Comment écrire une scène qui fait peur ?

Pour donner de l’émotion à votre roman il faut d’abord penser à sa structure. Souvent, lorsque l’on a une idée en tête on l’écrit sans réfléchir puis on s’aperçoit que c’est plat.

Pour faire ressortir ses émotions lorsque l’on écrit un texte il faut penser au rythme. Nous vous en avions déjà parlé. Il faut écrire son roman comme une partition avec des temps long et des temps cours. Ce qui revient à dire qu’il faut alterner description, action et dialogues. Il faut des phrases longues et des phrases courtes…

Ecrire une scene qui fait peur

Par exemple, si vous êtes dans le suspense, prenez votre temps en utilisant des phrases longues, vous provoquerez l’attente. Puis soudain, action ! Les phrases courtes entrent en scène.

Vous pouvez vous aider de couleur : les dialogues d’une couleur, les descriptions d’une autre, les moments longs d’une couleur, les courts d’une autre. Ce sera ainsi plus visuel.

Avant d’entrer dans une scène de suspense ou de terreur, il faut parler de l’enjeu. Implicitement ce sera souvent la mort mais la peur de la mort reste une notion abstraite pour le lecteur car il n’est jamais « mourru » (comme dirait ma fille !).

Par contre la peur de souffrir, de la maladie, de la contagion, d’être suivi ou persécuté sont des peurs bien réelles. C’est de celles-ci dont vous devrez vous servir.

Le lecteur doit s’imaginer un mal qui approche, difficile à éviter. Et pour que cette peur soit puissante, il est nécessaire qu’il  en connaisse l’objet. Au début il aura peur de l’inconnu, mais lorsqu’il l’aura rencontré ou un peu mieux cerné cette peur deviendra terreur car il saura ce qui pourra lui arriver.

C’est ce qui va nous permettre de préparer l’émotion afin qu’elle monte crescendo. Ne faites par courir sans arrêt votre personnage principal. La peur ça se prépare au fur et à mesure que l’on accumule les émotions. Une crainte qui augmente prépare la scène suivante.

Et pour que la peur soit encore plus présente il faut que l’objet de la crainte soit proche et aussi que votre héro ait un brin de folie, qu’il prenne des risques. Plus il pourra toucher sa peur plus votre lecteur pourra la goûter. Mais gardez toujours une belle part de suggestion. L’absence de sensation donnera alors place à l’imagination.

Pour que votre lecteur ressente cette peur il est nécessaire qu’il sympathise avec lui au préalable. La preuve en est que votre lecteur souhaitera qu’il arrive les pires méfaits au méchant.

Le vocabulaire

Le vocabulaire est important. Vous pouvez au préalable lister un vocabulaire type. Utilisez des noms communs et des verbes représentant des émotions fortes, négatives. Par exemple : la crainte ou craindre, la frayeur, l’effroi, la terreur ou être terrifié, l’épouvante, l’angoisse, la panique, sursauter…

Pensez également à  l’atmosphère, fermer les yeux et décrivez les lieux : univers froid, pesant, sombre, noir, mystérieux…

Pensez aux 5 sens :

  • Votre vue est brouillée par l’émotion
  • Votre gorge est sèche
  • Vos mains sont crispées
  • Votre voix est saccadée ou tremblante
  • Vous écouter le moindre bruit, le moindre son…

Maintenant, nous allons mettre en application ces conseils dans un exercice qui se jouera dans notre petite cour de récréation dans notre roman fantasy (car c’est celui qui nous semble le mieux approprié à cet exercice) :

Premier conseil : Il faut parler de l’enjeu, le lecteur doit s’imaginer le mal qui approche

Donc votre travail d’aujourd’hui et de demain sera d’imaginer la rencontre entre notre héro et une chose effrayante. Cette chose ne devra pas apercevoir Celeborn mais elle devra sentir sa présence.

Second conseil : Lorsque le héro a rencontré sa peur ou mieux cernée cette peur elle deviendra terreur. Pour que la peur soit encore plus présente, il faut que l’objet de la crainte soit proche. Cette crainte augmente et prépare la scène suivante.

Mercredi et jeudi, nous travaillerons sur la crainte qui augmente et qui préparera la scène suivante.

Dernier conseil : Votre héro doit avoir un brin de folie, il faut qu’il prenne des risques.

Vendredi et tout le week-end  ce sera la scène de confrontation.

Pour que tout le monde puisse participer à cet exercice, nous allons imposer pas plus de 30 lignes par auteur. Nous vous espérons nombreux !

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Commentaires (1)

ecrivonsunlivre
  • 1. ecrivonsunlivre | 28/10/2016
Voici un petit commentaire de Blanche MONTCLAIR, auteure du sang des Wolf, posté sur notre page facebook :

Les Mondes de Blanche : J'ai lu l'article avec pas mal d'intérêt, et je suis d'accord sur le fait qu'il faut jouer avec les propres peurs du lecteurs, et forcer son empathie un maximum. De mon côté, j'aime beaucoup jouer sur les sensations physiques de la peur, puisque c'est un moment où nous fonctionnons en général à l'instinct, on redevient animal et "primaire", si j'ose dire, en attendant le moment pour attaquer ou fuir. :)
Quelque chose qui marche aussi très bien pour l'avoir expérimenté en tant que lectrice; c'est la suggestion. Dépendant du contexte, il est parfois redoutablement efficace que de ne pas être trop explicite sur le danger qui guette. L'incertitude est une terrible source de peur et il suffit parfois de savoir, sans trop de détail, que l'on se trouve face à quelque chose d'abominable pour avoir les cheveux qui se dressent sur la tête! ;)
Au passage, très sympa la semaine épouvantable!

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