Les Carnets de Misslou

misslou
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le 16/12/2021 à 10:20

1er Premier Carnet.

Première neige, premier matin,
premier amour, première primevère...


Le mot " premier" ouvre un univers !

J'hésite encore pour ce sujet : soit le mot "Carnet", soit le mot "Deux" ?
misslou
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le 19/12/2021 à 12:49

Carnet n° 2

Un petit carnet, parfois à spirales, à petits carreaux, au format 14x9 cm, facile à glisser dans une poche.
Un carnet à la belle couverture de cuir noire, lisse ou grainée. Ceux plus contemporains aux couleurs vives.
Les habitués des librairies-papeteries savent bien le plaisir de choisir, un cahier, un papier à fines rayures ou légèrement bleuté, un petit carnet, tout comme on sélectionne quelques pâtisseries devant une vitrine.
Ceux qui écrivent ont souvent avec eux, un carnet pour noter, au cours de la journée, un mot, quelques idées, une impression. Une bribe de conversation glanée à la terrasse d'un café, une réponse amusante et mal formulée d'une petite fille parlant à sa maman, une association d'idées étonnante, un panneau sur la porte du magasin dont on imagine quelques variantes : " fermé pour cause de grande fatigue", l'enseigne d'une boutique " bleu-citron" qui vous interpelle et que vous notez dans votre précieux carnet.
On écrit sur une petite page, des mots, des expressions, des anecdotes vite résumées. Elles seront le départ d'un sujet, d'une idée pour une nouvelle, un petit texte. Saisir un instant, comme ça , au coeur de la vie, alimentera mon imagination.

J'aime à imaginer le carnet de Victor Hugo, toujours dans la poche de sa jaquette, griffonné au crayon de papier, avec peut-être quelques mots qui sonneraient à notre oreille, quelques vers, le début d'un poème, ... Demain dès l'aube... les prémices des oeuvres magnifiques qu'il a écrites et qui auraient commencées par une impression notée dans son carnet. Beaucoup d'écrivains, je pense, procèdent de la sorte. On aime plutôt les dépeindre en train d'écrire sur le coin d'une nappe en papier. Ou sur cette même nappe, on évoque les croquis d'un peintre. Mais notre époque n'est plus aux nappes en papier dans les cafés, tout comme en 1504 ou 1510 où elles n'existaient pas, évidemment.
A cette époque, c'est Léonard de Vinci qui a tenu des carnets, aujourd'hui célèbres. Si magiques, si précieux que les générations, à travers le temps, les ont conservés soigneusement. Je crois qu'ils sont à la Bibliothèque de l'Institut de France à présent, mais on peut les admirer sur internet. Ils renferment toute l'intelligence de Léonard. On y trouvera quantités de notes et de croquis. Des principes de géométrie auxquels il a réfléchi. Des ébauches de planches d'anatomie, des dessins de machines fantaisistes mais futuristes. Vinci dont l'esprit fourmillait de visions et d'inventions nouvelles, notait chaque jour, un concept à approfondir mais aussi peut-être une main, un profil, esquisse d'un projet pour une nouvelle peinture, une oeuvre fabuleuse.

Nos pensées et nos idées sont plus simples ! Mais elles méritent bien un carnet !

Les " Carnets de Misslou" sont une invitation à écrire.
Le premier carnet ne comporte que trois phrases qui se terminent ainsi : le mot "premier" ouvre un univers ! Voilà un bon départ pour laisser vagabonder notre imagination. Rien qu'un mot. " premier", peut suffire à nous inspirer.
Même si pour terminer ce deuxième carnet, je veux laisser à nouveau, deux mots, ouverture vers l'écriture, les sujets proposés dans ces carnets sont toujours à saisir, à n'importe quel moment,pour écrire. Et si votre texte avec le terme " premier" pour sujet, apparait dans le carnet n° 10 que vous souhaitez écrire... aucun souci... l'important c'est de s'entrainer à inventer, à décrire, à faire cette petite gymnastique de l'écriture qui au fur et à mesure, est récompensée par la facilité à composer un petit texte ou un chapitre.

Avec ce lien, vous pourrez voir un carnet de Léonard de Vinci : http://www.leonardcarnets.institutdefrance.fr/carnet-B/13V-14R ... Ecrire à partir d'une image, c'est bien aussi....

Pour le carnet n° 3 , que vous ou / et moi, nous écrirons...( il peut y voir plusieurs carnets n°3, ne nous embarrassons pas de cela !.) je propose le mot : " trois" ou le mot " bleu-citron" justement, si vous avez bien mémorisé ... celui-là, je l'avais noté dans mon carnet ! :)
misslou
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le 21/12/2021 à 17:28

Carnet n° 3

Bleu-citron.

Le Bon Dieu installé confortablement sur un nuage vaporeux, une palette dans la main gauche, un pinceau dans la droite, au dernier moment, décida de changer ses plans...

Il prit du bleu de cobalt adouci par un peu de blanc et par petites touches, colora tous les feuillages du monde qu'il venait de créer. On devait être jeudi ou vendredi, en tout cas je sais que le dimanche, il se reposa... Ces feuilles -ci seront bleues et celles-là dorées et les troncs seront bleu foncé, se dit-il.

Il rinça son pinceau dans un lac qui se trouva légèrement bleuté, parfait !

Les prairies se virent passer au blanc-cassé, une nuance écrue qui lui plut assez. Le soleil fut badigeonné de parme, violine et c'est cette teinte qui, tout à coup, emplit le ciel tout entier.
Et le brave homme, enthousiasmé, ses cheveux blancs et sa barbe éclaboussés de couleurs, continuait à peindre avec ardeur. La mer rouge changea de destinée et se vit peinturlurée de turquoise. Quant à la mer noire, elle quitta le deuil et devint blanche comme une soupe de lait !
La divine main maniait la brosse à tout va, soulignant la courbe d'une colline en vert de gris , le flanc de cette montagne en gris souris. Les neiges éternelles furent pailletées de poussières multicolores
Il riait le noble vieillard ne sachant plus très bien ce qu'il faisait. Quelques roseaux, jaune- cerise ! Des nénuphars bleu-citron !
Dieu y perdait un peu son latin.... mais quelle profusion de couleurs ! La palette lui tomba des mains et atterrit sur le sable d'un désert dont les grains se mirent à briller de mille tons cuivrés.

Alors content de lui, il se lava les mains dans l'océan qui aussitôt prit une ignoble couleur caca d'oie, un horrible mélange de toutes les couleurs enlaidissait la mer !

Mais ce n'est pas bien grave, tout ceci n'est qu'une fable, que le sujet d'un simple carnet.... N'est-elle pas colorée de parfaite façon, La Création, la nature que nous connaissons ?
Je ne me lasse jamais des verts changeants, des ciels passant du bleu souriant au gris mélancolie, des fleurs, petites touches de couleurs vives, si parfaitement dosées.

N'est-il pas parfaitement harmonieux notre environnement ? Tout au moins avant les carrières, les chantiers et les gisements... Notre monde nous offre tant de beautés et à mon sens, aucune couleur, n'est à changer.

Pour le carnet N°4, je propose le mot " quatre" et " Nord, Sud, Est, Ouest,les quatre points cardinaux". A l'unité ou en lot ! Un petit sujet à nous livrer d'ici quelques jours peut-être, si vous avez un peu de temps et comme une envie d'écrire... à bientôt
misslou
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le 30/12/2021 à 12:36

Carnet n° 4

QUATRE

A la table d'un restaurant quatre étoiles ce 4 avril 2004, un homme tiré à quatre épingles, avec un trèfle à quatre feuilles à la boutonnière, mangeait comme quatre !
Pizza quatre-fromages, feuilleté aux quatre épices, quatre-quart servis avec quatre verres de vin. Repu, il desserra de quatre crans sa ceinture et sortit dans la rue des Quatre Frères Peignot, dans ce quartier parisien, à quatre pas de Montparnasse. Il croisa " un beau petit lot" dont il aurait bien fait son quatre heures et arriva au numéro 4.

Il monta quatre à quatre les marches de l'escalier d'un immeuble sordide. Au quatrième étage, il entra chez lui et aussitôt son colocataire apparut. Il voulait lui parler entre quatre yeux. Enervé comme il était, il voulait lui dire ses quatre vérités,. Qu'il en avait assez de faire ses quatre volontés, et sans y aller par quatre chemins, il lui mit sous le nez, quatre mois de loyers impayés.

L'autre essaya de couper les cheveux en quatre, de se justifier...mais toujours sur les nerfs, le plaignant cria qu'il se saignait aux quatre veines, que la situation ne pouvait plus durer, qu'il ne resterait pas quatre secondes de plus et qu'il en avait assez de se plier en quatre pour toujours tout arranger. Les deux hommes se frappaient maintenant, se bousculèrent et se retrouvèrent les quatre fers en l'air ! D'un coup de poing, l'un perdit quatre dents. Alors il ouvrit la fenêtre et jeta les affaires de l'autre aux quatre vents, tandis que l'interessé marchant à quatre pattes tentait de l'en empêcher.
Furieux, le plus énervé claqua la porte en hurlant :
- ...à un de ces quatre !

Quatre jours plus tard, un huissier et quatre déménageurs vidèrent l'appartement en quatrième vitesse, ne laissant qu'une table, deux chaises et quatre assiettes...

Pour s'amuser, un petit exercice pour réunir toutes les expressions avec le mot : quatre ! Le prochain sujet bien sûr propose le mot " cinq", mais il y a peu de possibilités, rien n'empêche de s'amuser avec " deux" plus favorable aux expressions je crois... L'autre proposition pour écrire le carnet n° 5, est le mot " arc en ciel". Si l'on veut jouer aussi, on peut imaginer un texte avec quantité de noms composés ( croc en jambe, fil en aiguille, rire en coin....) A vous de jouer !
misslou
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le 06/01/2022 à 12:21

Carnet n° 5

En deux coups de pinceau...

En deux coups de pinceau et un brun de fantaisie, colorez la vie en rose.

Ripolinez le décor : vert de gris, lie de vin, un verre de blanc, un ballon de rouge.

Histoire... d'y voir plus clair, ajoutez un zeste de citron jaune, des flocons de beige, une pincée d'or et une tranche de parme.

Et multicolore, encore, en bas noirs et haut orange, dansez au son des violets, un tango argenté !

Voilà une façon de détourner un peu le sujet ! d '" arc-en-ciel" je suis passée à " multicolore" et ces quelques lignes alors, sont venues facilement pour ce petit texte de toutes les couleurs !

Je vous souhaite une année 2022 toute en couleurs pour oublier le gris de l'actualité...

Le sujet pour le prochain carnet est " six" ou bien " chien"...
misslou
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le 19/02/2022 à 13:20

Carnet n° 6

Pour ce carnet, j'ai trouvé les deux premières lignes d'un acrostiche.
Vous savez ce petit texte que l'on peut lire aussi verticalement ! car, un mot à lire de haut en bas est composé par les premières lettres de chaque ligne.

Exemple :

C omme j'étais un peu énervé,
H ier, j'ai mordu mon chien !
I
E
N

A vous de trouver une suite, peut-être ? Et l'idéal serait d'avoir 6 versions différentes, pour ce 6ème carnet, chacune commençant par ces deux premières lignes...
J'avais pensé à : Il..., Et... Nous..... pour débuter les lignes suivantes. Je cherche une version et de votre côté, avez-vous une idée ?
misslou
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le 21/02/2022 à 19:23

Carnet n°6 / 1ère version....

Allez je me lance :

C omme j'étais un peu énervé,
H ier, j'ai mordu mon chien !
I l m'a envoyé promener
E n m'aboyant au nez...
N e réveillons pas le chien qui dort.
misslou
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le 23/04/2022 à 20:21

Carnet n°7

L'autre jour, nous avons assisté à un grand débat...
Non, non, pas un débat politique je vous rassure tout de suite !

Il s'agissait d'une discussion animée, en fin de soirée, entre deux auteurs. Il faudrait plutôt dire deux autrices.
L'une défendait les mérites du "je" utilisé dans son texte. L'autre préférait garder le " il" et le " elle".

L'une : Mais ce " je " que j'utilise, ce n'est pas moi, tu comprends. Ce n'est pas un " je " autobiographique. Je me glisse dans la peau du héros ou de l'héroïne et ainsi, je raconte de son point de vue... enfin de mon point de vue !

Par exemple, écoute :
" Je m'empare d' une barre de fer qui traine au sol tandis que les trois hommes s'approchent. Je sens l'effroi me glacer le dos. Je prends une posture menaçante alors que l'envie de fuir est terriblement difficile à réprimer au fond de moi. Mais je dois protéger les autres et courageusement, je m'apprête à tenir tête à ces trois gars."

Tu vois, ce " je", c'est le héros et on est en 1940, ça ne peut pas être moi ! Pourtant avec la première personne du singulier, on peut mieux faire passer les émotions du personnage principal et ainsi le lecteur peut mieux s'identifier au héros.

L'autre : Oui, mais ton texte est au présent,ça fausse un peu l'exemple, non ?

L'une : Je ne crois pas, écoute :
' Je m'emparai d' une barre de fer qui trainait au sol, tandis que les trois hommes s'approchaient. Je sentis l'effroi me glacer le dos. Je pris une posture menaçante alors que l'envie de fuir était terriblement difficile à réprimer au fond de moi. Mais je devais protéger les autres et courageusement, je m'apprêtai à tenir tête à ces trois gars".
...ça ne change pas grand -chose, il me semble. Par contre, si tu écris :

" Il s'empara d'une barre de fer qui trainait au sol tandis que les trois hommes s'approchaient. Il sentit l'effroi lui glacer le dos. Il prit une posture menaçante alors que l'envie de fuir était terriblement difficile à réprimer au fond de lui. Mais il devait protéger les autres et courageusement, il s'apprêta à tenir tête à ces trois gars."

L'autre : Oui, je reconnais qu'avec " il ", le texte perd en intensité. Mais en faisant le choix d'écrire tout ton texte avec " je ", tu t'obliges à garder toujours le récit vu par le héros. Tu te prives de la possibilité de te " transporter" pour écrire des scènes, comme l'histoire des personnages secondaires...

L'une : comment ça ?

L'autre : Regarde : " Mais il devait protéger les autres et courageusement il s'apprêta à tenir tête à ces trois gars.
Pendant ce temps, recroquevillés dans un bâtiment en démolition, à l'autre bout du chantier, Naomi et son bébé étaient bien cachés. Elle entendait néanmoins la voix des hommes. Ils insultaient son ami en ricanant. Ils semblaient être trois et Naomi redoutait une bagarre. Comment se défendrait-il à un contre trois ?".

L'une : Ah oui, je vois ce que tu veux dire... En effet, si c'est "je" qui raconte, il doit toujours être présent et on suit 'histoire qu'il vit.

L'autre : voilà ! Il ne peut pas savoir ce que pense Naomi, si elle est bien cachée, ce qu'elle entend ou si elle compte intervenir. Le récit est plus linéaire. C'est un peu étriqué. On ne peut pas reprendre le récit d'un autre point de vue, passer du héros, à Naomi, puis revenir au héros, etc...

L'une : c'est sûr. Il y a un choix à faire et qui dépend pas mal su sujet . Dans une histoire de suspens, j'opte pour le " je" car il faut captiver le lecteur qui peut avoir peur avec le personnage principal car il n'en sait pas plus que lui ! Il partage ses craintes, ses doutes. On suit l'avancée du texte, pas à pas, au fur et à mesure des actions et des décisions du héros.

L'autre : tout à fait. Mais pour un récit d'aventures où il faut plus de vivacité, le " il" et le "elle" seront plus efficaces, on pourra se "déplacer" ici et là, revenir au personnage de premier plan et le lecteur informé, le verra agir dans une histoire plus animée, plus virevoltante...

C'est ainsi qu'autour de la table, en cette fin de soirée, les deux jeunes femmes discutaient, très enthousiastes. C'était un plaisir de les voir argumenter leurs méthodes d'écriture. Tout ceci pourrait être expliqué en termes savants et faire l'objet d'un exposé bien structuré.
Mais j'ai bien aimé cet échange très naturel qui nous révélait juste un peu les préoccupations d'un auteur quand il a son sujet et qu'il doit faire des choix, avant de commencer à écrire....
misslou

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