Les soubrevestes - chapitre 7

Bienvenue dans le monde des capes et des épées où se mêle amour, intrigues et histoire de France... Suite du chapitre 7

Il y eut un grognement général. Les marins commencèrent à se regrouper autour de la jeune femme pendant que Bloody les rejoignit et fit un signe d’acquiescement à Ambre pour qu’elle continue. Elle prit une grande inspiration pour se donner du courage et reprit la parole :

– Je viens d’une ville qu’on appelle Plymouth. Ma famille avait fui la France et avait choisi de s’installer à l’autre bout du monde, le plus loin possible du vieux continent. Les origines de ma famille étaient écossaises, aussi fut-elle bien acceptée par la colonie anglophone.

– Ma belle ! Nous autres on s’en fout de savoir d’où tu viens, s’qu’on veut savoir, c’est où tu nous emmènes et pourquoi.

Les soubrevestes semaine 10

L’activité d’un bateau amarrée était forcément ralentie. Les uns étaient de corvée de nettoyage, les autres réparaient quelques avaries, tous en fait n’attendaient qu’une seule chose, c’est que leur capitaine leur dise de lever l’ancre.

– Si votre commandant m’y autorise, je souhaiterais vous raconter une histoire qui ne manque pas d’intérêts…

Il y eut un grognement général. Les marins commencèrent à se regrouper autour de la jeune femme pendant que Bloody les rejoignit et fit un signe d’acquiescement à Ambre pour qu’elle continue. Elle prit une grande inspiration pour se donner du courage et reprit la parole :

– Je viens d’une ville qu’on appelle Plymouth. Ma famille avait fui la France et avait choisi de s’installer à l’autre bout du monde, le plus loin possible du vieux continent. Les origines de ma famille étaient écossaises, aussi fut-elle bien acceptée par la colonie anglophone.

– Ma belle ! Nous autres on s’en fout de savoir d’où tu viens, s’qu’on veut savoir, c’est où tu nous emmènes et pourquoi.

Ambre eu pour première réponse un regard fustigeant envers le flibustier qui osa l’interrompre et s’avança au plus près lui montrant qu’elle n’avait pas peur. Elle reprit de plus belle :

– Mon histoire va avoir du sens pour vous, soyez-en assuré. Là-bas tout était à construire, dans un environnement hostile. Mais la communauté persévéra et prospéra. Un jour nous vîmes deux prêtres frapper à notre porte, l’un était français, l’autre italien.

– Manquait plus qu’les curetons dit un autre ce qui engendra un flot de rires gutturaux. Elle reprit mettant ses mains sur ses hanches et prenant plus d’aplomb sur ses jambes.

– Je fus très étonnée, que ma famille huguenote accepte de les recevoir, mais je savais également que pour mon père les affaires étaient une priorité et du moment qu’il y trouvait un intérêt, il était prêt à beaucoup de choses y compris recueillir deux prêtres. Ces dernières nous ont dit qu’ils avaient passé plusieurs mois parmi les Indiens et qu’ils désiraient prendre un bateau pour Rome. Ils avaient avec eux quelques bagages que personne n’avait le droit d’approcher. Mais j’étais curieuse, lors d’un moment d’inattention, je pus m’approcher d’une des sacoches et ce que je découvris me laissa sans voix : de l’or, des bijoux, des perles, je n’en croyais pas mes yeux.

– Voilà la belle, fallait commencer par là !

Quelques murmures puis le silence, l’attention était à son comble, Ambre sut qu’elle était sur le point de gagner la partie, elle continua.

– J’ignorais comment ces prêtes avaient pu obtenir un tel trésor. J’étais encore tout abasourdie par ma découverte lorsque je sentis une forte poigne posée sur mon épaule, c’était le religieux italien. Il nous avait dit qu’avant d’embrasser la religion, il avait été joaillier, mais cela n’expliquait pas cette quantité de pierres précieuses. Il me tendit une bague et me l’offrit en échange de mon silence : la voici ! 

Ambre tendit sa main et l’équipage put admirer un superbe anneau en or surmonté d’un rubis.

– Ouai, c’est bien ! Mais y sont où les autres ?

– J’avais bien sûr un dessein, je ne voulais plus rester à Plymouth, je voulais voyager. Je demandais au prêtre de m’aider à partir, je voulais prendre le même bateau que son compagnon et lui et retourner en Europe. Il accepta, paya le capitaine du bateau, m’y fit embarquer clandestinement. La traversée fut d’abord clémente. Je me devais être discrète, car hormis cet homme et le capitaine personne ne savait qui j’étais. Au fil du voyage j’ai sympathisé avec ce prêtre, il m’a même appris un langage codé qu’il tenait des Indiens qu’il avait fréquentés. Mais les évènements n’étaient pas avec nous, survient une terrible tempête et la suite vous la connaissez. Giuseppe Lumbini, c’est ainsi qu’il s’appelle, et moi passèrent par-dessus bord et sans vous pour nous sauver nous serions sans doute morts.

Ambra garda un instant le silence afin de ménager l’effet que produirait la suite de son histoire.

– À Sercq nous nous sommes séparés, mais je sais où il est parti et surtout je sais qu’il a toujours sa sacoche avec lui...

Elle s’arrêta de parler, scrutant chaque visage afin de deviner l’effet que ses paroles avaient pu produire sur ces hommes. Lorsque soudain une voix se fit entendre : le second de Bloody, Jack Kilchoman, une longue vue dans les mains :

– Un bateau au loin, je crois qu’il s’agit de celui de Johne Fitzroy ! 

Bloody Glengoyne qui s’était fait discret, bondit comme un diable dans sa boîte :

– Tout le monde à son poste, préparez-vous à la riposte, Monsieur Kilchoman, faites lever l’ancre nous partons au combat ! 

Ambre restait sur le pont, les bras ballants. Le temps pour elle d’évaluer la situation, que déjà Bloody lui criait dans les oreilles :

– Vite dans ma cabine, le bateau qui arrive au loin appartient à un serpent de la pire espèce, il n’est pas ici par hasard, il veut quelque chose, aussi vaut-il mieux qu’il ne soupçonne pas votre présence !

Elle eut un petit sourire, si Bloody savait que c’était ce John Fitzroy qui l’avait emmené jusqu’ici, il serait certainement fou de rage, mais la situation ne manquait pas de piquant.

Aussi prit-elle ses robes à pleins bras et courut-elle se cacher sans demander son reste.

Sur le bateau chacun avait pris sa place, certains sortaient les armes, pistolets, sabres, haches (1), tout ce qui pouvait servir à étriller l’adversaire, d’autres s’étaient postés derrières les canons.

Tous se préparaient à combattre, à la fois excités et fébriles ; ils savaient que l’adversaire était redoutable, mais ils savaient également que le bateau de Fitzroy devait contenir des trésors inespérés et que la prise de guerre serait certainement bonne.

Ce que vit Bloody à travers sa longue vue le laissa perplexe. Il tendit l’objet à son second, histoire de se faire confirmer ce qu’il venait de repérer. Jack Kilchoman regarda à son tour et regardant son supérieur il acquiesça. Bloody grommela entre ses dents :

– Qu’est-ce que ce vaurien mijote ?

Il venait d’apercevoir en haut du mat principal un drapeau blanc…

 

Pirate L'Egrillard

Illustration Marie-Laure KÖNIG

  1. http://piraterie-comparaison.blogspot.fr/2008/12/les-armes-des-pirates.html

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