Les secrets du Clairemonde (Heroic/Fantasy)

le 13/07/2016 à 11:52

Il était tout prêt de découvrir le plus grand secret de l’histoire du Clairmonde. D’un naturel plutôt circonspect, Celeborn avait bien du mal à contenir son calme dans de pareilles circonstances.

Celeborn était un jeune elfe âgé d’à peine quatre-vingt ans. Enfant, il passait son temps à étudier les livres de la bibliothèque de Sylve, la plus grande ville d’Eldacèn, le royaume du peuple elfique. Celeborn avait toujours soif de savoir, mais ce qui le passionnait par-dessus tout c’était de découvrir ce qui demeurait encore inconnu. Ces recherches l’avaient mené à s’exiler durant plusieurs années dans une forêt profonde.

Dans cette forêt se trouvaient, cachés, les premiers écrits concernant l’un des plus grands mystères du Clairemonde : le Coeurmana, l’artefact à l’origine de la magie. Celeborn était sur le point de découvrir ces manuscrits.
vic
vic

le 14/07/2016 à 11:15

Je marche comme un fantôme slalomant les habitants d'une petite maison. Véritable course contre la montre à travers les ténèbres. Les différentes potions inhalés auparavant portaient leurs fruits. Je courais plus vite, et le souffle ne me manquait point. Je traversais villages et champs, en quête de l'arbre. Le seul. L'unique. Tout concordait. Le plus grand secret du royaume. Le Coeurmana. De longues années à chercher, à fouiller, à creuser. Pour s'en aller. S'enfoncer plus loin. Au cœur de territoires inexplorés par les elfes. Quitter les paysages de cultures, où la magie règne sans partage. Le soleil commençait déjà à poindre dans le ciel de nuit, quand je le vis enfin...

le 19/07/2016 à 15:27

L'artefact...

On aurait pu l'imaginer sous une reliure précieuse, dans un cuir fin et d'un filet d'or sur la lisière des pages. C'est ce que tous les êtres magiques, plus ou moins honorables cherchaient depuis la nuit des temps. Ce que je trouvais était un ouvrage, pas plus grand qu'un dé à coudre et réalisé avec un papier de fibres si fines que ce livre qui comportait plus de 10 000 pages n'était pas plus épais que la largeur de mon petit doigt. Maintenant que je l'avais entre les mains ma vie était en grand danger, de par la magie qu'il recelait mais aussi parce que, sorti de sa cachette, il devenait une arme redoutable que plus d'un ennemi du Clairemonde ambitionnait d'avoir en sa possession.
Sophie - “Ecrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas il n'est qu'écriture.” - Jules Renard

le 01/08/2016 à 14:56

Mais il m'était impossible de le lire. Il était même si petit je ne voyais que de fine lignes sur le papier. Impossible de voir à l'oeil nu de quel dialecte il pouvait s'agir.

Parmi les précautions que je devais prendre, la première et la plus importante : Personne ne devait savoir ce que j'avais en ma possession le Coeurmana. Seulement il me fallait trouver un outil, un mage, ou un être du peuple des Feuillus pour m'aider à le déchiffrer...

Les Feuillus étaient de petits êtres discrets, à peine plus grands que des scarabées mais très associables. Il ne fallait pas croire non plus, que de par leur petite taille, ils étaient inoffensifs.

De tout temps, les Feuillus ne vivaient que dans la crainte du grand, et de tout temps, ils imaginaient des moyens de s'en défendre. C'était même l'une de leur principale activité après celles qui consistaient en leur survie. Tout chez eux était réfléchi et surprenant.

On les avait appelé "Les Feuillus" ou "Les Urticaires" parce qu'ils confectionnaient leurs vêtements avec des feuilles d'orties qu'ils traitaient de telle sorte qui si on les toucha, on était instantanément recouverts de petits boutons nous affligeant une telle démangeaison que certain en perdaient plusieurs couches de leur épiderme. Par contre, eux, étaient immunisés contre les piqûres de ces feuilles.

Cette perspective ne me plaisait guère...
Dixi

le 02/08/2016 à 13:17

La seconde précaution à prendre était de cacher le Coeurmana, mais il était hors de question que je m’en sépare.

Le garder sur moi était donc la meilleure solution.

Il ne fallait pas que je puisse le perdre en le glissant dans mon vêtement, ni attirer l’attention sur un nouveau bijou. Je décidais donc de le placer dans ma manchette elfique. Prit dans ce tissu magique et enroulé autour de mon poigné, personne ne pourrait me le prendre ni même suspecter sa présence. Caché par la magie du tissu et surtout protégé par son incroyable solidité, le petit ouvrage serait invisible de tout œil et ne dégagerait aucune odeur.

« Entre dans cet écrin de soie
Et n’y bouge surtout pas.
Dans cette seconde peau
Ni l’humidité de l’eau,
La lame d’un couteau,
Aucune parole,
Aucun pouvoir,
Dans cette camisole,
Protégé par le noir,
Aucun œil ne verra
Aucun nez ne sentira
Ta présence à mon bras »
Sophie - “Ecrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas il n'est qu'écriture.” - Jules Renard
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le 02/08/2016 à 17:59

Image La vraie traduction elfique de l'incantation...
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le 04/08/2016 à 18:32

Et le voici qui disparaît !

Aussitôt tout mon monde s’écroule. Mon souffle s’accélère, ma tête bourdonne, mon cœur semble vouloir s’échapper de mon corps, je tremble, j’ai froid, mes lèvres s’engourdissent, mes jambes ne me tiennent plus, le sol bouge sous mes pas, je ne vois plus rien, je tente de regarder ce qui se passe autour de moi mais je ne vois plus rien derrière mes yeux humides.

Qu’ai-je fais ! Que c’est-il passé ?

Je m’assois sur la terre, mon dos posé sur la moiteur de la mousse recouvrant un arbre millénaire qui ne saura malheureusement pas me réconforter.

Qu’ai-je fais ? Où se trouve le Coeurmana ? Je n’ai vu personne, je n’ai senti personne, juste un petit filet d’air… Un filet d’air… Je lève les yeux, contemple un bout de ciel, juste une minuscule tâche bleue visible entre le feuillage intense de la forêt. Je me sens vide et las, épuisé je m’effondre.

le 22/08/2016 à 01:35

La nuit avait déjà enveloppé la forêt de sa pénombre lorsque je fus réveillé par la sensation d'une présence à mes côtés. Mon esprit brumeux ne perçut tout d'abord que des murmures lointains, qui se transformèrent en des chuchotements puis en des paroles claires dont je ne compris pas la langue. Faisant mine d'être toujours endormi, je tentai d'évaluer la situation et déduisit aux différents sons de leurs voix que les créatures qui m'entouraient devaient être au nombre de dix. Cette forêt, je le savais, renfermait des peuples variés et, aussi impatient qu'angoissé, je me décidai à ouvrir les yeux pour découvrir ceux qui m'avaient trouvé.
Haeresis83

le 22/08/2016 à 17:17

En fait de pénombre, je n’étais plus dans la forêt, mais plutôt sous la forêt. L’odeur d’humus aurait dû m’alerter. L’air était pesant, presque irrespirable. Je ne bougeais plus…

Dans cette demi-obscurité où seuls quelques vers luisants enfermés dans des cages donnaient un peu de clarté dans ce lieu étouffant je ne parvins pas à voir qui parlait à côté de moi. Il faisait frais dans cet endroit pourtant il me semblait que mon corps était fiévreux. Que m’arrivait-il ?

Je tentais de me relever pour ne pas sombrer de nouveau mais la hauteur cet endroit ne me permettait même pas de me tenir assis. J’étais allongé à même la terre, dans une sorte de glaise. Je devais garder mon calme et respirer profondément pour ne pas user l’oxygène utile à ma survie. « Abli tor hu wexilum ». La magie n’avait pas d’emprise en ce lieu.

Soudain je senti un fourmillement sur les pieds, puis sur les jambes et sur les épaules. Mon visage se mis à me démanger, je voulu mettre un terme à ces picotements en y portant les mains puis tout s’arrêta net. D’instinct j’avais fermé les yeux, quand je les ouvris de nouveau je vis devant moi un petit être d’à peine plus grand que l’ongle de mon pouce me fixer d’un air agressif.

Il était vert, recouvert d’un habit confectionné semblait-il de feuilles d’orties. Ses oreilles et son nez pointu ne le rendaient pas plus aimable. J’avais devant moi un Urticaire.
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le 22/08/2016 à 17:55

Voyant que j'étais réveillé, l'Urticaire vraisemblablement en charge de ma surveillance se mit à prononcer dans un cri strident un mot que je ne compris pas. Aussitôt, je vis arriver plusieurs autres petits êtres verts, qui prirent place autour de moi. Le regard agressif mais empli de curiosité, ils me dévisageaient en commentant dans leur langue l'être immense qu'ils avaient devant eux : moi.

Comme j'essayai de bouger, ils furent un instant pris de panique avant de sortir de leur habit un curieux objet qui, je le pressentais, me vaudrait bien des démangeaisons si je continuais mes mouvements.
Haeresis83

le 22/08/2016 à 18:08

J' A D O R E ce jeu !!!
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le 23/08/2016 à 00:18

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le 24/08/2016 à 16:10

J’étais finalement pris au piège à la merci de petits êtres pas plus gros que des insectes mais aussi dangereux que certains d’eux. Je connaissais mal ce peuple et regretta en cet instant mon manque d’assiduité aux cours de biologie. Mais notre forêt est peuplée de tant d’êtres vivants que nous ne rencontrons jamais, que je trouvais quelques chapitres des leçons inutiles.

Et me voici, gros lourdaud, au fond d’un trou avec devant moi des bestioles vertes antipathiques prêtes à m’asperger de je ne sais quoi qui aurait je ne sais quelle réaction sur mon corps.

Pourtant c’est cette idée qui me fit réagir, la peur, l’inconscience et un moment de panique me firent me redresser et par miracle ma tête sortie de terre. Ce trou n’était pas profond et seule une fine couche de terre me séparait de l’air frais.

En dessous de moi, je sentais comme une sorte de séisme, quelques urticaires réussirent à sortir et d’autres étaient emprisonnés sous terre. Je lu sur le visage des rescapés tant de chagrin que je décidais de les aider en soulevant délicatement des morceaux de glaise. Je grattais méticuleusement les petites buttes de terre.

Il sorti un autre urticaire qui vint prendre refuge entre les bras d’un rescapé, puis un autre qui toussait et tentait de reprendre son souffle, un huitième qui s’allongea sur le sol puis un neuvième.

Tous se réunirent et parlèrent vite et fort. Leur comportement oscillait entre panique et désarrois. Je me souvins qu’au fond du trou, j’avais compté dix voix, il en manquait donc un.

Je pris dans ma main une grosse botte de terre que j’éparpillais délicatement au creux de ma paume. Puis apparu un Feuillu inerte. Je le posai sur de l’herbe tendre. Les autres se réunirent en cercle autour de lui, se prirent par la main et commencèrent à entonner une sorte de chant à la limite de la dissonance mais cependant très mélodieux. Cette mélodie était transcendante. Le petit être s’éleva au dessus du cercle puis tourbillonna jusqu’à ce que l’on ne vit plus qu’une petite tornade. Des couleurs pareilles à des aurores boréales enveloppaient la scène.

A genoux devant ce spectacle, j’en oubliais un moment de quel piège je venais de me sortir. Soudain, la tornade se jeta sur moi et je ressenti comme un souffle frais et poussiéreux envahir mon visage. Je respirais profondément et dans cette inspiration il me semblait qu'entrait par mon nez une sorte du fumée qui sentait l’humus.

Une voix dans ma tête se fit entendre « Elfe, quelques uns de mon peuple alors qu’ils souhaitaient te sacrifier devraient être réduits en poussière alors que tu te défendais dignement. Tu en sauvas et celui qui resta fera désormais parti de toi. Entends son souffle, entends son cœur battre en toi, et surtout écoute sa voix elle te guidera dans tes choix. Tu as su reconnaître l’importance d’un être petit que certains disent insignifiants, en ceci nous savons que ton cœur est grand. Aussi sois digne de ce présent que nous te faisons aujourd’hui. Bodgern était un grand guerrier et un Urticaire sage, il vit maintenant avec toi. Lorsque sa mission sera achevée, alors tu nous le rendras. »

Puis tous disparurent ne laissant qu’au creux de mes mains « le coeurma ».
Dixi

le 30/08/2016 à 00:31

Un peu abasourdi par cette expérience, je repris avec empressement mon incantation afin de cacher rapidement le coeurmana au creux de mon poigné :
« Entre dans cet écrin de soie
Et n’y bouge surtout pas.
Dans cette seconde peau
Ni l’humidité de l’eau,
La lame d’un couteau,
Aucune parole,
Aucun pouvoir,
Dans cette camisole,
Protégé par le noir,
Aucun œil ne verra
Aucun nez ne sentira
Ta présence à mon bras …

…Celui qui te touche
Se brulera »

Cette dernière phrase était sortie de ma bouche sans que je ne la pensa. Il fallait donc que je m’habitue à la présence de Bodgern dans mon corps et dans mon âme.

Il pouvait intervenir à n’importa quel moment, et je ne pouvais l’en empêcher. A moins que…
« Bodgern, m’entends-tu ?
- Assurément Celeborn, je peux même anticiper tes pensées
- Mais, et moi, est-ce que j’ai un quelconque pouvoir sur toi ?
- Oui, Céléborn, le tout est que tu arrives toi aussi à devancer mes pensées et dans ce cas, tu émets ta désapprobation.
- Mais comment est-ce que je peux prévenir tes pensées ?
- Ça, tu ne le pourras qu’en faisant preuve de réflexion et de sagesse. Comme si j’étais un petit enfant que tu devrais surveiller.
- C’est tout bonnement impossible !
- Si tu ne t’en crois pas capable, tu n’en seras pas capable. Et pour ma part, je suis déjà enchaîné à ton corps, j’aime autant ne pas l’être de ton esprit. Te voilà pour ainsi dire porteur d’une chose étrange et dangereuse avec un compagnon dont tu ne sais rien et que tu ne maîtrise pas. Poursuit ta route jeune écervelé et tâche de ne pas nous mettre encore dans une situation improbable, nous sommes assez de deux dans ta tête et j’aimerais bien en sortir un jour »

Et mon esprit se vide comme une bulle qui éclate ne laissant que quelques brises de fraîcheur.
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le 16/09/2016 à 12:17

Chapitre 2 (Tête de chapitre ajouté par Ecrivons un livre)

Ecrit de Misslou :

L'aube saupoudrait la forêt d'une pluie d'éclats miroitants, gouttes de rosée comme autant d'étoiles aux reflets bleutés.
"Poursuis ta route" venait de me souffler Bodgern. Alors je suivis le chemin de l'Est, vers le soleil levant, encore un peu engourdi d'une nuit de peu de sommeil. Je sentais à mon poignet, le précieux Coeurmana et m'adressant à cette autre partie de moi-même, je murmurais :
- Bogdern, es-tu là ?
- Assurément, Célébom, toujours en toi.
- Saurais-tu lire le Coeurmana ?
- La beauté de ce lever de soleil te donne tous les espoirs, jeune elfe. Non. Seuls quelques Feuillus ont le pouvoir et le savoir de décrypter le Coeurmana et de lire les mystères du Clairemonde.
- Les connais-tu ?
- Mon peuple est multitude. Mais chacun de nous est l'élément d'un tout. Nos cœurs sont liés, nos âmes sont reliées et je sais le meilleur de chaque Feuillu, son courage, ses talents, ses faiblesses, ses rêves et bien plus.
Je crus que la solution était à portée de main...
- Pourrais-tu me guider vers celui qui saura lire le Coeurmana ?
Il y eut un long silence. J'attendis, à l'écoute de moi-même. J'entendais mes pas étouffés par le doux tapis de mousse et souvent ponctués par le craquement, sous mon pied, des débris de feuilles, des branches mortes, des glands argentés.
Les paroles qui surgirent alors dans ma tête me firent tressaillir. Je n'étais pas encore habitué à ne plus être seul avec moi-même.
- Célébom, je n'ai pas encore avec toi ce lien précieux qui s'appelle Confiance. Je ne peux pas te dire les secrets de mon peuple. Nous sommes à la fois, forts et fragiles. Ta quête, c'est toi qui doit la mener. Mais je te dirai toujours et sans détour, si tu es sur la bonne voie.
Ces phrases, le jeune elfe les laissait tourner dans sa tête en avançant vers un point de la forêt où les arbres, plus rares, accueillaient largement la clarté qui glissait du ciel en cascades de rayons ocrés.
Cette lumière éclaira son visage et ses pensées. Il sut. Il devait aller parmi les siens et se confier à celui qui partagerait sa quête.
Chargé d'une énergie nouvelle, il reprit sa route...
misslou
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le 09/10/2016 à 17:31

A la lecture des derniers écrits de Misslou, nous pensons que nous pouvons ouvrir un nouveau chapitre juste au dessus.
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le 19/10/2016 à 13:06

Mais quelle route prendre ?

Le Clairemonde était vaste. Au nord, nous avions la contré du Nuben qui était très aride tant la chaleur était étouffante. Il y avait très peu de végétation et les hommes du nord vivaient dans des trous creusés dans des profondeurs hallucinantes. C’était la seule façon pour eux de trouver de l’eau. Il y avait sous terre des villes impérieuses dont la plus grande, Nasen, était gouvernée par Nadavequn un homme sanguinaire qui faisait surveiller les hauteurs et sacrifiait ainsi des dizaines d’hommes par jour qui brûlaient au soleil. Car la plus grande crainte de Nadavequn était que les monstrueux Nhan s’approchaient de la contré et fissent s’effondrer les puis de lumière nécessaires au transport de l’oxygène dans les villes.

Pour accéder au Nuben, il fallait traverser une chaine de montagne, la Mume de Lubom qui était sèche et rocailleuse du côté nord et un paradis sur terre du côté sud. Lorsque vous arriviez à la cime des montagnes, si vous mettiez un pied côté nord et un pied coté sud, la différence de température pouvait vous tuer sur place, votre corps ne supportant pas ce choc thermique. C’était comme si une sorte de mur séparait le nord des autres contrées. Certains avaient tentés de sauter à pieds joints de l’autre côté pour passer mais ils se liquéfiaient sur place. D’autres avait imaginé d’acclimatiser leur corps en restant plusieurs heures nus près d’un feu vif avant de passer de l’autre côté mais ils avaient déjà temps de mal à supporter ce brasier qu’ils n’urent pas le courage de passer cette frontière meurtrière.

Beaucoup tentèrent ce passage car des légendes disant à leur promettre gloire et richesse de l’autre côté ôtaient tout sens commun aux plus démunis. C’est donc que les habitants du Nuben restaient au Nuben sous peine de brûler au soleil et les autres restaient également dans leurs contrées puisque personne n’avait pu percer le secret du passage.

Au pied de la chaine de la Mume de Lubon se trouvait la plaine du Pasotu où il faisait bon vivre

Et je laisse la suite de la description du Clairemonde aux autres auteurs…
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le 20/10/2016 à 09:07

Si nous continuons vers l'ouest, après avoir traversé bien des villages, nous atteignons la forêt du Clairemonde. C'est ici que j'ai trouvé le Cœurmana. Cette forêt regorge de peuples et de créatures étranges. Certaines ne sont d'ailleurs pas encore connues. Il y a des endroits où dans la chaleur humide, baignée par l'odeur de l'humus, où nos yeux ravis par tant de couleurs nous font oublier le monde. Certains voyageurs se trouvent alors dans l'oubli d'eux même et meurent lentement sans s'en rendre compte.

Chaque peuple cohabite avec son voisin dans le respect de l'autre, enfin, en général. Car parfois quand il arrive qu'un habitant de la forêt du Clairemonde entre dans une sphère sans en être invité, il peut aller au devant de problèmes...

Cette forêt est traversée par des sentiers. Et si l'on quitte les sentiers il est fort probable d'entrer dans un territoire : une sphère. Souvent leur issue est gardée par une sorte de magie mais parfois elle ne l'est pas. Et l'on peut entrer dans un territoire sans s'en rendre compte. C'est pour cela qu'il est préférable de ne pas quitter les grands chemins.
Dixi

le 23/10/2016 à 22:12

Si vous descendez vers le sud, vous pourrez vous faire surprendre par le froid. « Surprendre » est le mot juste. En effet, vous pouvez voyager durant des lieux sous des températures respectables et soudainement une vague de froid viendra vous entourer. C’est pourquoi il est bon de traverser le sud avec de quoi vous couvrir.

Ce froid n’est pas mortel, enfin pas pour les êtres ayant un cœur. C’est la végétation qui souffre le plus de ces caprices climatiques.

On trouve dans le sud, des petits êtres qui veillent aux « Chlorophibiens ». Les Chlorophibiens sont des plantes vivantes. Ils ont un cœur et un cerveau, cependant ils prennent racine dans le sol. Lorqu’un Chlorophibien se sent menacé, il peut être très dangereux. Sa croissance peut être rapide et il peut vous étouffer et vous brûler avec leurs sucs vénéneux.

Si vous êtes pris dans leur piège, votre seule échappatoire est la vague de froid qui pourrait s’abattre à ce moment précis. Si un Chlorophibien ne se sent pas en danger, il est très pacifique, mais il est préférable toutefois de ne pas le côtoyer car c’est une plante très peureuse toujours sur la défensive.

En remontant dans le grand ouest, vous avez un grand lac, le lac vert, peuplé d’êtres de toutes sortes, puis en remontant encore vous rejoignez le nord dont nous avons déjà parlé.

Au centre de tout cela, un trou. Un trou béant. Le cratère d’un volcan qui n’aurait pas poussé. Beaucoup de légendes sur « l’anneau d’Ibiscar » font écho dans la contrée. Aucune n’a pu être vérifiée et chacun y va de sa croyance. Une chose est sûre pourtant : personne n’y est descendu et personne n’en n’est remonté. Mais depuis quelques temps, Ibiscar gronde, Ibiscar est entouré de fumée ou de brouillard, et Ibiscar sent le souffre…
Dixi
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le 24/10/2016 à 10:45

Bonjour !

Toute cette semaine, nous allons mettre en application les conseils de notre article de lundi dans un exercice qui se jouera dans cette histoire :

Premier conseil : Il faut parler de l’enjeu, le lecteur doit s’imaginer le mal qui approche

Donc votre travail de lundi et mardi sera d’imaginer la rencontre entre notre héro et une chose effrayante. Cette chose ne devra pas apercevoir Celeborn mais elle devra sentir sa présence.

Alors, quel chemin prendra Celeborn ?
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le 25/10/2016 à 14:28

Céléborn choisi d’aller vers l’ouest, c’est là, pensa t’il, qu’il trouvera sa réponse. Dans la contrée calme de l’est il ne se passe jamais rien, mais dans l’Ouest…

Seulement, il lui fallait atteindre l’orée ouest pour sortir des silves et donc traverser la forêt. Il s’avait qu’il ne devrait pas s’écarter du sentier.

Il parcouru ainsi une dizaine de lieues, Bogdern ne s’était pas manifesté, son chemin fut donc paisible. Puis il eut soif et plus rien pour s’abreuver. Quitter le grand chemin était périlleux mais il n’avait pas d’autre choix que de trouver une source. Il connaissait peu cette partie de la forêt. Il avança jusqu’à une croisée de chemins. Un chemin, reste un chemin, s’il ne le quittait pas, rien de fâcheux ne pourrait lui arriver, enfin s’en persuada t’il.

Il se posta, droit comme un roseau au centre de la croisée, il ferma les yeux. Il se concentra en tournant très lentement sur lui-même pour afin de ressentir les ondes, les présences, l’atmosphère, les présages de chacune des voies. Les mains devant lui, les paumes vers le ciel, il tenta de ressentir l’air. Il fini son tour complet. Rien en hauteur ne lui sembla dangereux. Il entreprit un second tour, cette fois, la paume des mains tournée vers le sol. A certains endroits, les paumes lui picotaient, à d’autres, une grande sensation de chaleur, presque insoutenable le brûlait puis tournant encore un peu, une brise légère vint atténuer ce feu. Le second tour achevé, il en commença un troisième, cette fois les paumes tendues à la verticale. Les mêmes sensations aux mêmes endroits se firent sentir.

Soudain, au moment même où il ne senti rien à son tour précédent, une forte présence se fit connaître et le projeta en arrière ce qui réveilla Bogdern.

« Il t’a senti », il faut vite choisir ta route, surtout pas la plus calme car il sera plus aisé pour lui de nous y retrouver.

« Qui ? », demanda Céléborn.

Céléborn senti la crainte monter en lui, il redoutait la confrontation avec cet être mystérieux. Est-il monstrueux ? Grand, petit, comment s’en défendre ? Bogdern s’était tu. Il ne fallait pas qu’il cède à la panique ou à l’affolement.

Soudain, il entendit un bruit, son corps se raidit, il se figea. Puis il le vit, s’avançant vers lui d’un pas gêné, embarrassé. Ils se regardèrent, aucun d’entre eux n’était à son aise. Il était grand, trapu, sa peau ressemblait à un vieux cuir séché, oscillant entre le noir et le rouge. Il avait deux billes blanches étincelantes en place de ses yeux mais sans paupière. Ceci lui donnait l’air d’être aveugle, mais pourtant, chacun de ses pas étaient bien choisi. Il inspirait fort, son odora semblait puissant. Ses narines pourtant étroites laissaient entrevoir de milliers de petits fils blancs, sans doute ce qui lui servait à filtrer l’air. Une bouche sans lèvre finissait ce portrait. Cette bouche prenait tout le visage, allant à chaque extrémités jusqu’aux oreilles. Oreilles basses sur le visage et très petites. Pourtant, elle avait l’air d’être très aiguisées. A chaque petit bruit, elles tournaient vers le son émis, instantanément. Ces bras étaient longs et il était court sur jambes. Il portait un vêtement de chanvre drapé et avait autour de la taille une multitude d’outils inconnus de Céléborn

L’elfe frémit. Ce frémissement attira instantanément le regard de la chose. Ses deux grosses billes étaient en fait des paupières qui s’ouvrirent à la verticale, et deux grands yeux couleur sable le fixaient maintenant. Céléborn se concentra et s’immobilisa de nouveau. La créature tendit un cou aussi long qu’un bras et son visage vint s’approcher de celui de Céléborn. La chose prit une profonde respiration… Une longue langue fine sortie de sa bouche pour aller goûter l’objet de sa curiosité. Elle s’arrêta à un doigt du visage de l’elfe, pas assez longue pour tendre plus, et il semblait également que son cou ne pouvait aller plus avant. Céléborn resta muet de terreur, le souffle coupé il ferma les yeux pour attendre son heure. L’être hideux resta un long moment sans bouger puis rentra sa langue et replaça son long cou entre ses épaules. Un bruit venait de le distraire. Il fit demi-tour, couru sans aucune grâce, d’un pas lourd et acheva la pauvre bête qui s’était trouvée dans ses ondes. Après l’avoir martelée il déchira chacun de ses membres comme s’il s’agissait d’une feuille morte : ce monstre avait une force phénoménale. Ses mains étaient si plates qu’elles purent découper les restes comme un couteau. Céléborn, toujours immobile regarda se spectacle épouvantable sans sourciller ses yeux endoloris de s’être si crispés.

Son repas consommé, La « croute de cuir » vivante baya. L’elfe pu voir ainsi qu’il avait trois rangées de dents aiguisées sur le devant et sur chacun des côtés de sa mâchoire, deux grosses molaires épaisses qui auraient pu vous broyer un homme d’une seule pression. Le monstre se laissa tomber sur le séant et s’assoupi.

Céléborn ne savait quoi faire. Il attendit un long moment pour être assuré du repos profond de cette ignominie de la nature et pour oser un tremblement. Il senti son être s’assouplir peu à peu dans une sorte de sueur froide. Le danger n’était pas écarté mais il pouvait au moins respirer normalement…
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