Roman partagé - Amitiés/ Mon conseil : Le champ lexical

Bonjour,

D'une folle et effrayante nuit dans les rues de Paris, une nouvelle amitié va naître.
Conseils du jour : 
Les champs lexicaux

Bonne lecture et n'hésitez pas à publier vos commentaires.

Marie-Laure

Episode 19 amities

Lire uniquement le roman – Page 19

MA DÉMARCHE - MES CONSEILS - Mon conseil en écriture d'aujourd'hui : Les champs lexicaux

Les champs lexicaux

Avant de vous lancer tête baissée dans la rédaction de votre chapitre, nous avons vu qu’il vous fallait faire beaucoup de choses : un plan, les fiches personnages, pourquoi ce chapitre… Mais il est également très important de travailler le champ lexical des mots clés de l’univers, de la description de votre personnage, de l’ambiance de vos paragraphes afin d’enrichir votre texte.

Trouver des synonymes, des expressions, des mots peu utilisés, ou encore des locutions intéressantes vous permet de proposer au lecteur un texte unique et plus riche. Il vous faut trouver l'alchimie par laquelle ce que vous avez à dire, vos idées, vos personnages deviennent des mots. Ne faites pas que chercher dans vos mots leur fonction référentielle, une simple traduction du réel, mais enrichissez votre texte.

La nuit est sombre. OK, mais sombre comment ? Quelles sont nos sensations, avons-nous peur, est-elle sans bruit, fait-il froid…

Champ lexical de nuit : coucher, nocturne, obscurité, sommeil, minuit, crépuscule, veilleur, pyjama, lune, sombre, hibou, étoile, loup-garou…

Champ lexical de sombre : noir, brun, foncé, obscur, lugubre, ombre, ténèbres, sinistre, triste, morne, opaque…

Voilà qui ouvre la possibilité de belles phrases et d’un texte enrichi.

Le champ lexical vous permet également de combattre la page blanche, le manque d’inspiration. En cherchant des mots, les idées viennent ainsi que les phrases.

(Retrouvez quelques documents et illustrations de recherche sur le compte pinterest du site Pinterest)

Le roman

Ici, il faut considérer que, lorsqu'une personne est dûment déclarée diffamée publiquement de quelque hérésie, et que rien ne se prouve contre lui, sauf cette diffamation, une purification canonique lui sera imposée. C'est-à-dire qu'il doit produire sept, dix, vingt ou trente hommes, selon la mesure dans laquelle il a été diffamé (...) ceux-ci doivent être des hommes de sa propre station et de son état.

Par exemple, si celui qui est diffamé est un religieux, ceux qu'il dénonce doivent être religieux ; s'il est laïc, ceux qu'ils dénoncent doivent être laïques ; s'il s'agit d'un soldat, ils doivent être des soldats qui le purgent du crime pour lequel il est diffamé. Et ces sponsors doivent être des hommes professant la foi catholique et la bonne vie, qui connaissent leurs habitudes et leur vie à la fois récemment et pour longtemps.

Mais s'il refuse cette purgation, il doit être excommunié ; et s'il reste obstiné dans cette excommunication pendant un an, il doit alors être condamné comme hérétique.

Et s'il accepte la purgation et y échoue; c'est-à-dire s'il ne trouve pas de coupables du nombre et de la qualité souhaités ; il doit être considéré comme reconnu coupable et doit être condamné comme hérétique.

Malleus Maleficarum –Heinrich Kramer ou nommé Institoris - 1486

 

18août 1486

 

Prière d'Alayone

 

 

 

 

Vrai Dieu, souverain Roi des rois, de par la pitié supernelle.

Quel bouleversement de voir ainsi un de vos fidèles dans les bras de cette créature. Comment frère Guillaume a-t-il pu se perdre autant ? Comment en avisé des bonnes mœurs ou tendu par quel douloureux chagrin puis-il trouver réconfort autrement que dans votre parole ?

Je le pensais habile homme, de belle éducation et dépourvu des tentations de la chair. Mais il n’en était rien. Durant tout ce temps, il rêvait de canaillerie, fréquentant tripots et lupanars, partant en gogue. Quelle menterie !

Je me dois de lui faire raison revenir et qu’il fasse pénitence de ses péchés. Même si nous avons tous deux cherché noise par le passé, il me faut lui venir en aide, que je l’extirpe des doigts griffus du diable et de ce maître bordeuleux. Par fois, cet homme s’est bien caché de moi, mais il faut le guérir de son impiété. Quel autre féal que moi a-t-il ? Je ne lui en connais point.

Seigneur Dieu, votre miséricorde est infinie et je fais appel à votre divine providence afin de m’aider à lui montrer de nouveau le chemin de l’observance de votre sainte parole.

Dieu qui êtes en Trinité, soutenez-moi dans cette quête.

Amen

 

23août 1486

 

Le chat

 

 

 

 

Ce soir-là, Alayone partie seule avec l’idée de rejoindre cette Gertrude et d’y sauver son moine en perdition. Était-ce de la jalousie ou uniquement le désir de protéger le frère Guillaume d’un démon qui la poussa à arpenter les rues de Paris sous une lune absente ?

Sans couleur, des ombres dansantes, des cris, des chuchotements. Des petites bêtes passaient entre ses jambes, d’autres faisaient craquer les résidus épars sur un sol nauséabond. C’est avec beaucoup d’appréhension qu’elle s’enfonça dans l’hostilité de la nuit parisienne. Grincements, grognements puis grondements. Le temps était à l’orage. Sans pluie, la chaleur était étouffante et comme seule clarté le ciel qui se fend, claque et tremble.

L’agitation feutrée qui accablait chacun de ses pas la mena de l’autre côté de l’île de la Cité. Elle avait sans s’en apercevoir traversé le petit pont et le pont Notre-Dame (1) sans voir les deux impressionnantes bâtisses du Châtelet et du petit Châtelet. Elle longea le port à Chaux et se retrouva sur l’effroyable place de Grève. Ni Tristan, ni l’évêque ne l’avaient jamais conduit de l’autre côté de la Seine.

Cette place était la plus grande de Paris, mais également la plus macabre.

Le jour, elle fourmille de gents plus ou moins respectables et c’est dans un chahut indescriptible que se mélangent marchands, marchandises, embarcations, vaches, lavandières, mais aussi badauds se déplaçant afin de voir l’agonie d’un supplicié. Des fêtes religieuses y sont régulièrement consacrées entre deux excursions sur l’un des trois gibets de la Grève. La foule d’immondes vient se délecter des atrocités affligées aux malheureux qui luttent contre la mort dans les pires souffrances. Je ne comprendrai jamais la cruauté des hommes. Après s’être repentis, les condamnés y sont amenés sur l’échelle de justice rehaussée d’une croix en fer forgé. Ils y sont exposés à genoux pour y faire leurs aveux après avoir été torturés comme il se doit dans l’une des multitudes salles de justice de Paris. C’est ainsi que sur la place de Grève, la religion se mêle au sang.

Alayone marchait là, dans l’ombre d’un malheureux encore pendu de la veille et dans les cendres d’un semblable qui ne seront curées que pour le prochain flambeau. C’est dans cet endroit hostile et inquiétant qu’elle entendit au loin Jacqueline, Emmanuel, Marie, et les autres cloches de Notre Dame. Elle fit demi-tour et reconnut le Grand Châtelet. Elle traversa le pont aux changeurs. Cette nuit n’en finissait pas, sinistre, funèbre et angoissante. Elle sentit battre son cœur alors que son pas se faisait plus preste. Elle passa devant le palais et courut vers la Sainte-Chapelle qui était close. Elle perdit courage et à bout de souffle décida de s'accorder un peu de repos sur les marches du grand escalier de la chapelle haute. Elle prit sa tête entre ses mains et sanglota lorsqu’une voix suave l’interpella. Un homme d’une sale allure à la mine morne approcha son visage tout près du sien. Elle recula. Il réduisit encore plus la distance et elle put sentir son haleine écœurante. Elle se défendit d’abord en s’époumonant, son cri fit fuir les chauves-souris et hurler les chiens à la mort, mais personne ne vint la secourir. Le tonnerre éclata et avec lui illumina le visage de l’horrible individu. À sa vue elle s’affola, de cette angoisse surgit le courage de lui horler que n’était point né celui qui l’obligerait et elle s’enfuit à toutes jambes sur les pavés de la ville. Elle reconnut la rue Glatigny et frappa à la porte de l’étuve, source de ces malheurs nocturnes.

On lui ouvrit, d’abord surpris puis réjoui de voir une aussi jolie damoiselle proposer ses services. Elle se défendit de chercher une « fonction » en ce lieu. On la chassa donc bruyamment et sans ménagement. Gertrude entendit ses suppliques et reconnut sa voix. Elle apparut si tôt et demanda qu’on la place dans une petite pièce attenante le temps qu’elle « finisse son affaire ».

Son client contenté, elle alla rejoindre une Alayone endormie le dos contre le mur. Elle la réveilla gentiment et elles quittèrent toutes deux ce sordide lupanar.

La prostituée habitait non loin dans une modeste maison propre et arrangée de bon goût. Gertrude lui proposa une eau chaude où elle y infusa quelques plantes :

–          ça va vous r’quinquer ! dit-elle à l’encontre de son invitée.

Alayone se sentait ici en sécurité, l’air y était doux et les lieux délicieusement parfumés. Une bonne odeur de fraise et de menthe édulcorait l'endroit. Elle lui servit une tranche fine de jambon aux effluves engageantes afin d’accompagner sa boisson.

–          Votre… métier… semble vous apporter un bon confort.

–          Si fait ma douce, mais j’paie cher ma mangeaille et l’toit sous l’quel j’dors. L’en faut des heures d’flatteries pour tout ça. Alors quand j’rentre d’mon… métier com’ vous dites si ben, j’aime ben y être à bon aise chez moi pour désapprendre tout ça. Qu’ça sente bon la rose, qu’les couleurs soient gaies, qu’ l’air y soit respirable.

–          C’est votre vie après tout, mais frère Guillaume ne peut s’impliquer dans cela. Ne lui faites pas miroiter je ne sais quel attachement pour garder un client.

–          Nous avons amour vrai ! L’est point com’ les aut' mon Guillaume. Il vit un enfer. Comme moi, il trouve pas son… métier à son bonheur.

–          Frère Guillaume a choisi Dieu et vous l’en contournez. Il était heureux de marcher dans la parole des évangiles avant votre irruption dans sa vie.

–          Qu’est-s’en savez vous, s’il était jubilant avant ? L’a pas choisi d’êt moine, on l’a mis dans les pattes d’vot évêque qu’il suçait encore son pouce.

–          Le moine Guillaume est un oblat ?

–          Ch’ai pas s’que c’est, mais l’a pas choisi d’êt moine du tout on l’a fourré là enfançon. C’est tout'c’que j’sais. Et croyez-m’en, l’aime trop la chair pour avoir fait ce choix-là !

Alayone était excédée. La nuit invraisemblable qu’elle passait, rencontrer la mort place de Grève, fuir dans les rues sombres de Paris, pénétrer dans un tripot, et découvrir pour finir qu’elle se trompait totalement sur le seul ami qui l’avait aidé à grandir hors de la solitude la laissa abasourdie.

Gertrude l’observa. Elle était habituée à la vie parisienne, de jour comme de nuit, à ses habitants du milieu des rues soit dit, du caniveau, à ses dangers et vilenies. Cette jeune femme devant elle, si fraîche et si mutine la touchait. Elle avait envie de la protéger, qu’elle puisse garder ses idées enfantines, qu’elle ne soit jamais désabusée des hommes et de leurs bassesses.

Ma petite maîtresse sentit son regard bienveillant, arrêta de boire et de manger puis la fixa

–          Quitteriez-vous cette vie si l’on vous en proposait une plus saine, en gagnant honnêtement son pain ?

–          Se r'trouver dans l’droit ch'min... Ma belle, celui d’not seigneur Dieu ? Il en est diablement question avec mon Guillaume.

–          Je vous parle d’une autre vie sans « votre Guillaume ».

–          Chercheriez pas à m’éloigner d’lui et à m’met' dans une d’vos baraques à prieuses !? J’suis pas faite de c’sang là. D’ailleurs il voudra m’revoir. On a amour vrai j’vous ai dit.

Alayone prit une gorgée d’infusion et dit :

–          C’est mon ami, je ne peux le laisser perdre son âme dans vos bras.

–          Vous êt ben trop jeune pour saisir ça. J’pense que vous devriez vous mett' en bonne route.

Elle n’avait pas songé au retour et cette idée la paralysa. Gertrude vit son effroi :

 –          Allez ma douce, fini ton herbe et j’m’en vais t’ram’ner au bercail. Ça veut jouer la grande et tout ça, m’ai j’t’aim ben et j’voudrai pas qu’y t’arrive malencombres en ch’min."

Parvenues aux pieds de la muraille de l’Abbaye, elles virent Tristan endormi.

–          Va pas êt content vot’ galant !

–          Je le crains fort, mais c’était pour une juste cause, il comprendra.

–          Tout com’mon moine, y m’comprend.

–          Tristan est plus doux que votre moine, qui entre nous, a vraiment un fieffé caractère…

–          Il m’la point encore fourni, merci d’prév’nir. Une œillade accompagna les derniers mots de Gertrude qui retourna les talons et partit dans la nuit."

Alayone inspira profondément avant de réveiller Tristan pour trouver le peu de courage qui lui restait de cette nuit affreuse. Mais elle s’annonçait difficile un temps encore.

 

20 septembre 1486

 

Journal de l’évêque de Chalons et Abbé de Saint-Germain des Près — Geoffroy de Saint Géran

 

 

 

Voilà deux semaines que j’ai pris cette jeune Gertrude à mon service à la demande de ma petite Alayone.

Alayone a été fort émue par la condition de cette damoiselle qu’elle rencontra lors d’une de ses sorties avec Sieur Tristan de Montfort. Semble-t-il qu’elle travaillait la nuit en des lieux peu fréquentables et avoir pris renseignement, il se trouve qu’elle était soumise aux exigences obscènes de clients d’une étuve.

Malgré l’abord peu convenable de cette jeune fille, je voulus répondre à la positive à la charité chrétienne d’Alayone, lui prouvant ainsi que Dieu souhaitait sauver toutes les âmes qui s’en remettaient à sa bonne parole.

Gertrude me donnant pleine satisfaction et se montrant de très bonne volonté va rester à l’Abbaye et occupera l’une des chambres des domestiques de ma maison. Elle pourra par ce fait fuir totalement son ancienne condition.

Il me faudra également faire rapport sur cette étuve afin de la faire fermer comme le souhaitent les hautes autorités catholiques.


 

23avril 1487

 

 

Prière

 

 

 

Vrai Dieu, souverain Roi des rois, de par la pitié supernelle.

Merci mon Dieu d’avoir placé sur mon chemin Damoiselle Gertrude qui se montre grande amie. Je me suis commis la tâche de lui apprendre la lecture et l'écriture et aussi à s’exprimer correctement. Ses progrès ne sont pas fameux, il me semble perdre ce temps pour néant. Mais elle y met tant de belle volonté que je prends tout de même plaisir à lui enseigner ce peu de chose qu’elle ne retient.

Bien qu’elle me dise que ses relations avec frère Guillaume se soient assagies, je gagerai qu’il n’en est rien. Depuis l’arrivée de Gertrude, je le rencontre régulièrement alors qu’il n’y était presque jamais. Mais peu me chaut, je les vois heureux tous deux et vous rends grâce de m’avoir placée en cette rue ce jour de providence où je découvris la vérité.

Je vais bientôt entrer dans ma 17e année et je pense que Tristan va enfin se déclarer auprès de notre bon évêque. Il a maintenant achevé ses études et se cherche une reconnaissance sur la place de Paris. Son père, le Baron de Montfort souhaiterait qu’il prenne en juste noce une damoiselle de son rang et non une roturière comme moi, même si le comte de Saint Géran me gratifie d’une belle dote. Mon ami fera fi de la bénédiction de son père, mais il lui faudra faire ses preuves de mire convenable. Ceci n’est pas chose aisée ni même preste.

Dieu qui êtes en Trinité, accordez-moi la patience suffisante.

 

22mai 1487

 

Le chat

 

 

 

 

 

 

Voici plus de deux ans qu’Alayone entretien une sage relation avec Tristan. Chaque jour que Dieu fait elle espère qu’il se perde dans ses bras. Ma petite maîtresse est un volcan en feu mais à force d’attente, après maints jours sans fièvre, des sorties instructives plus qu’amoureuses, sa fougue s’amoindris.

Elle se confie souvent à la Damoiselle Gertrude, qui, en ancienne professionnelle des sens, lui ouvre la voie vers des pensées interdites et suaves. Alayone rêve, demande, quête, se languit, mais se défend de supplier son amoureux platonique.

L’évêque est ravi de l’augure que prennent les événements, et ça exaspère ma maîtresse. Tristan est happé par son travail et ses obligations ce qui lui laisse de moins en moins le loisir de retrouver Alayone. Quoi qu’il en soit, elle ne prend plus plaisir à ses sorties avec son céladon. On n’a pas inventé plus gros béotisme que l’amour courtois. Elle se sent délaissée en plus de n’être pas adorée avec passion. Elle ne souhaite pas faire meuble dans la nouvelle vie que tous semblent lui augurer. Un vent de révolte commence à exhaler son air.

Elle a envie de changement et s’est liée d’une grande amitié avec Gertrude. Chacune trouve dans cette relation de nouvelles connaissances. Bientôt, on ne pourra imaginer que la dernière servante de l’évêque ait végété dans les tripots parisiens tant Alayone s’évertue à lui transmettre les manières du grand monde. Elle se souvient aussi du temps où elle se consacrait à Dame Cunégonde et c’est souvent avec nostalgie qu’elle repense à son père et au chanoine Richard. Tous deux lui manquent tant. Fréquemment elle songe à son village, à son loup, qu’est — devenue dame Cunégonde ? A-t-elle trouvé la paix auprès du Seigneur ? Ces humeurs noires et Damoiselle Gertrude qui parle avec elle des choses de l’amour sans retenue, répondant ainsi aussi dignement que possible à ses interrogations de jeune vestale de 17 ans, lui donnent tellement d’espérance. Vivre d'autres faits que cette existence sans passion et bien rangée qu’on lui promet.

Elle prie, elle prie souvent le Seigneur de lui accorder plus d’émotions et de fièvre, pour son malheur ses prières vont être exhaussées. Hier, j’ai entendu chanter l’effraie… (2)

Notre évêque eu de la lecture...

Présentation du rescrit et suppliques initiales du procès de Gertrude Foulques, paraissant devant notre sainte inquisition pour répondre à des faits de sorcellerie.

Au nom du Christ

Pour la perpétuelle mémoire du procès en condamnation de la sorcière Gertrude Foulques dîtes “La douce” et que rien ne reste inconnu ou fut oublié à ceux qui examineront notre registre de l’an du Seigneur 1487 en cette fin de quatrième année du pontificat de notre très Saint-Père dans le Christ notre seigneur Innocent VIII.

Nous écouterons le récit de Sieur Thomas Lescroix, ancien tenancier de l’étuve de la rue Glatigny, fermée depuis suite au repenti de ce même Sieur et décision de justice.

Nous entendrons également d’autres vénérables et prudentes personnes témoins des faits qui sont reprochés à Gertrude Foulques.

Les dépositions des témoins, violents soupçons, la petite vertu de l’accusée déjà reconnue ainsi que la gravité des faits reprochés nous ont menés à convoquer une cour de haute justice d’éminents et honorables représentants de notre Sainte Église Catholique.

En ce matin du 22 mai 1487, à la vu de la gravité des accusations, le révérant père en Christ et Seigneur Louis de Beaumont de la Forêt évêque de Paris, le révérant père en Christ et Seigneur, le Seigneur Étienne-Tristan de Salazar évêque de Sens, ainsi que notre frère, Jean de Noyon, sous-inquisiteur de la perversité hérétique au diocèse de Paris, sont chargés d’étudier la juste requête soumise à cette honorable assemblée et de prendre décision des procédures de recherches de la vérité s’ils jugent que les éléments présentés sont suffisamment probants. À l’issue de quoi, Gertrude Foulques, qui de par sa réputation a été suspectée de pratique de sorcellerie et par les moyens qu’elle possède à détourné et pervertie un homme d’église, en utilisant toute illusion que peuvent rendre les hommes coupables de perfidie, avec le secours du Diable, devra répondre, justifier ou avouer ses fautes si l’expectative ou la conviction de cette honorable assemblée en demande note. Toute ordalie comme jugement de Dieu sera écartée, car l’on sait qu’avec le secours du Diable, les sorcières demeurent insensibles à l’épreuve du feu et de l’eau…

 

L’évêque de Chalons, Abbé de Saint-Germain-des-Prés, Sieur Geoffroy de Saint Gérant fut atterré par cette sinistre nouvelle…

© Le roman a fait l'objet d'une procédure de protection des droits d'auteur auprès de l'INPI 

Episode 19 -  Amitiés

 

Illustration : Sandra GADRET


 

  1. Une des voies les plus anciennes de franchissement de la Seine. Des maisons étaient construites sur le pont notre Dame, si bien que lorsqu'on le traversait, on ne savait pas que l'on était sur le pont. (Retour à la lecture)
  2. Entendre chanter l'effraie : A l'époque, le chant de l'effraie signifiait la mort (Retour à la lecture)

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Commentaires (2)

ecrivonsunlivre
  • 1. ecrivonsunlivre (site web) | 13/07/2017
Effectivement la dépêche est brutale, tout comme le sera la suite de ce chapitre. On commençait à s'endormir, il y avait trop de romance... Rappelez-vous, nous atteignons le haut de la pyramide et les deux prochains épisodes seront donc beaucoup moins "frais". Vous attendiez aussi le moment où la sorcellerie sera évoquée... ça arrive, ça arrive...
misslou
  • 2. misslou | 12/07/2017
Que le récit se poursuit bien ! Un nouveau personnage, Gertrude et la vie d'Alayone qui tourne autour de cette nouvelle amie. Les dialogues et le "parler" de Gertrude, tout me plait bien.
Par contre je trouve que la lettre qui accuse Gertrude est amenée un peu rapidement : Alayone entend l'effraie, notre évèque eut de la lecture... on est un peu surpris en commençant la lecture de ce texte, sans pouvoir bien le situer.

J'espère que Gertrude ne subira pas le sort de Dame Cunégonde ! et qu'Alayone pourra lui venir en aide, directement ou indirectement... A la semaine prochaine, pour la suite de Malleus ...

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