Les soubrevestes - chapitre 6

Bienvenue dans le monde des capes et des épées où se mêle amour, intrigues et histoire de France... Suite chapitre 6

« Alors écoutez-moi bien l’ami, je ne le répéterai pas une deuxième fois : je suis liée aux Carlisle, puissante famille écossaise qui serait heureuse de mettre la main sur une fripouille de votre espèce ainsi que sur votre bateau et toutes vos rapines. De plus, la personne que vous avez prise à votre bord est ma sœur et je pense qu’elle serait heureuse que nous nous retrouvions. Sans compter que mes amis et moi savons-nous servir d’une arme et que nous n’aurions aucune difficulté à vous le démontrer. Donc voici un écu d’or pour nous attendre le temps que nous rendions visite à Monsieur de Carteret, deux autres vous seront donnés à notre embarquement et encore deux autres lorsque nous seront arrivés à destination. Ensuite nous ne voulons plus avoir à faire à vous, ni de loin ni de près »

Les soubrevestes semaine 7

L’inconnu daigna enfin décliner son identité :

« John Fitzroy, capitaine du Gull Charly, pour vous servir ! »

Après un léger salut et un sourire qui révéla une range de dents en or, il prit place en face de Jane. Celle-ci n’avait pas encore ouvert la bouche. Elle savait reconnaître un gredin quand elle en rencontrait un et celui qui se tenait en face d’elle était certainement d’une espèce rare et surtout dangereuse. Elle n’était pas la seule à se méfier, Romance prit la parole et désigna de la tête Jane:

« Ainsi donc vous avez déjà vu cette dame ? Elle serait arrivée sur cette île en compagnie d’un pirate et aurait été ensuite invitée à séjourner par le Seigneur des lieux en son manoir ? »

Fitzroy resta un moment muet, il scrutait Jane avec attention. Puis il prit une forte inspiration :

« Ce n’était pas cette Lady, mais une dame qui lui ressemblait trait pour trait, probablement une parente et si la dame est arrivée avec l’ami Bloody, elle était également accompagnée d’un autre individu ! »

L’homme resta coi quelques secondes, savourant par avance l’effet de ses prochaines paroles :

«  Mais elle est repartie seule, je peux vous l’assurer, car c’est sur mon bateau qu’elle a embarqué !

− Et que savez-vous concernant l’homme qui l’accompagnait ?

− Pas grand-chose, mais il s’est bien fait avoir, elle m’a donné cela en paiement de son voyage et suis prêt à parier que c’est ce gentilhomme qui lui le lui a offert ! »

Il sortit un mouchoir de sa veste, l’ouvrit et découvrit un bracelet de perles de différentes formes, différentes tailles et porteur également d’un message :

Romance prit le bijou et le déchiffra :

« Quis est iste, quae progreditur quasi aurora consurgens, pulchra ut luna, electa ut sol, cum perturbatio rerum imaginibus? »

Il s’agissait d’un verset issu du livre des Cantiques : « Qui donc est celle-ci qui surgit comme l'aurore, belle comme la lune, brillante comme le soleil ? » (1)

Il n’y avait plus aucun doute : John Fitzroy était bien en possession d’un bracelet conçu par Giuseppe Lumbini.

Mis bout à bout toutes ces citations bibliques commençaient à raconter une histoire, celle que Giuseppe voulait transmettre de par delà les mers :

− Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair (Genèse 2:23)
− Est-ce avec ton discernement que le faucon prend son vol, qu'il déploie ses ailes vers le sud? (Job 39:2)
− Et prenant Jonas, ils le jetèrent à la mer; et la mer calma sa fureur. (Jonas 1:15)
− Qui donc est celle-ci qui surgit comme l'aurore, belle comme la lune, brillante comme le soleil ? (Cantique des cantiques 6:10)

Cette histoire décrivait une femme d’une beauté exceptionnelle dont un homme Giuseppe, était tombé éperdument amoureux. Ils avaient été jetés à la mer, mais ils avaient échappé à la mort. Giuseppe s’exprimait à travers les deux choses qu’il connaissait le mieux : la Bible et la joaillerie.

Romance avait toujours admiré l’esprit curieux de son ami, son amour de la lecture et des belles choses. Lui-même, s’il s’était montré également brillant étudiant, avait gardé un esprit pragmatique, plus intéressé également par la nature humaine que par les belles lettres.

Jane prit la parole :

« Où avez-vous conduit la femme ? »

Fitzroy sourit de nouveau :

« J’ai été payé très cher pour garder le secret ! »

Ce fut au tour de Jane de montrer toutes ses dents, tout aussi carnassières, mais à la différence de l’homme, les siennes étaient bien blanches et bien droites :

« Alors écoutez-moi bien l’ami, je ne le répéterai pas une deuxième fois : je suis liée aux Carlisle, puissante famille écossaise qui serait heureuse de mettre la main sur une fripouille de votre espèce ainsi que sur votre bateau et toutes vos rapines. De plus, la personne que vous avez prise à votre bord est ma sœur et je pense qu’elle serait heureuse que nous nous retrouvions. Sans compter que mes amis et moi savons nous servir d’une arme et que nous n’aurions aucune difficulté à vous le démontrer. Donc voici un écu d’or(2) pour nous attendre le temps que nous rendions visite à Monsieur de Carteret, deux autres vous seront donnés à notre embarquement et encore deux autres lorsque nous serons arrivés à destination. Ensuite nous ne voulons plus avoir à faire à vous, ni de loin ni de près ».

L’homme acquiesça. Ce que tous ignoraient, c’était que l’argent n’était pas sa seule motivation ; il savait que Bloody Glengoyne ne serait pas loin de la donzelle. Accompagné de quatre hauts personnages rompus au maniement des armes plus son équipage, il tenait enfin une chance d’en finir avec son pire ennemi et enfin d’être le maître de la mer.

« Très bien je vous attendrai »

Il s’inclina et souleva légèrement son chapeau signifiant ainsi son congé et prit la sortie de l’auberge, laissant les quatre compagnons dans leur réflexion.

Raoul d’Aspremont qui s’était fait distant jusqu’à présent prit la parole et se tourna vers Jacob, ignorant avec insolence la présence de Jane à qui il n’avait toujours pas pardonné la conduite du Louvre :

« Quoi qu’il en soit nous avons grâce à toi bien avancé : nous savons que l’ami de Don Romance et la sœur de Lady Carlisle ont séjourné en ce lieu, que nous avons une chance de retrouver la Dame. Mais n’oublions pas que notre principale mission est d’obtenir des informations sur les Faucons de Bourgogne et sur celui qui semble être leur chef à savoir Giuseppe Lumbini ! »

Jane savait qu’elle ne devait pas attendre une aide chaleureuse de cet homme aussi décida-t-elle de faire un premier pas :

« Je comprends Messire votre ressentiment à mon encontre, mais comprenez que ma quête, si elle est familiale, rejoins la vôtre en tout point. Ma sœur vous aidera à comprendre qui sont ces faucons de Bourgogne et quels sont leurs objectifs. Elle pourra très certainement vous aider à retrouver ce Giuseppe Lumbini et ainsi servir les intérêts du Roi. »

Raoul eut un sourire figé :

« A moins que nous recueillons des informations capitales en ce manoir de Sercq et que retour en terre de France se fasse immédiatement ! »

Ce fut au tour de Romance de prendre la parole :

« Je ne pense pas que Giuseppe soit à Sercq et qu’il y est même gardé des contacts. Il s’est donné une mission. Peut-être a-t-il abandonné la Sainte-Mère-l’Eglise, mais il n’abandonnera jamais sa foi. Je pense que Lady Jane à raison : nous recueillerons peut-être quelques informations auprès de Monsieur de Carteret, mais si quelqu’un connaît toute l’histoire, c’est Ambre Sainclair. Aussi je propose que nous gagnions nos chambres, la journée qui nous attend promet d’être riche en rebondissements ».

 

  1. Cantiques des Cantiques, chapitre 6, verset 1
  2. http://jeanmichel.guyon.free.fr/monsite/histoire/metiers/monnaies.htm

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