Une nouvelle enquête du commissaire Gontran (Roman policier)

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le 02/01/2017 à 18:22

Cette histoire fait suite à la chevalière des brigades rouges (http://www.ecrivonsunlivre.com/pages/la-chevaliere-des-brigades-rouges/br-ch1.html) où nous retrouverons le commissaire Gontran et sa fine équipe : son assistante Flavie ainsi que les gendarmes Sylvain et Doug. Voici donc les débuts d’une nouvelle intrigue… Le titre sera modifié dès que nous entrerons dans le vif du sujet.

Le ciel était déjà clair. 6 heures du matin et la chaleur déjà annonçait une journée suffocante. Natacha, malgré son réveil qui crachait sur les ondes les mauvaises nouvelles de la nuit, n’arrivait pas à émerger de son sommeil. Il faut dire que rien n’encourageait sa sortie du lit.

Elle allait vraisemblablement se faire tuer par son petit chef de pacotille à qui elle avait refusé de travailler une demi-heure de plus. Stéphane se montrait de plus en plus pressant et elle en avait assez de ses réflexions à double sens.

Elle adorait son métier et c’est ce qui la motivait à y rester. Pourtant, depuis quelque temps, elle s’interrogeait sur son avenir dans cette société. Stéphane n’était pas plus que cela apprécié par sa direction et elle n’avait finalement qu’à en référer à ses supérieurs, mais elle préférait régler ce problème toute seule sans mettre en péril la famille du petit chefaillon, même s’il ne méritait pas une femme si gentille que la sienne, mais certainement aussi très stupide. Car il fallait être vraiment idiote pour s’enticher d’un énergumène pareil et vouloir lui donner cinq enfants !

Finalement, le dernier sondage politique eut raison de la marmotte qui décida de mettre un pied à terre. Son reflet dans le miroir n’était pas fameux, une simple douche ne suffira pas à rafraîchir son teint blafard et il lui faudra assurément user de toutes les bonnes crèmes qui surchargeaient le tiroir de sa salle de bain.

De toute façon, avec cette chaleur qui s’annonçait, à dix heures elle aurait déjà le visage reluisant, les mains moites et les pieds gonflés.

En sortant de sa douche, Natacha se prit les pieds dans la gamelle de Victor, son chat noir.

- D’accord, d’accord, j’ai compris, tu n’as plus de croquettes… Mais par pitié, trouve un autre moyen que de mettre ton assiette sur mon chemin pour me le dire ! Et si tu pouvais m’apporter autre chose que de la poisse, ça m’arrangerait bien. Parce que là, tu vois, je ne suis pas d’humeur pour une sale journée. Non, rectification : je sens déjà l'odeur d'une mauvaise journée !
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le 03/01/2017 à 20:09

Soudain, on sonne à la porte. Qui pouvait être sur le palier à 6h12 ?
"Stéphane ! Mais qu'est-ce qu'il fiche ici cette tête de fouine ?" Natacha décida de ne pas déverrouiller la serrure. Il était hors de question qu'il la vit dans cet état et qu'elle déjeune en compagnie de cette face de rat.
" Nat, ouvre vite, il s'est passé quelque chose à l'atelier cette nuit..."
Adossée à la porte elle ne bougea pas, attendant patiemment qu'il parte
"Je sais que tu es là, laisse-moi entrer !
- Je n'ai rien à voir avec tes histoires moi, on s'expliquera tout à l'heure au bureau, bye
- Il sera sûrement trop tard.
- Vraiment ? Tu me saoules avec tes embrouilles, je n'ai pas envie de te parler, va-t'en ! C'est déjà bien de te supporter la journée.
- Natacha si tu ne m'ouvres pas cette porte il va se passer quelque chose de grave.
- Rien à foutre de tes menaces, tu ne rentres pas chez moi, point barre.
- Ça n'a rien à voir, ne me laisse pas dans la rue."
Sophie - “Ecrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas il n'est qu'écriture.” - Jules Renard

le 03/01/2017 à 20:17

..ça démarre fort, j'aime bien !
misslou

le 03/01/2017 à 20:45

Merci Misslou, à voir où vont nous emmener les autres auteurs...
Sophie - “Ecrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas il n'est qu'écriture.” - Jules Renard

le 04/01/2017 à 15:53

Natacha ne savait pas quelle attitude adopter : ouvrir à ce pauvre type à une heure aussi matinale, certainement pas ! Le laisser sur le palier en prenant le risque qu’il continue à tambouriner à la porte et réveiller tous les voisins du palier, ce n’était pas non plus possible.

Mais qu’est-ce qu’il fichait là ? S’il s’était passé quelque chose de grave à l’atelier, il aurait pu simplement lui téléphoner !

Oui c’est ça, le téléphone, appeler quelqu’un pour l’aider à se débarrasser de l’intrus, mais qui ?

Elle ne connaissait qu’une personne qu’elle pouvait déranger à 6h du mat. Elle saisit son portable, sélectionna le nom qui l’intéressait dans son répertoire et attendit patiemment que quelqu’un au bout du fil décroche, ce qui ne tarda pas :
« Allo, mais qu’est-ce qui te prend de me réveiller à une heure pareille ! Je viens de rentrer d’une nuit d’astreinte et je me couche tout juste : qu’est-ce qui t’arrive ?
- Allo Flavie, j’ai besoin de ton aide, c’est mon connard de chef qui est derrière ma porte à hurler à plein poumons et je ne sais pas quoi faire pour qu’il s’en aille ! »
Canopé

le 04/01/2017 à 17:55

Flavie apparaît et ainsi l'histoire se raccroche naturellement à la petite équipe du Commissaire Gontran, bien joué !
misslou

le 10/01/2017 à 16:40

***


Lorsque Flavie arriva au pied de la maison de ville dont Natacha s’usait à régler ces traites de propriétaire, quelque chose la chagrinait : aucun bruit ne lui parvenait. « J’espère qu’elle ne l’a pas laissé entrer... »

S’approchant de la porte, son cœur se serra lorsqu’elle aperçut la petite tête de Victor dans l’entrebâillement. Elle porta le chat dans ses bras, puis le calant bien avec son coude elle prit son arme de son autre main. En pénétrant dans l’habitation, elle lâcha Victor dans le couloir et il se mit à miauler. Avançant prudemment, elle vit les pieds d’une des chaises du salon à cheval entre les deux pièces. Flavie fit quelques pas et découvrit un véritable champ de bataille.

« Doug, est-ce que tu peux envoyer une patrouille chez Natacha ?
- Que se passe-t-il ?
- On a forcé sa porte.
- Elle va bien ?
- Aucune idée, je n’ai pas encore vu toutes les pièces, mais on a lutté dans le salon...
- J’arrive avec Sylvain
- Oui et prends de quoi relever les empreintes et l’appareil photo, on ne sait jamais... »

Raccrochant son téléphone portable, Flavie continua son inspection. Dans la cuisine, rien n’avait bougé, enfin, à première vue car il y régnait un véritable capharnaüm, un enchevêtrement de vaisselle sale, des restes d’un repas accrochés au fond d’une casserole, le sol collait sous ses pas. Elle prit l’escalier qui mène à l’étage, rien dans la chambre, rien dans la salle de bain, rien dans le cabinet de toilette. Rien...

Soulagée de n’être pas tombée nez à nez avec le cadavre de Natacha, une autre frayeur s’empara d’elle : et si on l’avait enlevée...
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le 10/01/2017 à 16:49

Bien l'idée de l'enlèvement...
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le 25/01/2017 à 14:38

Flavie se laissa tomber dans le canapé du salon. Qu’est-ce qui avait bien pu se passer ? Natacha et elle se connaissaient depuis le lycée, l’une plutôt apparentée à la poupée Barbie, l’autre garçon manqué ; les contraires s’attirent comme on a l’habitude de dire. Mais les deux filles étaient sur la même longueur d’onde, toutes deux volontaires, elles s’étaient fixées des objectifs et avaient mis toutes les chances de leur côté pour les atteindre. Depuis le plus loin qu’elle pouvait se souvenir, Flavie avait toujours voulu entrer dans la police tandis que Natacha rêvait d’une carrière de journaliste. Toutes les deux s’étaient épaulées et toutes les deux étaient arrivées à leur fin. Elles menaient des enquêtes, l’une pour la police, l’autre pour le journal qui l’employait mais là n’était pas leur seul point commun, il y avait également leur relation épidermique avec leur chef !

« Mon Dieu, je l’avais complètement oublié celui-là : Gontran !!!!) »

Flavie se releva d’un bond, déjà le portable à la main lors que son geste fut interrompu par ce qu’elle venait de découvrir sur le coin de la table basse : un trace infime de sang :

« Pourvu que ce ne soit pas celui de Natacha, il n’y a pas, il faut que je téléphone au chef »

Le temps de composer le numéro sur son portable, Doug et Sylvain faisaient leur entrée :

« allô, Commissaire ! »
Canopé

le 06/02/2017 à 10:10

– Flavie !! Raccrochez ce téléphone !!

Le commissaire était derrière elle, ça avait déjà « fuité » au commissariat. Elle regarda Doug et Sylvain d’un air suspicieux, le dernier lui fit un geste voulant dire qu’il n’y était pour rien alors que Doug...

Depuis l’enquête des « Brigades rouges » elle avait des doutes sur son collègue de brigade, il était toujours là, planant comme une ombre dans un recoin de son bureau, au détour d’une rue à l’observer. Elle nota cela dans un coin de sa tête, ça se réglera plus tard, car pour le moment elle devait faire face à la tornade « Gontran ».

Le commissaire Gontran était génial et efficace, mais doté d’un caractère de cochon. Il n’aimait pas les gens et tout l’énervait. Absolument tout était pour lui sujet de contrariété alors imaginez une enquête débutant sans son aval...

– Mais vous faites n’importe quoi !!?? Allez dehors, sauf Sylvain, relevez les empruntes et VOUS, à l’encontre de Flavie, des photos. Il est où le cadavre ?
– Chef, il n’y a pas de mort ici...
– Pas de macchabée ? C’est quoi alors tout ce bordel ?
– Pas ici en tous cas, mais Natacha a disparu.
– Une casse-couilles de moins.
– CHEF !!
– Elle n’a pas besoin d’allez fourrer son nez partout, je ne suis pas étonné de ce qui lui arrive. Et qu’est-ce qui vous dit qu’elle n’est pas seulement allée emmerder un pauvre flic quelque part pour lui soutirer des informations ?
– Elle m’a appelé tôt ce matin, son chef tambourinait à sa porte en la suppliant de le faire entrer.
– Oui, bien il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Et que venait faire le directeur de la gazette des bobards ?
– Ce n’est pas Godruchon qui s’est déplacé ce matin, c’est Stéphane Élan, le chef de la rédaction. Et c’est la gazette des Isobares.
– Des scribouillards oui ! Il voulait juste la prendre au saut du lit ce vicelard, il ne faut pas vous inquiéter pour cela.
– Sauf que quand je suis arrivée, la porte était entre-ouverte et que là, il y a des traces de sang.
– ça ne veut rien dire tout cela.
– Elle ne serait jamais partie en laissant la porte ouverte.
– Et pourquoi donc ?
– Victor. Elle a trop peur que son chat se fasse écraser.

le 13/02/2017 à 16:56

Gontran ne pipa mot. Il faisait partie de cette catégorie de gens qui n’avait que du mépris pour ses congénères mais qui adoraient les animaux. Bien sûr ses subalternes ignoraient ce trait de caractère mais si quelqu’un pouvait comprendre qu’on ne pouvait partir sans son chat, c’était bien lui.
D’ailleurs avant de prendre la destination du bureau, chaque matin, il s’assurait que Chatounette avait sa litière bien propre, son bol de croquettes rempli et sa couverture sur son fauteuil attitré bien défroissée pour que Dame Chatoune, comme il se plaisait à l’appeler, soit bien installée et puisse attendre le retour de son maître dans les meilleures conditions.
Il aurait préféré se couper la langue plutôt que d’avouer à Flavie que la compagne de sa vie était une chatte blanche, au poil soyeux, véritable maîtresse féline qui menait son homme et sa maison au seul frémissement de ses moustaches.
« Bon, bon et ce Victor, vous l’avez trouvé ? »
Il n’avait pas fini sa phrase qu’un ronronnement qui semblait venir d’un placard de la cuisine se fit entendre. Aussitôt Flavie se précipita, ouvrit la porte dudit placard et vit la tête d’un chat noir sortir de là. Le félin qui connaissait Flavie se précipita sur elle, et se lova dans ses bras, demandant implicitement sa protection.
« Qu’est-ce que tu faisais dans ce placard, qui t’a enfermé là Victor ? »
Le chat qui semblait comprendre les questions qu’on lui posait, se dégagea des bras de Flavie, alla jusqu’à sa corbeille d’osier et en revint avec une souris en peluche dans la gueule :
Miaulant à demi il se dirigea vers Gontran et se lova contre les jambes de ce dernier. Contrairement à ce qu’aurait pu penser Flavie, il ne chassa pas le chat, au contraire, il se baissa et pris la souris :
« Regardez, on dirait que le ventre a été recousu, trouvez-moi une paire de ciseaux ! »
Flavie qui avait toujours un couteau suisse sur elle, le tendit à son chef qui éventra la peluche : un papier plié était caché au milieu de la mousse.
Gontran prit le document et le lut à haute voix :
«Si vous trouvez ce document, c’est que je suis en danger, allez au 10 rue du Faubourg Poissonière et demandez à Parler à Monsieur Paul, le concierge ».
Canopé

le 11/04/2017 à 14:20

Il était bientôt dix heures et Monsieur Paul rentrait les poubelles de l'immeuble quand il vit une jeune femme et un homme en complet veston par cette chaleur et tous deux tournaient autour de l'entrée de son immeuble.
Il s'arrêta sur le trottoir peu animé du boulevard Poissonnière, en ce mardi matin, ajusta sa casquette en arrière, malgré le soleil éblouissant et regarda les deux nouveaux venus. Ils allaient tout juste passer la porte cochère quand il les apostropha :
- " C'est qui qu'vous chercher ? Je peux peut-être vous aider ? Je suis le concierge de l'immeuble.
- Ah bonjour, oui en effet, nous cherchons Natacha.
- Oh, oh ! la jolie Natacha, mais elle n'habite pas ici...
- Oui, nous savons dit Flavie aussitôt, c'est par un message communiqué par Victor pour ainsi dire, que nous sommes là !"
Le visage de Monsieur Paul passa du soleil à l'ombre.
- "Alors, il est arrivé quelque chose à Natacha", dit-il en abandonnant ses poubelles au milieu du trottoir et en se hâtant vers sa loge
- "Venez", dit-il simplement. Les yeux de Flavie et Gontran eurent du mal à s'habituer d'un coup, à la pénombre de l'entrée et il virent le vieil homme s'éclipser au fond du couloir. Quand ils arrivèrent sur le seuil de la loge, Monsieur Paul leur tendit une enveloppe cachetée.
- "Elle m'a donnée ça, il y a quelques mois. Elle disait qu'elle avait " ferré un gros poisson". Dans son jargon de journaliste, ça veut dire qu'elle avait découvert quelque chose d'important mais qui pouvait aussi lui attirer des ennuis. Elle voulait quand même prendre le risque de suivre son dossier, mais "s'il y a un problème, toutes les consignes sont là-dedans", m'a-t-'elle dit. Vous êtes des amis de Natacha, si vous avez pu approcher Victor. Mais...ils ont disparu tous les deux ?

- Non, Victor est chez elle, mais elle est partie sans lui apparemment, d'où notre inquiétude.
- Je ne peux pas vous en dire plus. J'irai chercher Victor pour m'occuper de lui, jusqu'à ce que tout s'arrange. J'espère que cette lettre vous aidera à retrouver Natacha.
Mais ce n'était pas vraiment une lettre que trouvèrent Gontran et Flavie, quand ils ouvrirent l'enveloppe kraft....
misslou

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