Roman partagé - Tristan/ Mon conseil : Trouver son style

Bonjour,

Alayone aurait-elle enfin trouvé le chemin vers le bonheur ? Conseils du jour : Comment trouver son style d’écriture ? Comment surmonter un blocage ?

Bonne lecture et n'hésitez pas à publier vos commentaires.

Marie-Laure

Episode 17 tristan trouver son style d ecriture

Lire uniquement le roman – Page 17

MA DÉMARCHE - MES CONSEILS - Mon conseil en écriture d'aujourd'hui : Comment trouver son style d’écriture ? Comment surmonter un blocage ?

Un des membres de notre site à besoin de conseils :

"J’aimerais avoir un avis et quelques conseils sur une chose qui me travaille depuis quelque temps. Une personne proche, me connaissant bien, trouve que mes écrits sont souvent trop sérieux et que cela manque d’humour, que je peux trouver en moi. Mais chaque fois que j’essaie d’être plus humoristique, je bloque, ou alors, peut-être ai-je peur que cela ne fasse rire que moi, l’humour étant propre pour chaque personne. J’ai pourtant, je pense, le sens de l’humour, mais c’est très difficile de le mettre par écrit.

Je voudrais donc savoir si je dois rester toujours naturel, avec mon propre style, mais sous peine de lasser parfois et de rester toujours sérieux, ou bien d’essayer d’innover un peu, de changer parfois de style même si je ne maîtrise pas toujours cela ? Merci d’avance pour vos conseils."

Comment trouver son style d’écriture ? Comment surmonter un blocage ?

Pas de panique ! Gardez un esprit positif et ne vous découragez pas.

Dans un premier temps, faites taire votre petite voix intérieure qui vous dit « je n’écris pas bien ». Ce que vous avez en tête ne se reflète pas assez dans ce que vous écrivez ? Vous êtes déçu ? Je pense que vous avez déjà effectué le plus difficile qui est de chercher à progresser. Oui, mais, comment faire ? Comment trouver son propre style ?

Il faut d’abord lire beaucoup et dans différents styles et vous appliquerez ce que vous préférez. Lire des genres littéraires différents de ce que vous aimez vous apportera de la valeur ajoutée. La nécessité de lire et de s’imprégner des écrits d’autres auteurs est une évidence lorsque l’on est passionné et que l’on souhaite la progression. Mais ne cherchez pas à imiter vos auteurs préférés ou à faire de la grande littérature, mais écoutez plutôt l’écrivain qui sommeille en vous.

Il faut ensuite écrire régulièrement, le mieux étant chaque jour. Difficile de s’y mettre ? Écrivez n’importe quoi, ce qui vous passe par la tête. Si vous n’avez pas d’idée ne reportez pas au lendemain ou uniquement pour sortir de vos habitudes afin de renouveler votre créativité. Cherchez quelles sont vos plus grandes joies, vos plus grandes colères... Cherchez ce que vous avez au fond de vous et retranscrivez vos émotions. N’abandonnez pas trop vite. Ne vous bloquez pas si vous pensez que ce que vous écrivez est nul, vous n’êtes pas obligé de montrer votre brouillon... donc sentez-vous libre de faire des tests en écrivant des histoires courtes chaque jour. Cherchez à vous améliorer en vous amusant par exemple en pratiquant des jeux d’écriture.

Et pour finir, je vous dirais d’être patient et persévérant, mais de ne pas écrire sous la contrainte. Soyez passionné par l’écriture. Cherchez à progresser, je l’ai déjà dit, ne restez pas sur ce que vous savez faire pour ensuite vous donner le choix d’écrire ce que vous aimez.

Être passionné, écrire ce que vous aimez vous permettra de transmettre le meilleur à votre lecteur. On ne choisit pas son style, c’est lui qui s’impose à vous.

Un bon écrivain n’est pas seulement celui qui maîtrise parfaitement les techniques d’écriture, comme un bon artiste ne sort pas forcément des beaux-arts, mais c’est avant tout celui qui sait traduire ses émotions avec la plus grande justesse, et vous ne serez juste qu’en écrivant avec votre cœur.

Vous pouvez-vous aussi répondre à cette question en suivant ce lien : https://www.ecrivonsunlivre.com/forum/comment-devenir-ecrivain-conseils-et-techniques-d-ecriture/besoin-d-un-avis-sur-mon-ecriture.html

(Retrouvez quelques documents et illustrations de recherche sur le compte pinterest du site Pinterest)

Le roman

...c’est un salon gothique 
vaste et mélancolique 
où comme une âme en peine 
je traîne. 
Là-haut parmi les ombres 
un tableau très sombre 
me retient toujours 
comme un amour 
la nuit souvent j’emprunte 
du temps le labyrinthe 
pour m’allonger dans le tableau. 
Près d’une épée sortie 
vous dans l’herbe endormie 
devant un paysage 
votre visage 
qui la nuit vient vers moi …

Le tableau - Laurent Voulzy

 

Lettre d’Alayone Duprès à l’adresse de son père.

 

Reçue le 20 février 1485 

 

 

 

 

Au dos de la lettre :  À Amaury Duprès, Tailleur de Pierre de Notre Dame, Château de Sarry

Mon tendre et aimé Père

Laissez-moi vous faire le récit de la belle aventure qui m’a été plaisante de vivre. Il n’y a que vous qui puissiez entendre ce que j’ai à vous dire, car il me semble que même Dieu n’y consentirait. Vous êtes sage et bienveillant et seul vous savez si bien me comprendre.

Durant la foire de Saint-Germain-des-Prés, j’ai rencontré un damoiseau qui me semble être de bonne famille. Sa parfaite éducation le mena jusqu’aux portes de la Sorbonne où il y demeure clerc aux enseignements de la science et de la médecine. Notre première entrevue fut épique, car dès que je compris qu’il me courtisait je l’ai envoyé prendre un autre air avec toute la délicatesse dont vous me savez maître lorsque je suis courroucée.

Au second jour de la foire, il s’est montré avec plus de franchise et cela m’a plu. Je lui ai accordé une nouvelle chance par une courte entrevue à la fin de mes obligations. J’ai pu ouvrer à cette fête grâce au consentement de notre évêque. J’ai tenu la plume pour quelques-uns qui ne savaient point écrire et ai pu récolter quelques deniers bien gagnés.

Nous avons devisé. Père, comme c’était plaisant de parler avec une personne de mon âge et aussi érudite. Nous avons tant de choses à nous dire. Les moines sont agréables, mais leurs conversations sont très monotones. Chaque soir, je me languissais que l'aurore paraisse vite.

Au troisième jour, je remerciais notre seigneur de m’avoir faite forte et de sang froid. Il aurait pu arriver une grande infélicité à Tristan — c’est ainsi que se nome le clerc dont je vous fais prendre connaissance depuis le début de ce bref. Près de l’Abbaye se trouve une vaste étendue de terre où les étudiants viennent très souvent se détendre. Ces terres ont appartenu jadis à nos moines, mais sont aujourd’hui propriété de l’université. Ce lieu est appelé « le Pré aux Clercs. » Le savoir que m’a transmis la guérisseuse fut providentiel ce jour-là. Grâce à ma pierre à guérir noire, et après avoir fait saigner la plaie, elle s’est attachée à l’endroit de la morsure qu’un vil serpent fit au talon de Tristan. La gravelle ne se détacha que lorsque tout le venin fut absorbé. Les hospices étant trop éloignés du pré, on le mena à l’infirmerie de l’Abbaye. Il y restera jusqu’à complète curation.

Quel bonheur mon père de l’avoir près de moi. À l’inverse, je me suis prise à me languir la journée, priant que la foire se termina vite. Nos discussions dans le calme de la nuit sont lyrisées par les mots congrus et doux qu’il emploie. Il vous ressemble en beaucoup de choses, mais c’est surtout en sagesse que je vous retrouve en lui. Il me tarde de pouvoir visiter Paris en sa bonne garde. Il m’en parle avec tant de justes mots et telle émotion qu’il me semble la connaître avant même d'en avoir parcouru les chemins.

Je suis heureuse d’avoir enfin trouvé un ami, ma solitude me pesait tant. Le jeune Filibert me tenait bien compagnie et m’a beaucoup aidé à surmonter le chagrin de vous avoir quitté, mais il est tant agréable de pouvoir parler a quelqu’un de mon âge et de belles et nombreuses connaissances.

Que Dieu vous garde mon tendre père. Je pense beaucoup à vous.

Votre bien-aimée et affectueuse enfante

Alayone Duprès

Écrit à Saint-Germain-des-Prés le 10 février 1485

 

23février 1485

 

Le chat

 

 

 

 

Mais voilà, Tristan s’en est allé, traité de son mal jusqu'à parfaite guérison. Ses jours s'écoulent à la Sorbonne et ses nuits aux abords de la petite Seine qui, avec les hauts murs de l’Abbaye, le sépare d’Alayone. Elle le guette chaque soir et ne peuvent se parler. Elle se pose sur l'enceinte de sa prison dorée et n’en bouge point. Il la contemple telle une huile de Raphaël. Lorsque pointe l’aurore, il part et ne revient qu’au crépuscule de sa journée achevée aux études.

De nouveau elle ne peut sortir sans chaperon. Inutile de soudoyer les moines qui sont fidèles à Dieu et vouent une obéissance sans faille à leur Abbé.

Je cru perdre une nouvelle fois ma petite maîtresse, mais à sa prière de vêpres, je la vis se lever promptement et revenir avec un chandelier. Je lui retrouvais ardeur et ai pu discerner une légère flamme dans ses yeux clairs. Je décidais donc de la suivre dans ce que je comprenais être une nouvelle aventure. Elle ficha dans la serrure de la petite crypte deux morceaux de métal et la porte s’ouvrit sur un long couloir. Malgré sa peur, elle s’enfonça profondément dans les dédales sous-terrain. L’air était lourd et la température constante. Des centaines de bouteilles de vin étaient alignées sous une épaisse moisissure. Elle continua son chemin sillonnant des chambres où des tombeaux étaient calés. Quelques stèles étaient ouvertes et laissaient apparaître des ossements. « Encore des malheureux dispersés un peu partout » - Pensa-t-elle. Un frisson traversa son corps, mais elle ne fit pas demi-tour, l’envie de pouvoir rejoindre Tristan était bien plus forte que la vue de ces squelettes entassés. Elle parcourut quelques toises lorsqu’elle s’aperçut que le dénivelé du couloir allait vers le haut. Des petits cailloux craquaient sous ses pieds et l'atmosphère se faisait plus froide. Puis une lourde porte « Dieu, faites qu’elle ne soit point clause ! » Il y avait là juste un loquet à soulever. Elle ouvrit et prit une belle bouffée d’air frais. Qu’il était bon le vent de la liberté.

 

L ettre d’Amaury Duprès à l’adresse de l’Abbé de Saint-Germain-des-Prés et Évêque de Chalons.

 

Reçue le 10 mars 1485

 

 

 

 

Au dos de la lettre : À l’Abbé de Saint-Germain-des-Prés et Evêque de Chalons Sieur de Saint Gérant.

Mon bien respecté Père,

Je vous informe par la présence missive que notre Alayone a un galant. Il a l’air en tout point convenable. Je vous prie de mener inquisition afin de savoir s’il est vraiment comme il faut pour ma fille.

Je n’ai que son prénom, Tristan, et serait étudiant à la Sorbonne.

Si ce damoiseau est gent honnête, j’approuverai qu’elle puisse demeurer en sa compagnie à certaines heures de l’après-midi et toujours accompagnée d’un moine. Il me semble en effet que le côtoiement d’un jeune homme de son âge, érudit, et de bonne famille soit de bon augure. Si à l’inverse il se trouve être un soupirant de mauvaise fortune, je vous prierais de mettre fin prestement à toute entrevue.

Vous êtes mes yeux et mon cœur en mon absence et je mets toute ma confiance en votre bon jugement. Je vous remercie une nouvelle fois pour toute la diligence que vous apportez à ma famille maintenant si réduite.

Votre cher et dévoué Amaury Duprés.

Écrit à Sarry le 1er mars 1485

 


 

12mars 1485

 

 

Le chat

 

 

 

Depuis qu’elle découvrit le passage par la crypte, elle rejoignait chaque soir son ami hors des murs de l’Abbaye, mais tous deux restaient toujours à proximité de l'enceinte. Le Pré aux Clercs, la nuit, était proie à toute sorte de duels et les rues de Paris emplies d’ivrognes impénitents et de malencombres les auraient fait courir hasard de mort. Tristan avait courage entier, mais était maître de la prudence et il serait marri que l’on gâtia le visage ou le corps de sa belle. Il ne souhaitait pas s’aventurer trop loin de la prison dorée où était enfermée celle qui remplissait son cœur depuis plusieurs semaines. Parfois lorsque le sommeil venait les avertir, ils s’allongeaient côte à côte, et comme Tristan et Iseult, sa dague les séparait, garant de leur amour naissant dans des brumes de pureté.

Mais depuis cette aurore, Alayone fut en émoi, de mémoire de chat, jamais je ne la vis si joyeuse et emportée. Elle put ce jour grâce à la complicité d’un moine complaisant parcourir les rues de Paris avec Tristan sous le soleil et non plus à la lumière scabreuse de la lune.

Elle s’apprêta depuis tierce. Mit sa plus belle tunique sur un élégant bliaud de soie qui lui venait en lais (1) de sa mère. Reprit sa mentonnière qui lui servit naguère à cacher ses cicatrices. Elle y pensa en la coiffant et cette image lui paru lointaine, elle n'en souffrait plus. Elle se ganta les mains et mit son mantel en peau de loup afin d’affronter le froid de l’hiver qui expirerait doucement.

Elle pénétra Paris par la porte de Buci et continua rue Saint-Germain afin d’y retrouver Tristan. Ils passèrent devant Saint-André des Arts et divers collèges dont son céladon (2) lui expliqua toutes les histoires ébruitées. Elle visita ensuite les soieries, les imprimeries, et les orfèvreries. Tout ce qu’une jeune fille de bonne famille devait connaître.

Jamais elle ne vit autant de tissus fins, on utilise ici la laine de Castillane, on substitue le rouet à la quenouille, on achète de l’alun espagnol et en teint les étoffes de couleurs joyeuses. Tristan lui expliquât qu’il était en cette presque fin de siècle aisé de transporter les marchandises par la mer et par la terre. Bonnets et chapeaux viennent de Falaise, Vitré et Troyes se disputent leurs beautés et originalités.

L’orfèvrerie parisienne se veut également raffinée jusque dans sa coutellerie et clouterie. Mais ce qui subjugua Alayone fut l'importance d’échoppes de livres. Jamais elle ne vit chose semblable. La fabrication du papier à Troyes et en Auvergne accouplée au nombre croissant d’imprimeries faisait le rayonnement de cette industrie et contribuait à son essor fulgurant. On confectionne aussi des images pieuses et des cartes à jouer que l’on peut trouver à chaque coin de rue pour quelques menues pièces.

Elle goûta des épices et du sucre de Madère. Tant de beauté, d’art, de choses nouvelles lui firent oublier la pestilence, la puanteur et le bruit de la foule de Paris. Paris était sale. Elle faillit se prendre un seau d’immondices sur le chef. Il lui fallait marcher sur le haut du pavé afin d'éviter ce risque, mais pour admirer les façades des maisons et des monuments le caniveau central était plus approprié.  Paris le jour restait malgré tout plus rayonnante que la nuit. Un cochon lui coupa la route suivie de quelques rats, mais là encore peu lui chalait et ils en riaient. Le temps passé en la compagnie de Tristan était un ravissement suspendu au-dessus des cieux eux-mêmes. Ainsi elle découvrit le paradis, l’insouciance et l’amour vrai.

© Le roman a fait l'objet d'une procédure de protection des droits d'auteur auprès de l'INPI 

17 tristan

 

Illustration : Sandra GADRET


 

  1. Lais : de laisser, des legs, héritages (Retour à la lecture)
  2. Céladon : Amoureux platonique et sentimental  (Retour à la lecture)

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Commentaires (1)

misslou
  • 1. misslou | 28/06/2017
"Qu'il était bon le vent de la liberté ",
c'est dans le texte de ce très bel épisode, un grand Bravo et c'est ce que l'on ressent aussi, en même temps qu'Alayone. L'histoire de cette rencontre se poursuit, on se réjouit pour eux, on est admiratif de notre héroïne qui va jusqu'au bout des souterrains pour rejoindre son amoureux. Le père semble regarder tout cela d'un bon œil (dans sa lettre du 10 mars 1485 je pense et non 84) et tout semble aller pour le mieux. La visite du Paris de l'époque est agréable vue par les yeux des deux jeunes gens, mais....on se demande quel avenir les attend maintenant, dans le prochain épisode qu'on souhaite tout aussi vivant et captivant... merci, à mercredi

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