Roman partagé - Mon conseil en écriture : Les personnages

Bonjour,

Aujourd'hui nous allons parler des personnages de mon histoire.

Je vais vous dévoiler mon fil conducteur et certains traits de trois protagonistes principaux.

J'ai hâte de recevoir vos commentaires.

Alors, prêts pour un petit retour encore plus loin dans le temps ? Je vous propose de découvrir notre héroïne dans son âge tendre.

Marie-Laure

S1 les personnages

Lire uniquement le roman – Page 2

MA DÉMARCHE - MES CONSEILS - Mon conseil en écriture d'aujourd'hui : Les personnages

Les personnages

Je songeai d’abord à une gentille femme, paysanne, avec peu de culture, mais très curieuse. Puis un vilain comte tomberait amoureux d’elle. L’héroïne ne répondant pas à ses avances, il se venge et la fait juger.

Bouh ! Trop classique. Le premier piège à éviter est d’avoir un personnage principal qui cadre avec la plupart des clichés auxquels s’attend le lecteur.

Et si le méchant était un prêtre ?

Non, ça ressemble trop au « Bossu de Notre-Dame ». Mais je ne quitte pas pour autant cette idée…

Il faudrait également un protecteur ou un ami : le trio infernal !! ça risque encore d’être monotone ou « téléphoné ».

Parallèlement, je continue mes recherches : les rois du XVe siècle, les guerres… Tiens, Jeanne d’Arc… je le note. Surtout que j’apprends que son procès a été révisé après sa mort et qu’avant la fin de ce siècle elle fut innocentée. Chose rare pour l’époque.

Il me faut également un lieu.

Saviez-vous que le purgatoire a été inventé en 1459 ? J’effectue des recherches sur les gargouilles, car il m’avait semblé qu’elles étaient sculptées pour faire peur aux paroissiens qui peut d’entre eux, savaient lire. Je constate que les premières gargouilles datent du début du XIIIe siècle, dont les premières furent logées sur la cathédrale de Laon en 1220.

Aïe, ça ne colle pas avec mon histoire. Ce n’est pas grave, je garde tout de même l’information précieusement.

Je découvre sur les illustrations de Violet le Duc, dont j’ai l’encyclopédie à la maison, que notre Dame de l’Epine en possède de singulières et de magnifiques. Je connais bien ses sculptures extérieures pour les avoir longuement observées. Et puis j’ai de la famille et des amis non loin de là. C’est ainsi que j’appris que certaines sculptures, « olé olé », furent façonnées par certains ouvriers en réponse à l’évêque de l’époque, très dur avec les gens du chantier. Étant également malvoyant il paraîtrait qu’il ne se soit rendu compte de rien. Anecdote à vérifier…

Toujours est-il que je venais de trouver le lieu parfait pour mon histoire, l’édifice ayant été construit de 1405 à 1527. Et puis, Notre Dame de l’Épine a inspiré Victor Hugo, Alexandre Dumas, Joris-Karl Huysmans, Paul Claudel et Paul Fort ! C’est un signe non ?

En poursuivant mes recherches, je découvre qu’à Sarry, non loin de l’Épine, se trouvait le Château des Évêques de Châlons. Ce château fut également le centre administratif de la France durant une centaine de jours en 1445, le roi y séjourna. Je note cette information sur ma ligne du temps.

Geoffroy Soreau de Saint Géran, évêque et comte de Chalons y vécu durant la période qui nous intéresse. Il se trouve également qu’il était l’oncle ou le neveu d’une certaine Agnès Sorel, première maîtresse royale légitime de l’Histoire.

Je tiens quelque chose… Peut-être le méchant de mon roman…

Mais je découvre qu’en fait, Soreau était un grand évêque, bon et généreux.

Flûte !

Je me retrouve donc avec les personnages suivants

  • Elle, l’héroïne qui sera vraisemblablement jugée pour sorcellerie
  • Un ami ou pygmalion, qui pourrait être l’évêque Soreau ou un personnage moins important comme un petit moine scribouillard à son service
  • Et j’ajoute le père de l’héroïne qui sera tailleur de pierre sur la construction de Notre Dame de l’Épine.

Et le méchant alors ?

Continuons sur les personnages

Je suis toujours à la recherche du méchant. Mes recherches documentaires ne menant à rien, je décide que ce sera un personnage fictif.

Je le souhaite surprenant. Je cherche, je cherche encore.

En attendant je construis l’histoire personnelle de chaque personnage ce qui me servira pour leurs traits de caractère. Tout ce que je sais ne doit pas paraître au public, il faut que je garde une partie de mystère mais en restant crédible. Car nous savons que c’est aussi le lecteur qui fabrique l’histoire, il ne faut pas lui mâcher tout tout cru. Un roman doit susciter son imagination.

Pour établir les fiches de mes personnages, il faut que je continue mes recherches sur l’évêque, sur le chantier de l’Epine, sur la vie des tailleurs de pierre de l’époque ce qui me donnera des indications sur le quotidien de mon héroïne.

Ce que je sais :

Geoffroy de Saint Géran

Dit Soreau, fut évêque et comte de Châlons de 1453 à 1503. En 1482, tout en restant évêque de Châlons, il devint abbé de Saint-Germain-des-Près. Ce changement d’abbé fut avantageux au monastère car ce prélat, qui avait de l’honneur et de la vertu, tâcha de réparer les fautes de son prédécesseur et d’être utile à ses religieux. Il fut le dernier abbé régulier de Saint Germain. Il fut présent aux sacres de Louis XI en 1461, de Charles VIII en 1484 et de Louis XII en 1498. En février 1487 (1488), il assista à la chambre suprême de justice contre le duc d’Orléans.

Même s’il reste un soupçon qu’Agnès Saurel eut sa part influente auprès du roi au bénéfice de son oncle (ou cousin selon d’autres historiens). Il semblerait que l’on ait beaucoup exagéré sont influence sur le roi Charles VII. Elle mourut le 9 février 1450 ce qui n’empêcha pas cet homme d’avoir une belle carrière exemplaire.

Tailleurs de pierre et maçons

Dans leur grande majorité, les tailleurs de pierre sont des hommes libres et sans attaches, recrutés selon leurs capacités par le maître d’œuvre ou le maître maçon qui dirige le chantier. Ils tendent à former une aristocratie du bâtiment à la fin du Moyen Âge et entrent parfois en conflit avec les maçons qui, selon eux, posent la pierre, d’où leurs noms de coucheurs ou d’asseyeurs, du mot assise qui signifie lit de pierres. Au début du XVe siècle, il n’est pas rare que ceux qui taillent la pierre soient davantage payés que ceux qui la posent, les maçons. Deux formes de rétribution sont attestées pour ce corps de métier : soit une somme forfaitaire pour un travail dit à la tâche ou bien un salaire dit à la journée ou à la semaine. (passerelles.bnf.fr)

Grâce à mes recherches, j’ai élaboré le profil du père de notre héroïne.

Ce tailleur de pierre reste seul avec sa fille. Sa femme est décédée (vous l’aurez compris) suite à une infection des bronches. Il est seul à l’élever au milieu du chantier. Petite, il la laisse aux bons soins de l’évêque.

On le paie à la journée et ne travaille pas le dimanche ni la trentaine de jours fériés non payés. Le travail s'arrêtait souvent le samedi après-midi. Il touche près de 48 sous par mois et est logé gracieusement par l’évêque dans une petite pièce du château, avec les employés de maison. Sa fille y était à demeure, lui seulement le dimanche. À cela s’ajoutait souvent des avantages comme des rations supplémentaires de vin, de nourriture et même de bois de chauffage car il dormait en semaine sur le chantier avec les autres ouvriers de notre Dame de l’Epine.

Notre tailleur de pierres possédait son outillage propre il y prenait grand soin car il s’agissait d’un véritable capital, non pas tant du fait de son coût mais parce qu’il représentait le moyen de gagner sa vie.

Très habile dans son métier, il enseignerait à sa fille toute l’histoire de la construction de la basilique. Il lui assure une vie sereine.

Le méchant

Je l’ai ! Mais je ne vous en dirais rien afin de garder le suspense…

(Retrouvez quelques documents et illustrations de recherche sur le compte pinterest du site Pinterest)

 

Le roman

15

mai 1478

 

 

Prière

 

Vrai Dieu, souverain Roi des rois, de par la pitié supernelle1.

À vous ne plaise Seigneur Dieu, aux vêpres, ma Mère c’est éteinte et maintenant que sonne la prime2 je viens vous prier.

Nous disons « Dieu vous garde » afin de souhaiter le bon jour, que n’avez-vous su garder ma mère vivante ?

Notre bon évêque m’a dit que ma douce mère était maintenant auprès de vous, après tant de souffrance. Et j'en suis au fait, c'est surtout  la douleur de me laisser seule qui était la plus ardente. Elle s’est éteinte gentiment, mais le cœur pleurant. Il serait bienséant de vous prier humblement et sans rancœur, mais je ne m’y contrains guère.

Donnez-moi allégement du mal que j’ai et qui est cause de ma fâcherie contre vous. Trouver la paix en implorant la grâce de certains Saints, je n’y crois pas, je préfère vous confier directement mes mots, c’est plus sûr et puis c’est vous qui devez entendre ma colère, car vous en êtes responsable. Autant ce vaux mon ange gardien que je ne prierai plus, à moins que vous ne m’en désigniez un autre qui fera son ouvrage en convenable mesure.

Vous avez retenu pour vous seul ma mère, si aimante à mon égard, alors que j’en ai tant besoin. Que n’avez-vous pensé à votre petite Alayone qui vient vous tenir compagnie chaque jour, comme une bonne amie, sans jamais manquer une prière, des matines aux complies ? Je vous raconte les gens d’ici, afin que vous en saisissiez la vérité, car je sais que certains omettent fais ou gestes ou en diaprent3 d’autres. Je pensais avoir vos grâces.

Pourtant je vous avais bien informée de la maladie de ma tendre mère. Hier encore je vous rapportais qu’elle avait le corps trop brûlant et que sa toux la fatiguait de plus en plus, au point de ne pouvoir plus me parler. Les remèdes de cet homme de science n’ont eu aucune prise sur son état fiévreux. Il était même effrayant avec son masque hideux au long nez pointu, ce n’était pas de la peste dont souffrait ma mère ! Que n'avait-il besoin de soumettre notre regard un tel accoutrement ? Nous voulions faire appeler la guérisseuse, mais elle a eu peur pour sa vie. Il semblerait qu’elle doive se montrer discrète, car quelques langues se sont déliées. Ma pauvre mère était blanche comme la craie de Notre Dame dont mon père taille les pierres. Sa peau cireuse reluisait comme les cierges portant votre flamme.

Notre bon évêque m’a dit que c’est vous maintenant qui serez veillant de mon bien-être. Je suis dans l’espoir que vous y mettrez autant de ferveur que ma douce mère et bien plus que l’ange qui devait la protéger. Que n'êtes-vous le roi divin, qu’ici, c’est elle qui était notre reine.

Puissiez-vous également prendre soin de mon père qui a bien de la peine. Il ne montre guère sa très grande tristesse, mais je l’ai entendu sangloter cette nuit alors qu’il fixait les étoiles. Son dur labeur sur Notre Dame, afin que l’on puisse vous rendre grâce comme il se doit, ne vous émeut-il pas légèrement ? Pourquoi n’avez-vous pas eu pitié de lui ? Lorsque mon doux père me considère, je vois bien son regard mélancolique. Si point n’avez-vous assez de temps pour lui, occupez-vous un peu moins de moi. Je m'en arrangerai. C’est que j’ai déjà du supporter le froid de 8 hivers, je suis suffisamment vaillante et instruite pour ne plus compter que sur ma personne.

Mon Père me dit souvent que je suis bien érudite et que dans votre grande bonté vous avez dû me donner l’intelligence de dix damoiseaux. Il ajoute ensuite — tant pis pour les pauvres diables qui n’ont pas eu de grain à faire germer dans leur esprit — notre bon évêque dit aussi que c’est un ravissement que de m’enseigner toutes les choses qui forment ce monde. Je le trouve un peu prétentieux de penser cela, comme si l’on pouvait connaître toutes les « choses qui forment ce monde ».

Seigneur Dieu, qui n’avez pas été agréable pour nous, je suis amère. C’est un pécher paraît-il d’être en colère et plus encore après le Très-Haut. Mais il fallait que je vous l'avoue, car je ne comprends pas pourquoi vous avez laissé une telle injustice se produire.

Je m’excuserai demain à la confession4. Notre bon évêque me dit que c’est utile à cela aussi, soulager sa conscience en avouant ses fautes, puis savoir qu’elles nous seront pardonnées. Peut-être que je serai moins fâchée après une nuit de sommeil, si toutefois j'arrive à trouver le repos, mais cela m’est égal puisque je serais absous.

Je vais supplier l'Enfant Jésus également, lui il me comprendra, il sait ce que c’est que d’être privée de l’amour de sa mère. Et ensuite je prierai notre vénérable Mère Marie, qui va avoir une autre enfançonne à protéger.

Dieu qui êtes en Trinité, que n’avez-vous point fait ce miracle de me laisser ma mère chérie ?

Amen

 

16juin 1478

 

 

Journal du comte Geoffroy Soreau de Saint Géran, évêque de Chalons

 

 

C’est avec une profonde tristesse que j’ai dû personnellement inhumer en terre consacrée cette malheureuse et si jeune Bathilde. Le Tout-Puissant usant de son droit absolu de rappeler à lui cette si divine créature, laisse sur cette terre une pauvrette orpheline de mère et son père éploré. À mon service depuis plus de quarante saisons sans jamais faillir à sa tâche, Bathilde très chrétienne m’a demandé lors de sa dernière onction de veiller sur sa fille âgée aujourd’hui de 8 ans.

Amaury Duprés, père de la damoiselle, tailleur de pierre de mérite, œuvre avec conviction à l’édifice de Notre Dame dans le village de Melette5. Alayone, c’est ainsi que se prénomme l’enfante, est dotée d’une intelligence rare. Elle pourrait apporter beaucoup à notre petite communauté. Cependant, en ces temps sombres, il serait dangereux pour elle d’être trop instruite. La révision du procès de Jeanne d'Arc, servante de Dieu qui mériterait par cent fois de s’appeler bienheureuse6 et de se trouver en sainteté, en a aigri plus d'un. Le sujet des femmes n'est plus que source de jalousie et de haine. Et je pressens de nouvelles dérives abominables à leurs égards. Je vais donc prendre Alayonne Duprés à mon service en place de sa pauvre mère. Ceci lui permettra de rester en sécurité entre nos murs du château de Sarry. Étant donné l’avancement du chantier de notre basilique, qui s’annonce bien long, elle pourrait même y finir sa vie de damoiselle. S’il plait à Dieu de me prêter vaillance tardivement, elle pourrait y demeurer plus encore. Je continuerai de l’instruire sur quelques sciences qui ne pourront pas lui porter préjudice ou susciter l'indignation.

Ce sera mon dû à ma très chère Bathilde que mes prières n’ont pu sauver.

 

17juin 1478

 

 

Prière

 

 

Vrai Dieu, souverain Roi des rois, de par la pitié supernelle.

Quel bonheur Seigneur Dieu ! Comme j’ai eu raison de me fâcher un peu.

Après ma confession, notre bon évêque, qui semblait contrarié par mes paroles, m’a informé de son souhait de me voir remplacer ma regrettée mère auprès de lui. Cela soulagera mon père, et à cause du plus profond respect que j’ai pour votre homme d’Église, j’ai donc sans réfléchir répondu que bon augure était sa proposition.

Sieur de Saint Géran est tellement bon avec nous et avec notre communauté. Tant qu’il sera présent, je sais que rien de fâcheux ne pourra nous chagriner.

Puissiez-vous me pardonner mes paroles d’hier. Même si c’est sans nul doute chose admise par la confession, je préfère m’en remettre à vous. Je vois que vous ne m’abandonnez pas. Assurément que ma mère est auprès de vous et qu’elle est colérée de votre agissement. A-t-elle dû vous le signifier pour que vous me couviez de tant d'égards aujourd'hui ?

Si vous croisez ma mère dans vos pas, dites-lui que je vais bien et qu’il ne faut pas qu’elle soit attristée. Dîtes-lui de faire bon profit de son éternité et qu’un jour nous nous retrouverons. Mais il faut qu’elle soit patiente, car il me reste toute une vie à l'espérer. Elle si bonne et si généreuse, je sais qu’elle vous a rejoint dans votre paradis.

Ma peine est moins vive qu’hier, pourtant je pense qu’en voyant père au repas j’aurai de nouveau le cœur lourd. Il sera sans aucun doute heureux de la bonne nouvelle que je vais lui annoncer, cela le soulagera. Qu’aurait-il fait de moi sur le chantier ? Je ne puis pour l’aider que chercher des petits cailloux…

« - Ainsi, me dit-il un jour, c’est notre secret, personne ne pourra me prendre mon sceau, il est unique. Il n’y a pas que la forme qui importe, la façon dont elle prend vie est également essentielle. Les hommes doivent découvrir  pour que notre monde progresse. Savez-vous pourquoi, ma fille, j’utilise ces petits cailloux ? Un jour, alors que j’avais égaré ma pointe, en la cherchant, mes yeux se posèrent sur un minuscule silex, installé gentiment, là, seul, à mes pieds. Il ne me restait plus qu’à signer la pierre que j'achevais de sculpter et je devais en toute hâte appeler le maçon afin qu’il la transporte à Notre Dame où elle devait être sellée. Alors me vint cette idée saugrenue de prendre le petit caillou et de m’en servir pour signer la gargouille. Ma fille, sachez que souvent, les grandes découvertes sont dues au hasard, car en notre temps, on n'effectue d'autres recherches que celles qui soient utiles à notre survie ou au malheur d'autrui. Les belles inventions ne sont que le fruit de hasard et de la chance. Mais n’oubliez pas toutefois que c’est le travail qui nous rend meilleurs.

- Votre outil, mon Père, l’avez-vous retrouvé ?

- Il se trouvait sous mon séant. Puis il se mit à rire. Je m’astreins à avoir de l’ordre, mais parfois, mon esprit s’évade un peu, c’est le propre de l’artiste que de sortir des lignes toutes tracées. Cette histoire vous montre également qu'à certaines occasions, un malheur peut être est bon. Nous ne sommes jamais maîtres du temps, notre Seigneur Dieu peut nous infliger des circonstances ennuyeuses ou même des événements accablants. Ensuite, nous comprenons qu’ils étaient nécessaires, utiles ou qu’ils nous emmèneront ailleurs. »

Mon père avait raison, ma mère nous a quittés pour me laisser une vie douce auprès de notre bon évêque.

Dieu qui êtes en Trinité, merci pour cette nouvelle chance que vous m’apportez.

Amen

 

© Le roman a fait l'objet d'une procédure de protection des droits d'auteur auprès de l'INPI 

I1 ecrivons un livre


1 Supernel : Du latin supernus, « d’en haut », « supérieur ». C’est un terme souvent usité lors des prières du moyen-âge. (retour à la lecture)

2 la prime : Au moyen-âge le temps était souvent compté d’après les offices liturgiques. Au Moyen Âge, le temps et la vie sociale sont essentiellement rythmés par la sonnerie des cloches dans les clochers qui marquent les différentes heures canoniales. (retour à la lecture)

  • matines ou vigiles : milieu de la nuit (minuit) ;
  • laudes : à l'aurore ;
  • prime : première heure du jour ;
  • tierce : troisième heure du jour ;
  • sexte : sixième heure du jour ;
  • none : neuvième heure du jour ;
  • vêpres : le soir ;
  • complies : avant/après le coucher.

3 Diaprer : Faire chatoyer, scintiller. Parer d'ornements divers. Ici nous pourrons le traduire par enjoliver. (retour à la  lecture)

4 La confession apparaît en 1215. Si aujourd’hui elle nous permet d’alléger nos consciences ou de nous sentir mieux, celle-ci, s’était à l’époque établie dans les monastères dans le but de connaître les plus secrètes pensées des religieuses sur lesquelles les hommes voulaient exercer leur empire. De là, elle se répandit dans le monde. Ce fut sous le pape Innocent III que l’on imposa à tous les fidèles l’obligation de se confesser au moins une fois l’an au prêtre ordinaire. (retour à la lecture)

5 Le village de l’Epine où a été édifié la basilique de Notre Dame, n’était composé que d’une grosse ferme et d’une maison seigneuriale appartenant aux religieux bénédictins de Saint-Jean de Laon. Cette terre, du nom de Sainte-Marie et celle du village de Melette furent achetées vers 1550 par des gentilshommes du nom de l’Epine à qui il doit aujourd’hui son nom (mémoire historiques de la province de Champagne – Tome 1 page 269) (retour à la lecture)

6 La bienheureuse : ici celle qui a été élue, qui jouit de la béatitude éternelle. (retour à la lecture)

Un peu de documentation...sur notre Pinterest.

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Commentaires (2)

mlkonig
Bonsoir Misslou,

J’ai longuement réfléchi sur le langage que devait adopter Alayone et je partais sur la même idée que vous, à savoir, adopter un langage enfantin.

Si l’on se remet dans le contexte de l’époque, dans les seigneuries, chez les bourgeois et les riches commerçants, on vouvoyait ses parents. De même, certains termes qui peuvent paraître désuets aujourd’hui ou soutenus étaient du langage courant dans les temps médiévaux.

J’ai voulu appuyer le fait qu’Alayone avait grandi au château et peut-être aurais-je dû être plus clair sur un autre fait : cette jeune fille était déjà connue de l’évêque qui avait entrepris son éducation. J’ai voulu aussi que son père soit instruit et philosophe ce qui pourrait expliquer qu’Aloyone tint un également un beau langage et soit très réfléchie.

J’ai souhaité appuyer son intelligence et son caractère également par ce langage.

Votre remarque est intéressante, car elle m’apprend que les lecteurs peuvent ne pas saisir la subtilité de ce choix. Je vais y travailler peut-être en insérant un ou deux passages supplémentaires.

Merci pour vos commentaires.

Marie-Laure
misslou
  • 2. misslou | 15/03/2017
Elle s'appelle donc Alayone, elle a 8 ans et grâce à l'effet-surprise d'un flashback ! nous voici passé de 1488 à 1478, où nous sommes maintenant. Pas trop linéaire, c'est bien.
Le style "moyenâgeux à souhait" me plait bien ! le vocabulaire, les tournures c'est bien. Mais par contre, à 8 ans, Alayone parle comme un livre ! C'est dommage. J'aurais préféré que ces prières soient faites avec des mots d'enfant ou tout au moins dans un langage très simple. On aurait ainsi eu un fort contraste avec le langage soutenu du texte écrit dans le Journal de l'évêque. Je trouve que les différentes façons de s'exprimer des personnages sont intéressantes dans un récit.
Bravo pour les enluminures qui débutent chaque texte, avec une date. Dans un livre-papier, ce serait du plus bel effet.
La situation de départ est bien aussi. J'aime bien qu'elle s'installe dans un contexte réel. Alayone n'a plus de mère mais elle est entourée de son protecteur et de son père tailleur de pierre... nous attendons la suite ...

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