Assia-Printemps GIBIRILA - Maux, mots de femmes

Assia-Printemps GIBIRILA

Le hasard fait bien les choses...

C'est ma deuxième rencontre avec cette auteure, militante pour le droit des femmes et conférencière. Elle écrit depuis 2009 mais c'est en 2013 qu'eut lieu notre première entrevue lors de la sortie de son ouvrage “Elles”.  Ayant gardé un bon souvenir de son précédent livre, c’est sans hésiter que je me suis procuré "Maux, mots de femmes", avec, cerise sur le gâteau, sa petite dédicace.

Marie-Laure

Assia printemps gibirila

L'auteure :

Assia-Printemps GIBIRILA, auteure et conférencière consacre ses activités littéraires aux combats qui lui sont chers : le droit des femmes, celui des enfants ; sa lutte contre les racismes et sectarismes dans le monde.

Née à Bordeaux en 1958 d’un père béninois, Docteur Es Science, Docteur en Pharmacie, poète à ses heures et d’une mère conteuse moitié vietnamienne, moitié Congolaise de Pointe Noire.

Assia-Printemps GIBIRILA estime être l’héritière du savoir écrire et conter de ses parents. Après un parcours professionnel très atypique, entre la publicité, les dalles obscures des cinémas, l’esthétique, elle est aujourd’hui assistante sociale depuis une quinzaine d’années.

Assia printemps gibirila

L’œuvre :

« Maux, mots de femmes » est né d’une rencontre entre une chorégraphe européenne, engagée, fondatrice de la Compagnie de Danse UNCB en Ouganda et une auteure africaine vivant en France. Leur point commun : leur lucidité sur la condition des Femmes au travers du monde entier. L’une comme l’autre se questionnent sur les rôles, les prises de positions de ces femmes, quelles que soient leurs cultures et leurs origines au travers du monde » - (Avant-propos du livre)

Après « Elles » un instantané de situations féministes portées à la première journée du droit de la femme, cet ouvrage présente des situations faisant écho aux faits d’actualité qui nous ont bouleversés entre 2014 et 2015. L’enlèvement brutal des jeunes lycéennes à Chibok, l’histoire de l’enfant valise ou des témoignages plus discrets, sont les points de départ de ces morceaux de vie.

Maux mots de femmes

Extraits :

« Je suis prête. Tout est bien organisé, le passeur, l’argent, les adresses et contacts. J’ai laissé une longue lettre à mes parents pour leur expliquer mon projet. Je leur écrirai dès que je serai arrivée.

Mon ami douanier m’a accompagnée jusqu’au point stratégique. Je me suis installée. J’ai passé la douane sans problème. Il fait chaud. J’ai soif, j’avale avec quelques gouttes d’eau la petite gélule qui me permettra de dormir, de ne pas bouger pendant les huit heures de vol. J’ai une petite trappe que je peux ouvrir pour avoir de l’air.

La chaleur, la peur, la fatigue m’aident à m’endormir. »

« La façade de sa maison a fait peau neuve, c’est très luxueux. Mes parents ont été très surpris, car le père de mon amie a perdu son travail. Leur famille semblait pourtant rencontrer de très grandes difficultés financières ces derniers temps. Mais alors qu’elle devrait être dans les restrictions, elle affiche de plus en plus de signes extérieurs de richesse. Manifestement, il se trame quelque chose. C’est mon amie, on s’est toujours tout dit, pourtant je n’en sais pas plus.

De plus en plus souvent, ma presque sœur rate les cours, nous nous parlons très peu. Je me renseigne aussi au Centre Social. Elle n’y fait même pas d’apparitions. »

Petits mots des lecteurs

Marie-Laure de la Team

L’entrée dans l’ouvrage est fracassante. Après la première histoire, j’ai refermé le livre tant j’étais bouleversée. Cette première brève de vie fait référence à l’enlèvement des 276 lycéennes de Boko Haram en 2014 par les islamistes. Puis j’ai rouvert le livre et refermé après la seconde histoire tout aussi insoutenable.

Ce qui est poignant, c’est le style qu’emploie l’auteure : elle fait parler les femmes ou les femmes-enfants. Lorsqu’un petit enfant raconte avec ses propres mots des situations qui sont même intolérables pour des adultes c’est humainement difficile à lire.

Mais la vérité est ignoble et c’est comme cela que nous la projette Assia-Printemps, mais avec énormément de pudeur et sans énormément de description. En effet, elle nous laisse à notre imagination pour tenter de comprendre le pire.

En fermant “Maux, mots de femmes”, car je l’ai finalement lu pratiquement d’une traite, j’ai repris “Elles”, car il m’avait semblé avoir été moins choquée bien que certaines histoires de “Elles” soient contraires aux droits de l’homme. En fait, non, son style est le même, s’est seulement la violence du monde qui évolue vers le pire.

Deux histoires m’ont bouleversées, la première de ce recueil et la seconde, celle de la petite fille indienne incendiée parce qu’elle s’était refusée à un homme. Les brèves suivantes sont plus soutenables, certaines même plus douces, ont une fin heureuse.

Je vous invite vraiment à acquérir cet ouvrage. N’ayez pas peur de voir la vérité en face, car comme le dit l’auteure “la cruauté de certaines situations vécues par des femmes, quelle que soit la société où elles vivent, souligne le fait que l’avancée des femmes vers l’égalité, la vraie est encore loin.”. Quelle chance nous avons d’être bien née, dans un pays de droits et de liberté.

Vous découvrirez des femmes d’Afrique, d’Inde, mais aussi des Européennes qui peuvent souffrir de ne pouvoir porter des robes trop courtes. 

Liens

http://assia-printemps-gibirila.webnode.fr/A fric

  • Vous pouvez vous procurez ce roman dans notre sélection du mois.

Découvrez également « A’fric » paru depuis janvier 2017 aux éditions « Les plumes d’Ocris »

Un condensé d'émotions au regard des Turpitudes qu'a toujours connu l'Afrique d'hier mais également d'aujourd'hui.

  • hommage poignant mais réaliste sur ce continent
  • hommage aux victimes d'une politique impartiale et fratricide
  • hommage à ses racines !

 

 

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