prenait plaisir dans l’écriture

Georges commença à écrire pour sortir de sa vie de femme mariée sans gout alors que Colette était le nègre de son mari, ce que le tout Paris savait… Colette écrivait sans gout mais par obligation, divorcée, l’écriture devint son « gagne-pain ».

Colette et sand 1

Mais le temps faisant, l’écriture vécue comme un véritable métier et impensable pour l'époque, les deux auteures cumulent travail et vie de famille, refusant de sacrifier l'un aux dépens de l'autre.

Georges Sand affirma sa liberté d’expression en s’engagement politiquement partir de 1848, inspirant Alexandre Ledru-Rollin, participant au lancement de trois journaux : La Cause du peuple, Le Bulletin de la République, l'Éclaireur, plaidant auprès de Napoléon III la cause de condamnés.

Liberté sensuelle et sexuelle

George Sand a fait scandale par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine, dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin, qu'elle adopte dès 1829

Colette ira plus loin,  Colette ose tout !

Colette provoque par ses gestes lesbiens (elle embrassera longuement la duchesse de Morny sur la scène du Moulin-Rouge), par ses travestissements scandaleux. A plus de quarante ans, alors que son mari la trompe, elle initie à l'amour le fils de son époux, Bertrand de Jouvenel, qui n'a pas encore dix-sept ans. Cette relation qui dure cinq années nourrira les thèmes et les situations dans « Le Blé en herbe ».

Le divorce d'avec Henry de Jouvenel sera prononcé en 1923. Comme elle le fera pour Willy dans Mes apprentissages, Colette se vengera de son ex-mari par un roman, Julie de Carneilhan. Et elle se mariera une troisième fois avec Maurice Goudeket (ce qui scandalise à cette époque où le divorce est condamné).

Colette veut tout, le plaisir, la liberté, le bonheur. Elle ne sera le sujet d’un autre que si c’est son bon vouloir.

«Je veux faire ce que je veux. Je veux jouer la pantomime, même la comédie. Je veux danser nue si le maillot me gêne et humilie ma plastique... Je veux chérir qui m'aime et lui donner tout ce qui est à moi dans le monde: mon corps rebelle au partage, mon cœur si doux et ma liberté! Je veux... Je veux! ...», écrit Colette dans « Les vrilles de la vigne ».

En 1945, Colette est élue à l'unanimité à l'académie Goncourt, dont elle devient présidente en 1949. Ayant vite compris que la célébrité passe par la maîtrise de son image, elle devient l'écrivain la plus photographiée du xxe siècle

Sand, elle, ne fut mariée qu'une fois mais multiplia les liaisons, souvent avec des hommes célèbres, qui défrayèrent la chronique

Colette et George Sand revendiqueront le plaisir féminin et qui plus est, en feront un thème romanesque et dévoilent ainsi au grand publique leurs opinions. Frigidité, frustration, insatisfaction: la jouissance féminine est enfin abordée ! 

Leurs ouvrages suscitent la polémique, des remarques misogynes... Les romans de Georges Sand seront même jugés responsables par un procureur lors de procès d’une jeune fille pour infanticide. Le clergé les juge odieux et ne seront plus publié dans les journaux.

La politique

George Sand fit de la politique, ce qui était exclusivement réservé aux hommes.

Aux Etats-Unis, la critique récupéra Colette et l'érigea en icône féministe malgré son dégout pour les suffragettes. Les « Claudine » étaient encore plus dangereuses que les suffragettes qui revendiquaient le droit de vote car elle revendiquait le droit au plaisir.

Maintenant, on peut les prendre pour des bêtes dépravées comme le disait Charles Baudelaire (qui soit dit en passant, ne mena pas non plus une vie exemplaire…)

"Voyez George Sand. Elle est surtout, et plus que tout autre chose, une grosse bête ; mais elle est possédée. C'est le Diable qui lui a persuadé de se fier à son bon cœur et à son bon sens, afin qu'elle persuadât toutes les autres grosses bêtes de se fier à leur bon cœur et à leur bon sens. Je ne puis penser à cette stupide créature, sans un certain frémissement d'horreur. Si je la rencontrais, je ne pourrais m'empêcher de lui envoyer un bénitier à la tête."

Mais ces deux romancières ont tout de même apporté énormément à la libération des femmes d'aujourd'hui, de par leurs actions (quelques unes seront peut-être encore qualifiées de choquantes aujourd’hui, mais au moins, elles sont allées au bout de leurs convictions) et par leur littérature.

Pour faire un bon livre Conseils en écriture devenir écrivain

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.